La chanteuse Lhasa de Sela, celle que l’on appelait familièrement Lhasa, est décédée vendredi, le 1er janvier, premier jour de cette nouvelle décennie, des suites d’une longue maladie. Elle n’avait que 38 ans. Difficile de mettre en mots le vide qu’elle laisse, humainement, musicalement.

Après de nombreuses rumeurs qui avaient essaimé Twitter et Facebook hier, la mort de la chanteuse Lhasa de Sela a finalement été confirmée officiellement. C’est par un communiqué sur son site officiel que la nouvelle a été diffusée.

«La chanteuse Lhasa De Sela est décédée à son domicile de Montréal pendant la soirée du 1er janvier 2010, un peu avant minuit. Un cancer du sein qu’elle a combattu avec courage et détermination pendant plus de 21 mois l’aura finalement emportée».

La famille et les proches ont d’ailleurs souligné avoir «pu vivre leur deuil paisiblement depuis deux jours» et «avoir énormément apprécié cette importante période d’intimité et de recueillement».

Il y a quelques mois à peine, le 20 avril dernier, elle nous avait livré un nouvel album dont nous vous avions parlé, le premier après un silence de six ans. Intitulé tout simplement Lhasa, je reprends l’extrait que le communiqué de presse émis à ce moment nous en disait: «Portées par le jeu à la fois sobre et texturé des musiciens, les mélodies oscillent entre country et gospel, entre blues et folk. La musique se dévoile en un spécimen rare qui se déploie doucement, sans jamais se livrer. Elle est tantôt vivante, tantôt haletante et celui qui l’écoute se laisse envelopper et s’y glisse sans effort».

Vivante, haletante… Le communiqué aurait aussi pu inclure vibrante, touchante, émouvante, intelligente. Je n’ai eu le plaisir de la rencontrer en personne qu’une seule fois, au moment de ce lancement. Ce qui m’avait alors marqué, c’est à quel point elle semblait gênée, presque mal à l’aise face au journaliste; d’une extrême gentillesse, avec une voix toute douce. Puis elle était montée sur scène, et de toute menue qu’elle était, elle avait envahi l’espace, les sens, avec la richesse de sa musique.

On pouvait s’étonner de son silence au cours des mois qui ont suivi le lancement. Sur son site Web, seulement deux spectacles étaient annoncés, pour mai dernier, en Islande. Le dernier billet sur son blogue MySpace souligne que deux de ses chansons sont sur la trame sonore du film Cold Souls, réalisé par Sophie Barthes: La marée haute et Pa llegar tu lado. Elle nous quitte en nous laissant trois albums, La Llorona (1998), The Living Road (2003) et Lhasa (2009), trop peu, mais amplement assez pour nous permettre d’apprécier son remarquable talent. Merci Lhasa.

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Nicolas Lefevre
Passionné de culture et de voyage, cette surface d'expression me permet de vous livrer mon avis sur mes découvertes.

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