Alys Robi est décédée dans la nuit de vendredi à samedi à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. La chanteuse, née Alice Robitaille, avait 88 ans et a succombé à une infection provoquée par la bactérie C-difficile.

Alice Roby, la première star internationale québécoise est morte

La nouvelle est tombée samedi, le 28 mai. Celle qui était née en 1923 dans le quartier Saint-Sauveur de Québec est morte, d’après les informations données par Roger Sylvain, ami et ancien impresario de la star, des suites d’une infection à la bactérie C-difficile. «Depuis deux ans, elle avait perdu beaucoup de poids», confiait-il plus tôt dans la journée au réseau Radio-Canada. «Elle était au CHSLD Pierre-Joseph Triest […] Depuis plusieurs années, elle avait perdu sa qualité de vie.» Précisant les conditions de vie de celle qui fût une star internationale dans les années 1940, le journaliste Jean-Paul Sylvain a précisé, dans les pages de Rue Frontenac : «Ces derniers jours, on lui avait même mis la camisole de force, tellement elle était agitée et agressive.»

«Elle avait été admise hier à l’hôpital» a précisé Roger Sylvain sur les ondes du réseau TVA. «Cela faisait un an qu’on la voyait décliner» a souligné celui qui avait chanté avec elle. Rappelant qu’il avait fêté l’anniversaire de la chanteuse en février dernier avec ses amis, il a expliqué qu’Alys Robi «était très diminuée. Mais elle était encore allumée. Elle avait chanté et était contente de voir qu’on avait pensé à elle.»

C’était la Céline Dion de son époque

Roger Sylvain

Immédiatement, les réactions officielles ont fusé. Jean Charest, et la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre ont laissé savoir, par voie de communiqué, que «cette étoile des cabarets, qui a été notre première grande vedette internationale, nous laisse de nombreux refrains en tête et, surtout, le souvenir d’une femme de grand talent qui a su surmonter les plus grandes épreuves», a déclaré la ministre St-Pierre. «Son œuvre et sa personnalité ont d’ailleurs inspiré plusieurs artistes qui lui ont rendu hommage par la chanson, le théâtre et le cinéma», a ajouté la ministre St-Pierre.

«C’était la Céline Dion de son époque» n’a pas hésité à rappeler Roger Sylvain à l’antenne des réseaux télévisés québécois !

Une carrière de chanteuse bien remplie (1923 – 2011)

La carrière d’Alys Robi avait débuté quand elle avait quatre ans et qu’elle présentait «ses tours de chant lors de galas de lutte et en participant aux concours d’amateurs» comme le détaille le site de la Ville de Montréal dans sa section du Centre d’histoire de la métropole. «À 12 ans ce sera le départ inévitable en direction de Montréal. C’est à ce moment qu’Alice Robitaille devient Alys Robi, la vedette du National de la rue Sainte-Catherine, dirigé alors par Rose Ouellette, alias «la Poune» apprend-on. Côté personnel, «c’est au cours d’une de ces tournées qu’elle rencontre son premier amour: Olivier Guimond fils. Mais cet amour ne survivra pas à la gloire grandissante de la jeune Alys.»

C’est donc depuis sa tendre enfance que Mme Robi chante devant le grand public. Elle s’est accomplie comme artiste et a su soulever la passion de nombreux de ses admirateurs. Elle a côtoyé nos plus grandes vedettes avant de poursuivre une carrière qui l’amène à se produire sur les plus grandes scènes du monde. Sa facilité à maîtriser les langues l’incite à traduire des chansons de l’espagnol au français. En 1944, elle anime sa propre émission de radio à Toronto et est proclamée, cette année-là, la chanteuse canadienne la plus populaire.

Voici l’un de ses plus grands tubes, “Tico Tico” enregistré en 1942 :

En 1948, après un grave accident de voiture, elle est hospitalisée à Albert-Prévost, puis à l’hôpital Saint-Michel-Archange où elle subira une lobotomie. La chanteuse avait d’ailleurs effectué le récit de ces terribles années dans son autobiographie Un long cri dans la nuit, publiée en 1990. C’est la fin de la carrière internationale de celle qui avait interprété ses plus grands succès sur les scènes du monde entier, de Paris à New York, en passant par Los Angeles.

Ensuite, comme le rappelle le communiqué émis par Jean Charest et celui de la ministre Christine St-Pierre, même si l’accueil du public est froid à sa sortie de l’asile, «Mme Robi ne renonce pas à sa passion et entreprend une seconde carrière au cours des années 1970.» Mais c’est son engagement et «sa conscience sociale» qui lui font créer le «Chez-nous des artistes et […] une fondation qui porte son nom et qui a pour mission de venir en aide aux personnes victimes de maladie mentale.» En 1985, pour rendre hommage à son dévouement, la reine Elizabeth II lui décerne le Très vénérable ordre de Saint-Jean (Ordre de Malte) et l’anoblit, faisant d’elle Lady Alys Robi.

En 1995, elle donne un spectacle à la Place des Arts de Montréal, où elle reçoit un accueil triomphal de la part du public. Et, la même année, sa vie fait l’objet d’une télésérie diffusée sur le réseau TVA. Puis, en 2004, Alys Robi prend vie au grand écran sous les traits de Pascale Bussières dans Ma vie en cinémascope, réalisé par Denise Filiatrault.

