Difficile de faire mieux, comme premier long métrage, que District 9. Le réalisateur Neill Blomkamp et le producteur Peter Jackson sont à la barre de ce projet et les acteurs Sharlto Copley, Jason Cope et Nathalie Boltt livrent d’excellentes prestations. Voici notre critique du film.

Un vaisseau spatial rempli d’extraterrestres se pose au-dessus de Johannesburg

Il faut quand même avouer que le concept de départ de District 9, qui sort en salle le 14 août est ambitieux. Il s’agit pour le réalisateur Neill Blomkamp de rendre réaliste l’idée qu’un vaisseau spatial rempli d’un million d’extraterrestres se pose au-dessus de Johannesburg. De plus, ces aliens n’apportent pas la manne prévue dans leurs bagages. Pas de révélation divine, pas d’Eldorado, pas de paix instantanée dans le monde. Ils arrivent bien avec des armes, mais personne ne peut s’en servir sans ADN extraterrestre. Non, ils n’amènent rien. Ce ne sont que des réfugiés affamés et malades.

Dans un grand élan de générosité éclair dont l’humanité a le secret, les pays du globe leur fournissent donc tout ce dont ils ont besoin. Dans un premier temps. Ensuite arrivent les doutes, les questions, la rancœur, la méfiance puis la haine. Cette race peu ragoûtante aux allures d’insecte devient rapidement un fardeau. 20 après leur atterrissage, les extraterrestres sont abandonnés dans des cahuttes en décrépitude dans le fameux District 9, camp de réfugiés créé pour les accueillir.

Une délicate mission typique du régime de l’apartheid

Le gouvernement vient aussi de confier à MNU, une compagnie privée, la délicate mission de relocaliser ces êtres venus d’ailleurs dans le District 10, qui n’est rien d’autre qu’un camp de concentration. Arrive alors, pour les agents de la firme, une délicate mission dont ils vont tenter de s’acquitter avec toute la rigueur administrative qu’on imagine, typique du régime de l’apartheid. Wikus Van De Merwe (Sharlto Copley) est le personnage central de cette fable moderne, qui n’est pas, à certains égards philosophiques, sans rappeler le 2001 Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Cet afrikaner typique, blanc, convaincu de son bon droit part à la chasse des aliens, les délogeant sans ménagements avec l’aide d’un mercenaire amateur de tueries inutiles.

Jusqu’au jour où Wilkus est contaminé par une substance étrange, trouvée lors d’une de ses perquisitions kafkaïennes. Il se métamorphose lentement, mais sûrement en extraterrestre et, de chasseur, devient la proie. Car MNU est aussi un fabricant d’armes qui tente désespérément de percer le secret de celles des aliens. La chasse est lancée, Wilkus rejoint ainsi le rang des parias, à ceci près qu’il est l’homme le plus recherché du pays, son nouvel ADN lui permettant de se servir des fusils et autres prouesses technologiques guerrières de cet autre monde.

Le jeu de Sharlto Copley est impressionnant de réalisme et de sensibilité

District 9 star Sharlto Copley

L’acteur arrivant à passer de l’afrikaner détestable à la victime pourchassée avec brio. La réalisation de Neill Blomkamp est irréprochable, le cinéaste mêlant vrais documents d’archives et faux documentaires au film afin de nous plonger dans toute l’horreur de la situation. Impossible également de ne pas voir le parallèle éclatant avec la situation qui prévalait en Afrique du Sud au moment de l’apartheid. Mais le propos ne se limite pas à cette période, il englobe tous les racismes, toutes les intolérances et toutes les haines. District 9 (notre dossier) est aussi remarquable parce que, si mes recherches sont exactes, c’est la première œuvre post-apartheid d’un sud-africain qui parle de ce régime. Impressionnant de constater que le long métrage n’est ni une justification, ni une litanie, ni une excuse. C’est une présentation brute et froide des faits.

C’est grand, c’est beau, c’est émouvant et c’est à voir absolument; District 9 est sans conteste l’un des meilleurs films de l’année.

[Critique] District 9 : la science-fiction pour exorciser l’apartheid
5 / 1 vote

Nicolas Lefevre
Passionné de culture et de voyage, cette surface d'expression me permet de vous livrer mon avis sur mes découvertes.

    You may also like

    Comments

    Leave a reply

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *