Gran Torino, le dernier Clint Eastwood dans lequel le réalisateur est aussi devant la caméra, est un grand cru, digne de prix et récompenses divers… y compris quelques Oscars.

Gran Torino a pris l’affiche à Montréal depuis le 25 décembre dernier, mais est présenté dans l’ensemble du Québec à partir du 9 janvier. Le film sortira en France le 25 février 2009.

Gran Torino : bande annonce et synopsis

Avant de lire notre critique, voici la bande annonce :

La femme de Walt Kowalski (Clint Eastwood) vient de mourir. Ce vétéran de la guerre de Corée, replié sur lui-même, amer et asocial n’a qu’un seul plaisir dans la vie: celui de siroter des bières en regardant sa Gran Torino, une Ford de 1972 dont il a lui-même posé la colonne de transmission sur la chaîne de montage.

Mais un jour, tout vole en éclats quand le Thao (Bee Vang), le fils de ses voisins essaye de la lui voler. Walt deviendra petit à petit ami avec la famille, en particulier avec Sue (Ahney Her), la soeur de Thao qui réussira à apprivoiser ce retraité aigri.

Critique : un film tout en nuances

Comme tous les films de Clint Eastwood, Gran Torino est un hommage à la subtilité des sentiments humains. Pas de drame, pas de gros effets. Le monde d’Eastwood en est un de nuances, de demi-teintes, d’errements, de doutes. C’est aussi un monde de principes, d’honneur, de loyauté et d’amour.

La comparaison avec Changeling, présenté sous le titre L’échange en français, est inévitable ne serait-ce qu’à cause de la proximité des dates de sortie des deux films.

Étrangement – et je n’aurais jamais pensé dire cela -, Gran Torino est meilleur, moins “racoleur” que L’échange qui souffre un peu de la présence d’Angelina Jolie. L’actrice donne au film un aspect trop parfait et rend apparent le travail technique habituellement fort discret du réalisateur.

VOIR AUSSI : Interview : Clint Eastwood nous parle de son film Gran Torino

Avis : tout l’art de Clint Eastwood est de rendre extraordinaire une histoire ordinaire

Dans Gran Torino, c’est l’inverse. La technique est irréprochable: montage, cadrage, plans, scénario, musique, jeu des acteurs, et on ne sent aucun travail (Un mot rapide pour souligner deux points. Tout d’abord le jeu des acteurs Hmong, qui ne sont pas des professionnels et qui ont été recrutés au sein de cette communauté d’immigrants. Ensuite, la musique, écrite par le fils d’Eastwood, Cullum, un jazzman accompli). Tout est naturel, tout coule de source. Pas de faiblesse, pas de temps mort, pas de dialogue inutile, pas de plan de caméra qu’il faille changer.

C’est probablement tout l’art de Clint Eastwood: celui de rendre une histoire ordinaire en histoire extraordinaire. De faire d’un retraité bougon, hanté par son passé, un homme qui trouvera sa rédemption, qui se lavera de ses péchés, qui obtiendra l’absolution et qui pourra ainsi, enfin, échapper à ses démons.

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Virginie Hamel
Rédactrice web passionnée par la culture, le cinéma et l'actualité insolite. J'adore partager mes découvertes et donner mon avis et des conseils sur des sujets très variés.

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