Et oui, ça y est ! Les visionnements de presse de Watchmen, les gardiens de Zach Snyder ont eu lieu hier. Voici donc notre critique du film, premier blockbuster de l’année.

Pour tout savoir de Watchmen, les gardiens, consultez notre dossier spécial, qui comprend des secrets de production, des entrevues avec les acteurs, 10 affiches et affichettes, des photos et vidéos ! Voici aussi notre critique du film !

Le film Watchmen, les gardiens est l’adaptation cinématographique de la bande-dessinée culte d’Alan Moore et de Dave Gibbons (lisez notre interview du dessinateur), parue en 1986 et 1987. Et force est d’avouer que le réalisateur Zach Snyder (lisez notre interview) a parfaitement réussi à transcrire au grand écran l’esprit des Watchmen.

Avis sur le scénario et les acteurs

Ne cherchez pas, dans le film, la linéarité de la bande-dessinée. Zach Snyder a joué avec les planches, en changeant l’ordre et en modifiant certains éléments afin d’offrir un tout cohérent pour le cinéma. Résultat, l’un des points faibles du long-métrage, sa durée (2h45, qui constitue un premier obstacle de taille pour un public nord-américain), est éliminé, car le rythme de Watchmen, les gardiens est idéal. Entre l’intrigue principale (l’anéantissement de l’humanité), la psychologie de nos super-héros, les éléments historiques des États-Unis et des Minutemen, tout est magistralement fluide.

Critique du film "Watchmen, les gardiens" - 01

Nombre de fans du comic se sont posé la question (et c’est d’ailleurs la première qui m’a été posée par le patron de Capitaine Québec, une boutique de BD à Montréal): mais qu’advient-il du Giant Squid? Effectivement, point de monstre inter galactique dans le film, cette intrigue là a été remplacée par une autre, à mon avis plus efficace… et je ne vous en dit pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir. Oui, les dérapages des justiciers masqués sont parfaitement rendus. The Comedian (Jeffrey Dean Morgan) est noir à souhait, le Dr Manhattan (Billy Crudup) s’isole magnifiquement de l’humanité en perdition, Rorschach (Jackie Earle Haley) est superbement glauque, Ozymandias (Matthew Goode) laisse libre cours à sa mégalomanie (son personnage est, d’ailleurs, peut-être le seul maillon faible de la chaîne… il est trop «plastique»). Les Silk Spectre mère et fille (Carla Gugino et Malin Akerman) sont parfaites et Nite Owl II (Patrick Wilson) est adorable de normalité… toute relative d’ailleurs.

Un ensemble qui tient très bien la route

Mais Watchmen, les gardiens n’est pas un film d’acteurs et le jeu de l’équipe n’est pas, en soi, important. Il suffit qu’ils soient convaincants dans l’interprétation de leurs personnages respectifs pour que ça marche… et, à ce niveau là, la mission est accomplie. Il est évident que le spectateur, en fonction de ses propres affinités, se sentira plus proche d’un des personnages – pour ma part, cela a été le Dr Manhattan qui, à mon avis, crève l’écran (il se peut que ce soit lié aux effets visuels qui sont d’ailleurs époustouflants).

Critique du film "Watchmen, les gardiens" - 02

Analyse des effets spéciaux et de la «couleur» du film

Comme je le disais précédemment, les effets visuels et spéciaux sont irréprochables. Je comprends maintenant parfaitement pourquoi Zach Snyder a refusé le CGI et les écrans verts au profit de décors bien réels, construits pour l’occasion. Le film acquiert une texture et un réalisme qui auraient été perdus sinon car, quoi qu’on en dise, le CGI ne supporte aucune erreur et il suffit d’un raccord mal fait pour qu’on décroche assez rapidement du film. Ne cherchez pas, par contre, de correspondance de couleurs entre Watchmen le film et Watchmen la BD. Si certains univers sont respectés (toutes les scènes du Dr Manhattan sur Mars sont à couper le souffle!), les dominantes de couleurs de la BD ne le sont pas… et pour cause, le film aurait perdu de sa substance et de son intérêt.

Critique de l’aspect sociopolitique

Les Watchmen sont cyniques, imbus d’eux-mêmes, sûrs de leur puissance. Non, ils ne sont pas là pour prendre fait et cause pour l’humanité, vouée à l’autodestruction. Pas de blanc ni de noir en eux, pas de ligne tranchée entre le bien et le mal et c’est ce qui rend l’œuvre aussi intéressante. C’est aussi ce qui risque de décourager les spectateurs nord-américains, fans de Superman et autres super-héros prêts à se sacrifier pour que les hommes – dont ils ont la responsabilité – survivent. Le Richard Nixon au nez démesurément long – clin d’œil immanquable à Pinocchio -, la Guerre du Vietnam et la déification, par le gouvernement, du Dr Manhattan, ce même Dr Manhattan jeté en pâture aux médias alors qu’il défend le pays, des petites phrases assassines (dont le dialogue entre The Comedian et Nite Owl II, ce dernier demandant à son compère: ‘What happened to the American Dream?’ pour s’entendre répondre ‘What happened to the American Dream? It came true!’), … tout cela est exquis et s’adresse à l’intelligence du spectateur, éléments qui risquent fort de passer à des kilomètres au-dessus de la tête de l’américain moyen.

Critique du film "Watchmen, les gardiens" - 03

À la sortie du film, je n’ai d’ailleurs pu m’empêcher d’établir une certaine analogie avec Fight Club: le message social est le même, tout aussi désespéré… et tout aussi vrai. Quant à la violence extrêmement crue et dure du film – certaines séquences sont assez gore… et très drôles! -, elle passe bien et vient renforcer plusieurs messages. Par contre, elle est – avec la nudité du Dr Manhattan – responsable de l’interdiction, en Amérique du Nord, du film aux moins de 17 ans, ce que je comprends, mais qui risque aussi de desservir l’œuvre au box-office.

Aussi, en vrac, vite-fait: la trame sonore excellente, le générique trippant, le bullet-time parfait !

Alors, est-ce que Watchmen, les gardiens plaira ?

Le long métrage est d’ores et déjà voué à devenir un film-culte… mais probablement pas aux États-Unis. Après un premier week-end au box-office (il représente, après tout, 61% des ventes de Fandago), il risque de sombrer dans l’oubli. Je ne peux qu’espérer que ce ne soit pas la cas, mais je ne me fais pas trop d’illusions.

Critique du film “Watchmen, les gardiens” de Zach Snyder (2009)
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Nicolas Lefevre
Passionné de culture et de voyage, cette surface d'expression me permet de vous livrer mon avis sur mes découvertes.

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