Roy Dupuis, Claude Legault, Patrice Robitaille, Jean Pierre Bergeron, Paolo Noël et Aure Atika sont les vedettes de Les doigts croches, première œuvre de Ken Scott comme réalisateur, qui prend l’affiche au cinéma aujourd’hui, 31 juillet 2009.

On savait déjà que Ken Scott pouvait nous donner des scénarios intelligents et humains, il suffit de voir La Grande Séduction et Maurice Richard pour s’en rendre compte. Par contre, ce que l’on ne savait pas – et que le réalisateur démontre de façon non équivoque avec Les doigts croches – c’est qu’il réussit à donner tout autant d’intelligence et d’humanité à sa réalisation.

Le synopsis officiel, reçu d’Alliance Vivafilm se lit comme suit: «1960, Montréal – Pour perpétrer le « vol du siècle », Charles recrute de vieux copains, des petits bandits sans envergure avec qui il a fait les 400 coups dans le quartier malfamé du « faubourg à m’lasse ». Le soir du vol, la police rapplique et ils doivent rapidement procéder au plan B: Ils se feront prendre, mais un des gars se sauvera avec les deux millions de dollars. À leur sortie de prison, les cinq comparses apprennent que s’ils veulent recouvrer leur argent, il y a deux conditions: marcher chacun des 839 kilomètres du chemin de pèlerinage de St-Jacques-de-Compostelle et, en bout de ligne, et plus important encore, avoir changé.»

«Dès les premiers pas, le contraste entre la petitesse de ces bandits et l’ampleur de l’effort qu’ils doivent fournir pour cette pérégrination devient manifeste. Ces cinq éternels délinquants, qui ont toujours pris le chemin de la tricherie et de la facilité, devront, pour la première fois de leur vie, déployer de véritables efforts pour devenir d’honnêtes citoyens.»

Ken Scott, quand il parle du film, fait référence à un road movie et à un huis-clos, et effectivement, on retrouve des deux, même si le huis-clos en question se déroule essentiellement à l’extérieur, les protagonistes sont effectivement captifs de ce pèlerinage qu’ils doivent faire ensemble.

Ce qui m’a frappé, d’entrée de jeu, c’est l’humanité de ces personnages, Charles (Roy Dupuis), Donald (Patrice Robitaille), Conrad (Claude Legault), Eddy (Paolo Noël) et Isidore (Jean-Pierre Bergeron), des ratés sympathiques, pour ne pas dire pathétiques. C’est d’ailleurs là que brille la magie de Ken Scott, tant dans la richesse de son scénario que la finesse de sa réalisation. Plutôt que de nous faire rire d’un gros rire gras et facile, il navigue avec brio entre un propos souvent hilarant et, en contrepoint, toutes les émotions que vivent ces gars qui, au fond, à chaque pas de plus qu’ils font vers le gros lot, se remémorent toute une vie d’échecs accumulés.

Si Les doigts croches nous raconte une histoire qui se situe dans les années ’60, c’est en même temps une histoire intemporelle et – serait-ce un élément signature de Ken Scott? – internationale. Le film pourrait tout aussi bien être français, américain, polonais. Autant des cinéphiles d’un peu partout dans le monde se sont senti interpellés par le propos de La grande séduction, autant ils pourront reconnaître l’humour et le cheminement personnel de Charles, Donald et les autres. On se croirait revenu à l’époque de L’aventure, c’est l’aventure de Claude Lelouch, La grande vadrouille de Gérard Oury ou Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky. D’ailleurs, le personnage qu’interprète Patrice Robitaille ne sera pas sans rappeler à ceux et celles qui sont friands du cinéma français des années ’60 les personnages interprétés par Bourvil.

Les doigts croches mériterait amplement le titre de comédie de l’été, mais ce serait sans doute un peu limitatif, car c’est autant un film que l’on va voir pour apprécier un excellent jeu d’acteurs que pour en rire un bon coup. Chapeau à Ken Scott pour cette belle réussite!

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Virginie Hamel
Rédactrice web passionnée par la culture, le cinéma et l'actualité insolite. J'adore partager mes découvertes et donner mon avis et des conseils sur des sujets très variés.

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