Top

[Critique] District 9: la science-fiction pour exorciser l’apartheid

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 14 août 2009 à 4:00 (Dernière mise à jour: 17 août 2009 - 4:41)

Difficile de faire mieux, comme premier long métrage, que District 9. Le réalisateur Neill Blomkamp et le producteur Peter Jackson sont à la barre de ce projet et les acteurs Sharlto Copley, Jason Cope et Nathalie Boltt livrent d’excellentes prestations. Voici notre critique du film.

[Critique] District 9: la science-fiction pour exorciser l'apartheid

L’affiche de District 9
© Sony Pictures Entertainment – Tous droits réservés

Il faut quand même avouer que le concept de départ de District 9, qui sort en salle le 14 août au Québec et en Amérique du Nord est ambitieux. Il s’agit pour le réalisateur Neill Blomkamp de rendre réaliste l’idée qu’un vaisseau spatial rempli d’un million d’extraterrestres se pose au-dessus de Johannesburg. De plus, ces aliens n’apportent pas la manne prévue dans leurs bagages. Pas de révélation divine, pas d’Eldorado, pas de paix instantanée dans le monde. Ils arrivent bien avec des armes, mais personne ne peut s’en servir sans ADN extraterrestre. Non, ils n’amènent rien. Ce ne sont que des réfugiés affamés et malades.

Dans un grand élan de générosité éclair dont l’humanité a le secret, les pays du globe leur fournissent donc tout ce dont ils ont besoin. Dans un premier temps. Ensuite arrivent les doutes, les questions, la rancœur, la méfiance puis la haine. Cette race peu ragoûtante aux allures d’insecte devient rapidement un fardeau. 20 après leur atterrissage, les extraterrestres sont abandonnés dans des cahuttes en décrépitude dans le fameux District 9, camp de réfugiés créé pour les accueillir.

Le gouvernement vient aussi de confier à MNU, une compagnie privée, la délicate mission de relocaliser ces êtres venus d’ailleurs dans le District 10, qui n’est rien d’autre qu’un camp de concentration. Arrive alors, pour les agents de la firme, une délicate mission dont ils vont tenter de s’acquitter avec toute la rigueur administrative qu’on imagine, typique du régime de l’apartheid. Wikus Van De Merwe (Sharlto Copley) est le personnage central de cette fable moderne, qui n’est pas, à certains égards philosophiques, sans rappeler le 2001 Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Cet afrikaner typique, blanc, convaincu de son bon droit part à la chasse des aliens, les délogeant sans ménagements avec l’aide d’un mercenaire amateur de tueries inutiles.

Jusqu’au jour où Wilkus est contaminé par une substance étrange, trouvée lors d’une de ses perquisitions kafkaïennes. Il se métamorphose lentement, mais sûrement en extraterrestre et, de chasseur, devient la proie. Car MNU est aussi un fabricant d’armes qui tente désespérément de percer le secret de celles des aliens. La chasse est lancée, Wilkus rejoint ainsi le rang des parias, à ceci près qu’il est l’homme le plus recherché du pays, son nouvel ADN lui permettant de se servir des fusils et autres prouesses technologiques guerrières de cet autre monde.

Le jeu de Sharlto Copley est impressionnant de réalisme et de sensibilité, l’acteur arrivant à passer de l’afrikaner détestable à la victime pourchassée avec brio. La réalisation de Neill Blomkamp est irréprochable, le cinéaste mêlant vrais documents d’archives et faux documentaires au film afin de nous plonger dans toute l’horreur de la situation. Impossible également de ne pas voir le parallèle éclatant avec la situation qui prévalait en Afrique du Sud au moment de l’apartheid. Mais le propos ne se limite pas à cette période, il englobe tous les racismes, toutes les intolérances et toutes les haines. District 9 () est aussi remarquable parce que, si mes recherches sont exactes, c’est la première œuvre post-apartheid d’un sud-africain qui parle de ce régime. Impressionnant de constater que le long métrage n’est ni une justification, ni une litanie, ni une excuse. C’est une présentation brute et froide des faits. C’est grand, c’est beau, c’est émouvant et c’est à voir absolument; District 9 est sans conteste l’un des meilleurs films de l’année.

Cote: ★★★★★★★★½☆ 


Partager:
  • Wikio FR
  • Scoopeo
  • Facebook
  • MySpace
  • Technorati
  • Twitter
  • Digg
  • del.icio.us
  • MSN Reporter
  • Yahoo! Bookmarks
  • Google Bookmarks
  • Print
  • email

NOTE: Ce texte, comme tous ceux de LeBuzz.Info, est soumis à la loi sur le copyright et les droits d'auteur. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteur, incluant un lien vers le texte cité) sans l'autorisation expresse de l'auteur est interdite.


