Avatar, film de James Cameron avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez et Giovanni Ribisi sort au cinéma le 18 décembre 2009. Malheureusement, le réalisateur est loin de livrer un long métrage profond et subtil. En voici la critique de la rédaction avec 2 avis différents mais contrastés.

Critique n°1 d’Avatar : un très beau film, mais réchauffé…

Je me posais la question en sortant du cinéma: est-ce que j’ai aimé Avatar ? Réponse: oui. Deuxième question: était-ce un bon film? Réponse: non. Troisième question: Cameron a-t-il gagné son pari? Réponse: oui !

Les lecteurs de critiques semblent prendre un malin plaisir à puiser dans leur rage refoulée et leur répertoire d’insultes dès qu’ils lisent quelque chose qui ne correspond pas à leur opinion. C’est drôle, mais moi, quand je lis les critiques des autres, la seule chose à laquelle je m’attends, c’est l’opinion de la personne qui rédige la critique et ses raisons pour ce qu’elle écrit. C’est tout. Après, je regarde où m’on opinion se situe par rapport à la critique. Avec le temps, je sais que si tel ou tel critique n’aime pas, j’aimerai généralement. Pour d’autres, je partage exactement leur opinion. Bref, je sais où je ME situe par rapport aux critiques que je lis. En bout de ligne, chère personne qui lisez ces lignes, la critique qui suit est mon opinion. Libre à vous d’en avoir une autre!

D’entrée de jeu, Avatar (notre dossier spécial) nous en met plein la gueule visuellement. Quand je dis en préambule que Cameron a gagné son pari, je veux simplement dire qu’il a effectivement réussi à développer une technologie qui va révolutionner le cinéma. Il suffira de regarder combien de films, au cours des cinq prochaines années, vont faire usage de cette technologie pour comprendre que les sommes investies – on parle de 500 millions $ – seront amplement récupérées. Alors, on a droit à une lune absolument superbe nommée Pandora, et à une netteté d’image époustouflante pour du 3D (ça, c’est quand le mec dans la salle de projection ne dort pas au gaz comme ça semblait être le cas pour le début de la projection à laquelle j’ai assisté).

Le principal hic, c’est le scénario de Cameron. Ce n’est pas en raboudinant des idées et des situations vues dans de nombreux autres films et romans de fantaisie que l’on arrive à un bon scénario. Imaginez un instant si l’originalité de l’histoire racontée avait été à la hauteur de la technologie utilisée! J’ai eu l’impression, comme ce fut dit par Cameron lui-même d’ailleurs, de retrouver une Pocahontasdu futur. J’ai aussi effectivement vu des éléments de Ferngully, des moments qui me faisaient penser aux bouquins des Dragonriders of Pern d’Anne McCaffrey, et même des moments à la Star Wars, quand les troupes débarquent des vaisseaux pour l’attaque contre les Na’vi. On est loin de l’originalité d’un Terminator ou de The Abyss!

ALERTE AUX SPOILERS (si vous n’avez pas vu le film, sautez cette section! Considérez-vous averti!)

Cela ne veut pas dire que le film est une nullité. Il y a même de très beaux moments, notamment quand Jake et les Na’vi tentent de sauver Grace, et quand Jake devient lui-même véritablement Na’vi. Il y a aussi tous les détails de la faune et la flore de Pandora, qui sont à faire rêver. Par contre, si je veux bien jouer le jeu de la chaleur et la vie de Pandora versus la froideur technologique des humains, de grâce, peut-on nous servir des méchants qui sont autre chose que des caricatures? Le colonel Quaritch en gros vilain pas tuable et Parker Selfridge, l’homme de la compagnie qui ne pense qu’aux profits, sont encore plus caricaturaux que Jaws dans les James Bond! Et c’est cela justement qui fausse le ton; on dirait que Cameron n’a pas eu le culot de plonger véritablement dans l’univers de Pandora, qu’il n’a pas osé y mettre toute la philosophie, la culture de ce peuple fascinant. Il y avait pourtant amplement de matière à faire un scénario étoffé, mais non. Il fallait foutre le bordel à très grande échelle… pour servir la technologie visuelle.

FIN DU SPOILER

Je disais, en préambule, que j’ai aimé Avatar, et c’est un fait. J’ai aimé, même si Cameron a beurré très épais à plein d’endroits, même si c’est prévisible à mort. De la même façon que j’aime beaucoup de romans de fantaisie, même s’ils me donnent souvent une impression de déjà vu. Avatar aussi, mais oui, j’aime le peuple, la planète, Jake (même s’il pourrait afficher autre chose qu’un sourire niais pendant aussi longtemps après avoir rencontré Neytiri). Oui, j’aime voir les méchants se faire planter, même si on sait que c’est ce qui va arriver. Oui, il y a des moments touchants, émouvants. Cependant, je persiste: cela n’en fait pas un bon film. Un excellent film, quand j’y repense après, ça donne quelque chose du genre «Ça c’était super bon, et là, c’était très touchant». Après Avatar, j’avais plein de «Ça c’était beau, mais…» et «Ça c’était bien, mais…».

