[Critique] La Donation: la vie en cadeau
Publié le: 6 novembre 2009 à 5:55 (Dernière mise à jour: 7 décembre 2009 - 17:24)
La Donation, film de Bernard Émond, met en scène Élise Guilbault, Jacques Godin, Éric Hoziel, Françoise Graton, Angèle Coutu, Monique Gosselin, Sylvain Marcel. Voici notre critique du film.
Élise Guilbault dans une scène de La Donation
© Films Séville – Tous droits réservés
Jeanne (Élise Guilbault), dont on avait suivi l’histoire dans La Neuvaine, a repris goût à la vie et travaille maintenant dans un grand hôpital montréalais. À des kilomètres de là, à Normétal en Abitibi, le Dr Rainville (Jacques Godin), médecin de campagne, se cherche un remplaçant pour son mois de congé et, qui sait, peut-être même un successeur. Jeanne part donc pour cette région sauvage, dont l’économie a été dévastée par le départ de la compagnie qui opérait la mine. Sur place, elle découvre une autre manière de traiter les patients, une proximité, une chaleur et un soin apporté aux relations humaines qui font défaut dans la métropole. Jeanne s’acclimatera, trouvera son équilibre et acceptera le cadeau – cette fameuse donation – que lui fait le Dr Rainville.
Impossible de se méprendre, La Donation (notre dossier – notre entrevue d’Élise Guilbault et de Jacques Godin) clôt la trilogie du cinéaste Bernard Émond. Pour la première fois, le personnage central n’est pas révolté (Guylaine Tremblay dans Contre toute espérance) et ne subit rien (Élise Guilbault dans La Neuvaine). Jeanne est devenue une femme libre, «libérée de ses démons» comme nous l’a dit Élise Guilbault, apte à choisir, de son plein gré, son destin. Et ce destin passe par le don, dans toutes ses différentes formes. Le don de soi du médecin à ses patients, la transmission d’un patrimoine, l’offrande de ses émotions, et, très discrètement, l’amour.
Beaucoup moins introspectif que les deux opus précédents, La Donation est aussi exempt de l’aspect «coup de poing» social qu’on trouvait dans Contre toute espérance, même si Bernard Émond constate la dévastation économique de la région. De plus, le réalisateur fait quasiment abstraction des valeurs religieuses, omniprésentes dans les deux longs métrages précédents. Dans cette Donation, il ne reste que l’humain, dépouillé de tous ses artifices, et donc en mesure de faire et d’accepter le plus beau des dons, celui de la vie.
Cote: 








NOTE: Ce texte, comme tous ceux de LeBuzz.Info, est soumis à la loi sur le copyright et les droits d'auteur. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteur, incluant un lien vers le texte cité) sans l'autorisation expresse de l'auteur est interdite.
[Critique] The Fourth Kind: croyez-vous aux extraterrestres?SUIVANT »
[Critique] The Men Who Stare at Goats: intelligent à défaut d’être hilarant