 

« PRÉCÉDENT
[Critique] Bandslam, pas mal du tout!
SUIVANT »
[Critique] Inglourious Basterds: la vengeance de Tarantino


Commentaires

20 commentaires pour “[Critique] District 9: la science-fiction pour exorciser l’apartheid”
  1. kalish dit :

    je n’ai vu que le début pour l’instant, mais la multiplication des effets visuels de “réalisme” et l’absurdité du scénario ne m’enchantent pas. Bien sur qu’ils apportent le paradis avec eux, imaginez un vaisseau qui flotte au dessus d’une ville… Et personne ne veut savoir comment ça marche, pas un seul scientifique pour s’y intéresser? Et qu’est-ce qu’ils foutent là en plus, ils pourraient aller un peu plus à l’est, non je ne trouve pas l’allégorie grandiose, c’est n’importe quoi, et tout sauf réaliste.

  2. yann dit :

    ouais ta pas vue le reste du film et sa parait…

  3. szkud dit :

    Kalish : regarde le reste il vaut vraiment le cou d’oeil .

    en tous cas moij’ai adorer

  4. Jean-Michel dit :

    C’est sans contredit le film le plus mauvais que j’ai eu le malheur de voir de toute ma VIE! Le scénario est minable, la soi-disant réflexion philosophique sur l’acceptation des différences est simplement grotesque, le jeu des acteur est horrible et l’humour complètement ridicule. Le tout était tellement exécrable que c’est simplement devenu une comédie hyper “gore” à mes yeux. J’ai ri tout le long par découragement, car j’avais vraiment l’impression que le réalisateur se moquait complètement de moi! Je comprends maintenant pourquoi les bandes-annonces ne révélaient rien! Personne ne serait allé le voir s’ils avaient diffusé seulement la première minute du film!

    Personnellement, j’ai peine à croire que certains puissent donner un 10/10 à ce film tellement … (je ne trouve plus aucun mot suffisamment fort pour exprimer mon dégoût et ma complète insatisfaction). Ma cote: 1/10 et je me sens indulgent!

    Je suis resté jusqu’à la fin uniquement parce que des amis m’accompagnait… mais finalement, nous aurions dû partir au quart du film pour tenter de se faire rembourser car nous avons tous détesté cette horrible farce!

    À ceux qui voient dans ce film une métaphore de la société: Vous avez le même film que moi? Y’a des façons beaucoup plus intelligente de faire réfléchir un auditoire…

    • guns dit :

      l’acteur principal(copley) est excelent mais tu as raison a mon avis tu n’a pas vu le meme film que nous.

    • waka dit :

      Etre critique certe mais la je me doit de defendre le film je serai curieux de savoir qu”est ce qu ‘un bon film pour toi??
      Tout en respectant les gouts de chacun je trouve infondé ton avis

    • Jean-Michel dit :

      Des excellents films à réflexion sur l’acceptation des différences seraient, par exemple, “V pour Vendetta”, “Hotel Rwanda” et les films du genre. Je pense même que la trilogie “X-Men” avait plus de matière à réflexion sur le sujet que “District 9″!

      Ce qui est surtout navrant demeure la quantité incalculable de violence pour amener une si faible réflexion. Contrairement aux 2 premiers films que j’ai mentionnés, la violence dans “District 9″ était complètement stérile et inutile… en bref, l’histoire d’un gars prêt à tuer autant de gens que nécessaire pour récupérer son bras naturel! Et il comptait sérieusement aller où après!?

      • Alphonse dit :

        Salut Jean-mich,
        J’ai lu tes commentaires et je te viens en aide. Tu as un problème cinématographique et tu ne le sais pas! Pour t’épanouir dans le 7eme art il faut que tu en prennes conscience, tu n’est pas seul et des gens peuvent t’aider. Ton problème est souvent irréductible mais parfois certains évolue et arrive à s’en sortir. Enfin bref, ton problème est que tu n’aime pas le film de genre! Malédiction, tu ne peux pas t’éclater dans le film d’horreur, la série B ou le film gore “souvent tellement drôle” mais encore plus horrible tu ne pourra jamais apprécier un véritable bon film de science fiction!Même les Marvel c’est trop hot pour toi. Eventuellement tu pourra apprécier des film SF plutôt gentils et polis, adoucis pour être tout public! (sus aux Ewoks dans StarWars) Maintenant, il faut que tu en prenne conscience si tu ne veux pas finir en psychothérapie au prochain film SF couillu que tu verra par accident.
        Que la paix sois avec toi et n’oublie pas : que des comédies, drames, western, dessins animés et les Xmens.

        • Jean-Michel dit :

          Je n’ai pour seule réplique que je suis mort de rire! Assez divertissant et bien rédigé ton commentaire, mais malheureusement insipide!^^ Honnêtement, je n’ai aucun problème à assumer le fait que j’aille un peu de jugement critique… et je reste réceptif à une multitude genres de film et d’expressions artistiques ou médiatiques autre que le cinéma. Je suis, au départ, ouvert à tout et je forge mon opinion ensuite. Je ne considère donc pas avoir besoin d’aide professionnelle. En espérant sincèrement que cela puisse te rassurer.

