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[Critique] Pourquoi Grande Ourse, la clé des possibles mérite d’être vu

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 27 mars 2009 à 4:07 (Dernière mise à jour: 27 mars 2009 - 8:22)

Marc Messier, Normand Daneau, Fanny Mallette, Maude Guérin, Gabrielle Lazure, Frédéric Gilles, Monique Mercure et Marie Tifo sont les vedettes de Grande ourse, la clé des possibles, film réalisé par Patrice Sauvé et scénarisé par Frédéric Ouellet qui sort en salle aujourd’hui.

[Critique] Pourquoi Grande Ourse, la clé des possibles mérite d’être vu

Marc Messier dans Grande Ourse, la clé des possibles
© Alliance Films – Tous droits réservés

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne vais pas dire! Grande Ourse, la clé des possibles () n’est pas un grand film, mais c’est une œuvre intéressante à plus d’un titre. Les fans de la série télé, couronnée de succès lors de sa diffusion sur les ondes de Radio-Canada, ne trouveront pas ici une suite des aventures du trio composé par Marc Messier, Normand Daneau et Fanny Mallette, mais une histoire complètement différente.

Le scénario est relativement simple et tient en quelques lignes. Pour sauver la vie de son meilleur ami Émile Biron (Normand Daneau), Louis-Bernard Lapointe (Marc Messier) doit se transporter dans un monde parallèle et mystérieux pour retrouver la «Clé des Possibles», un objet légendaire qui permet à son possesseur de visiter un nombre infini d’univers où toutes les possibilités de la vie se réalisent. Ceci étant, le long métrage est – et c’est l’une des premières raisons d’aller le voir – plus profond qu’il n’y paraît tout d’abord.

La tête dans les nuages…

Le fantastique domine, au public de voir s’il décide d’y croire ou non, j’avoue que moi, j’ai embarqué assez vite et facilement. La scène de début est suffisamment accrocheuse pour qu’on saute à pieds joints et qu’on ait envie de voir la suite. Et la suite ne déçoit pas. Louis-Bernard Lapointe (Marc Messier), Émile Biron (Normand Daneau) et Gastonne Béliveau se lancent dans une quête – celle de Lapointe – au sens le plus profond du terme. Les trois héros auront à confronter leurs démons (peurs, angoisses, doutes, etc.) pour réussir ce chemin initiatique. Truffé de références mythologiques, Grande Ourse, la clé des possibles est un film fantastique dans le sens où l’entendent les anglo-saxons: l’épreuve permet au héros de se révéler à lui-même.

Un mot rapide pour signaler la parfaite exécution des effets visuels spéciaux, tous réalisés à Montréal par la compagnie Vision Globale. Chapeau, c’est un fait suffisamment rare pour qu’on le souligne; cela fait plaisir de voir que nous sommes amplement capables, quand on donne au réalisateur les moyens de le faire, d’être aussi professionnels que les américains. Et c’est d’ailleurs ce qui fait de Grande Ourse, la clé des possibles une œuvre importante: elle marque une évolution dans le cinéma québécois, une transition vers des longs métrages différents et exportables parce que pouvant plaire à un plus large public. Un autre mot pour souligner le soin constant que le réalisateur Patrice Sauvé apporte aux plans de caméra, qui soutiennent très bien les scènes plus émotives.

Les pieds sur terre…

Tous ces bons éléments n’empêchent pas de nombreuses faiblesses et plusieurs longueurs. Le scénario dérape parfois, plusieurs des allégories sont, soit trop nébuleuses, soit trop faciles, ce qui brise le rythme du film et oblige le spectateur à en sortir quelques instants, ces secondes suffisant à tuer la magie et le rêve. Deux personnages sont un peu trop théâtraux à mon goût – Christine et Charles Foucault, interprétés par Gabrielle Lazure et Frédéric Gilles – pour qu’on se laisse entraîner dans leur délire.

Cote: ★★★★★★☆☆☆☆ 


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Commentaires

2 commentaires pour “[Critique] Pourquoi Grande Ourse, la clé des possibles mérite d’être vu”
  1. Charles-Henri dit :

    Assez d’accord avec toi Isabelle, les décors et les effets spéciaux sont les plus beaux que j’ai vu au cinéma québécois depuis bien longtemps… Cela dit, j’ai trouvé que le scénario était vraiment trop simpliste. Malheureusement, le box-office est une grosse déception… J’ai l’impression que les fans de la série s’attendaient à un peu plus de mystère. Et je pense aussi que la date de sortie n’était pas très judicieuse… Dommage

    • Isabelle Hontebeyrie dit :

      J’ai, moi aussi, été déçue des résultats du box-office. Oui, le scénario est simpliste, mais il contient de bons éléments de réflexions philosophiques (pour une fois!). J’espère sincèrement que Grande Ourse rentrera dans ses frais, au moins avec la vente de DVD.

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