De nombreuses réactions suite à la mort d’Alys Robi

Depuis l’annonce de la mort subite d’Alys Robi, les réactions se succèdent. Voici celles de la classe politique, avec les hommages de Gérald Tremblay, Jean Charest et Pauline Marois, à celle qui fût la Céline Dion des années 1940.

À la suite du décès de madame Alys Robi, le premier ministre du Québec, Jean Charest, et la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, ont exprimé leur tristesse devant la disparition de cette femme qui a contribué à la vitalité et au rayonnement international de la culture québécoise. «Cette grande dame de la chanson a grandement influencé la musique populaire québécoise. L’immense succès qu’elle a obtenu ici et à l’étranger témoigne de son talent indéniable et d’une exceptionnelle présence sur scène», a déclaré le premier ministre.

C’est depuis sa tendre enfance que Mme Robi chante devant le grand public. Elle s’est accomplie comme artiste et a su soulever la passion de nombreux de ses admirateurs. Elle a côtoyé nos plus grandes vedettes avant de poursuivre une carrière qui l’amène à se produire sur les plus grandes scènes du monde. Sa facilité à maîtriser les langues l’incite à traduire des chansons de l’espagnol au français. En 1944, elle anime sa propre émission de radio à Toronto et est proclamée, cette année-là, la chanteuse canadienne la plus populaire.

En dépit des difficultés qu’elle a dû affronter, Mme Robi ne renonce pas à sa passion et entreprend une seconde carrière au cours des années 1970. Sa conscience sociale l’a aussi amenée à s’investir dans la mise sur pied du Chez-nous des artistes et à créer une fondation qui porte son nom et qui a pour mission de venir en aide aux personnes victimes de maladie mentale.

«Cette étoile des cabarets, qui a été notre première grande vedette internationale, nous laisse de nombreux refrains en tête et, surtout, le souvenir d’une femme de grand talent qui a su surmonter les plus grandes épreuves», a déclaré la ministre St-Pierre. «Son œuvre et sa personnalité ont d’ailleurs inspiré plusieurs artistes qui lui ont rendu hommage par la chanson, le théâtre et le cinéma», a ajouté la ministre St-Pierre. «Nous souhaitons offrir nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de madame Robi», ont conclu monsieur Charest et madame St-Pierre.

Au nom de l’aile parlementaire du Parti Québécois, la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, et le porte-parole en matière de culture et de communications et député de Drummond, Yves-François Blanchet, offrent leurs plus sincères condoléances aux proches et amis de madame Alys Robi, de même qu’à toute une génération de Québécoises qui se seront identifiées à cette grande dame, figure emblématique de notre culture nationale. «Madame Robi est une grande vedette québécoise qui aura vécu, pour le meilleur et pour le pire, sous les feux de la rampe et des médias, et ce, jusque dans sa vie personnelle. Cette dame énergique aura su faire rayonner notre culture sur la scène internationale à une époque où peu de Québécois s’illustraient à l’extérieur du Québec», a déclaré Mme Marois.

M. Blanchet, pour sa part, a tenu à insister sur l’importance de la carrière et de la vie de madame Robi sur l’évolution de l’identité collective des Québécois durant le cœur du vingtième siècle: «Madame Robi était une chanteuse au charme et au talent absolument irrésistibles. Elle a non seulement connu une carrière qui en a fait une des premières superstars de chez nous, mais sa vie, ses drames, son courage et ses engagements en faveur de la santé mentale ont été un modèle sans lesquels beaucoup de nos gestes d’affirmation et de fierté, beaucoup de cette émancipation des femmes au Québec, n’auraient pas connu la même ampleur». «D’abord et avant tout, le Québec vient de perdre une femme sincère et charismatique qui aura souvent, malgré elle, incarné une société en rapide évolution, et ce, parce que dans sa vie comme dans ses chants, elle aura été, et demeurera, une personne profondément touchante», a conclu le député de Drummond.

C’est avec grande tristesse que le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, et la responsable de la culture, du patrimoine et de la condition féminine au comité exécutif de la Ville de Montréal, Mme Helen Fotopulos, ont appris le décès de Mme Alys Robi. «Je tiens à rendre hommage à Mme Alys Robi qui, de par son grand talent, sa personnalité éminente et sa générosité, a su contribuer à l’expression et au rayonnement de notre culture sur la scène internationale. L’œuvre de cette grande dame de la chanson restera à jamais gravée dans notre mémoire et dans l’histoire de notre culture», a déclaré le maire Gérald Tremblay.

«Mme Robi a fait preuve de courage et d’un dévouement exemplaire tout au long de sa vie. Nous perdons aujourd’hui une femme d’exception et de talent qui a dédié sa vie à la culture», a ajouté Mme Helen Fotopulos. «Au nom de tous les élus, ainsi qu’en mon nom personnel et en celui de mon épouse, j’offre mes plus sincères condoléances à sa famille, ainsi qu’à tous ses proches. J’ai également une pensée particulière pour son neveu qui nous a permis de souhaiter un joyeux 88e anniversaire à Mme Robi, en janvier dernier», a conclu le maire de Montréal.

Alys Robi : “La Céline Dion des années 40” est morte à l’âge de 88 ans
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Nicolas Lefevre
Passionné de culture et de voyage, cette surface d'expression me permet de vous livrer mon avis sur mes découvertes.

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