          Par contre, je n’ai aucune gêne à démolir vertement un film exécrable, minable et inutile, même s’il est encensé par la critique. En fait, je trouve quasiment que la pseudo-association avec l’apartheid est irrespectueuse envers les victimes. C’est mon opinion et je la respecte!^^

        • Le Vicomte dit :

          *grand éclat de rire*

      • christophe dit :

        il court pas après son bras, mais après son humanité !

    • Marco dit :

      Effectivement on a pas dû voir le mêm film …

    • Tornade27 dit :

      Merci, enfin un commentaire sensé!

      Un ensemble de clins d’oeil et appel de pieds a des phénomènes historiques mais rien n’est approfondi c’est peu construit.

      Des caricatures grotesques qui font plus sourire que reflechir…

  5. Isabelle Hontebeyrie dit :

    Nous rappelons aux internautes que le respect de l’avis des autres est de mise lors de la rédaction de commentaires.

    Nous modérons cet espace afin que chacun s’y sente le bienvenue et puisse émettre son avis en toute liberté.

    Merci de respecter les règles de la nétiquette.

    LeBuzz.Info

  6. christophe dit :

    C’est de la SF il ne faut pas l’oublier, et c’est de la SF grandiose !
    Pour les amateurs c’est un régal !
    bravo

  7. Ombre dit :

    Ce film d’une puissance extraordinaire m’a tellement impressionné que je ne peux qu’espérer qu’il rafle un, ou même plusieurs, prix. Je ne sais pas si il ira jusqu’à égaler “Le Retour Du Roi” (J’en doute mais on peut rêver tout de même) mais preuve est faites que Peter Jackson, ou qu’il aille, laisse sur son chemin cinématographique de véritable bijoux qui resteront dans l’histoire du cinéma. Bien que le réalisateur signe ici son premier film, lui aussi est bien parti pour devenir un très grand réalisateur avec une œuvre aussi magistrale capable de mêler autant de registre et de suspense, une œuvre servie par une mulititude d’acteur méconnu mais au talent indéniable offrant plus de charisme et de profondeur qu’un Will Smith casseur d’extraterrestre ou autres symbole Hollywoodien de Science-Fiction.
    Quand à l’éventualité d’une suite, je ne peux que me montrer pessimiste, étant donné le final grandiose que nous offre le film,une suite briserait une partie de la magie qui fait ce film, mais je peux me rassurer en me disant qu’avec le talent du réalisateur et celui du producteur cela ne peut donner qu’un résultat encore plus impressionnant (si tenté que ce soit possible étant donné la prouesse.)
    Peut être que je renouvellerai cette expérience une troisième fois qui sait, la seconde fut tout aussi impressionnante que lorsque j’ai découvert ce film, dire que j’ai failli passer à coté, quel terrible gâchis cela aurait été …
    Bref, 3 fois 10 sur 10 pour “District 9″, des films comme ça on en voit peu …

    Jean Michel je respecte ton avis, mais comme dit Christophe, le héros ne cours pas après son bras mais après son humanité car dès le début du film, nous voyons en lui une sorte de bouffon amicale pas très porté sur la tolérance inter-espèce, c’est cette intolérance qui le poussera à vouloir redevenir humain, ce sentiments d’intolérance s’estompera au court de son périple pour finir par disparaitre lors de sa transformation complète, et de plus il est prêt à tuer autant de gens que nécessaire comme tu dit mais tu oubli que les gens en question il sait que ce sont de vraies ordures prêtes à lui trouer la peau, un gars dans sa situation pèterait un câble monstre ! Puis la dites violence n’est la que pour rappeler que ce sont les humains qui en usent le plus facilement et sont les plus barbares. C’est pour ça qu’elle si forte.

  8. rivens dit :

    un film surprenant ,début médiocre mais la suite est très intéressante ,la réalisation est bonne ma note sur 8/10 vivement la suite…..

  9. joooy dit :

    “l’histoire d’un gars prêt à tuer autant de gens que nécessaire pour récupérer son bras naturel!”

    Ce bras, représente son ancienne vie, ca femme, son entourage et tous ce qu’il représentait a leur yeux et qu’il veux retrouver.(surtout qu’il a été humilier par les média, juger comme un traitre…)

    Donc Jean michel, si t’as pas été capable de comprendre ca, t’as pas du comprendre toute les subtilité du film malheureusement pour toi…

Qu'en pensez-vous?

Faites-nous part de vos commentaires!

Trackback: http://lebuzz.info/2009/08/28956/critique-district-9-la-science-fiction-pour-exorciser-lapartheid/trackback/

Bottom