Bref, savourez pendant que vous êtes dans la salle, faites «oh!», «ahh!» et autres onomatopées bien senties, parce qu’il est très possible que si vous décortiquez ce que vous avez vu après le visionnement, les faiblesses vous sautent au visage. Si c’est quelque chose que vous détestez, que vous préférez en rester à la magie que VOUS y avez trouvé, que diable faites-vous à lire une critique ?

Avis n°2 d’Avatar : les seuls mérites sont technologiques

Je n’ai rien contre les films de science-fiction, bien au contraire, District 9 (notre dossier – notre critique) est, à mon avis, l’un des – sinon le – meilleur film de 2009. Je n’ai rien, non plus, contre James Cameron, ayant beaucoup aimé les TerminatorAlien et autres Dark Angel. Mais Avatar , non, c’est comme Titanic, j’ai du mal.

Passée la première surprise et l’émerveillement du 3-D, dont nous avions eu un aperçu lors du Avatar Day, il ne reste pas grand-chose. Le scénario est d’un vide intersidéral total. Certes, James Cameron y aborde des sujets graves, comme la destruction d’une race, d’une culture et d’un écosystème pour des raisons bassement capitalistes, mais ce n’est pas comme si c’était une nouveauté.

Au fond, le réalisateur nous livre ici un FernGully avec la prétention d’un The Mission et des envies de Bury My Heart at Wounded Knee. Et on est, malheureusement, loin du compte. Les dialogues d’Avatar sont d’une banalité affligeante, de même que les personnages, caricaturaux à l’extrême: noirs ou blancs (en fait, bleus ou blancs), sans aucune des subtilités auxquelles on s’attend d’un scénariste qui a quand même livré The Abyss et Terminator 2: Judgment Day dans ses bonnes années. C’est d’autant plus dommage que Cameron a créé – le livre sorti en témoigne – un monde extrêmement riche avec Pandora, mais rien (ou si peu) de cela ne transparaît à l’écran.

Le scénario est prévisible d’un bout à l’autre de ces 162 minutes. Aucune surprise de taille, aucun rebondissement inattendu. Tout est convenu d’avance, le spectateur n’a aucun autre effort à faire que de garder les yeux ouverts afin de gober passivement les images qui défilent à l’écran. Un grand éclat de rire à souligner: la séquence pendant laquelle les espèces de rhinocéros et autres animaux accourent spontanément au secours des Na’vi! Seule note agréable: la prestation de Zoe Saldana dont la morphologie est parfaite pour le motion capture. Le faux visage de Na’vi de l’actrice exprime toutes les émotions de son personnages alors que celui de Sam Worthington, probablement en raison de son ossature, n’a pas la même passion, ni la même flamme.

Abordons maintenant le côté technique d’Avatar qui, lui, est, à peu de choses près irréprochable. Seule note discordante : le rendu des cieux de Pandora qui ressemblent beaucoup trop à des peintures. Mis à part ce léger dérapage et le fait que les images deviennent floues en 3-D lors de séquences d’action un peu trop rapide, le reste est parfait. Oui, Avatar fait date dans l’histoire du cinéma et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Oui, le long métrage est un film marquant et il y aura désormais un «avant» et un «après» Avatar. Le mélange de CGI, de motion capture et de séquences en live action est parfait. De même que le 3-D, que James Cameron maîtrise parfaitement. Et oui, on en ressort avec des couleurs plein les yeux.

Mais hormis cet aspect purement technologique, il n’y pas de quoi s’extasier et, en résumé, je dirais qu’Avatar n’est qu’un Titanic de l’espace, en 3D. Mais que l’absence de «viande» ne vous empêche pas d’aller voir le long métrage. En raison des prouesses technologiques réalisées par l’équipe de production – qui inclut WETA et Industrial Light and Magic, en plus de PACE – il faut aller voir Avatar. C’est l’incontournable de l’année et on n’a pas fini d’en entendre parler.

Critique et avis (mitigés) du film Avatar de James Cameron
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Virginie Hamel
Rédactrice web passionnée par la culture, le cinéma et l'actualité insolite. J'adore partager mes découvertes et donner mon avis et des conseils sur des sujets très variés.

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