CRITIQUE
Critique | Hugo: place au rêve
Par Isabelle Hontebeyrie - 23 novembre 2011 - 4:22 | Dermière mise-à-jour: 14 mai 2012 - 10:52 Imprimer
CRITIQUE
Avec Hugo, Martin Scorsese livre un film qui fait la part belle à l’imaginaire.
Adaptation d’un roman-jeunesse, Hugo est la première incursion du génial réalisateur américain dans le rêve et la magie.
Hugo Cabret (Asa Butterfield) est un jeune orphelin qui vit clandestinement dans une gare à Paris dans les années 1930. Il y répare les horloges, un travail hérité de son oncle disparu qui l’a recueilli après la mort de son père (rapide apparition de Jude Law). Il fait la connaissance de George (Ben Kinsley), un vendeur de jouets et de confiseries qui accuse le garçonnet d’être un voleur, et se lie aussi d’amitié avec Isabelle (Chloe Moretz, aussi douée pour les rôles dramatiques que d’action), sa fille adoptive.
Parmi la faune qui hante les couloirs de la gare, mentionnons un inspecteur blessé lors de la Grande Guerre (un surprenant Sacha Baron Cohen) faisant régner un régime de terreur, Monsieur Labisse (Christopher Lee) en vendeur de livres ou Lisette (Emily Mortimer), une fleuriste objet des attentions romantiques de l’inspecteur. Je ne dis rien d’autre, le reste de l’histoire se découvre impérativement sur grand écran avec des enfants capables de comprendre une histoire complexe (dépendant du degré de maturité de vos petits, je vous dirais 10 ans minimum).
Coté visuel, Hugo est une pure merveille. Nous sommes, dès les premières images, plongés dans un univers qui échappe au temps malgré certaines références à la première guerre mondiale. Le Paris de Martin Scorsese en est un de couleurs, d’ombres, de fumées et de flocons de neige virevoltant dans le ciel hivernal.
Les décors sont admirablement rendus. La gare est un labyrinthe de couloirs menant aux horloges, dans lesquels Hugo se déplace avec célérité (on note les plongées du cinéaste dans des cages d’escaliers phénoménales). Les mécanismes des horloges, leur tic-tac incessant (la bande son est impressionnante, portez attention aux endroits d’où viennent les bruits), l’automate qu’Hugo cherche à réparer après la mort de son père, les bruits des machines – nous sommes en plein début de l’industrialisation -, les souffles des locomotives, etc. contribuent à cette sensation de dépaysement familier et d’incursion dans un monde issu de notre imaginaire collectif.
Sans entrer dans les détails pour ne rien gâcher de la surprise (si vous n’avez pas lu le livre, ni consulté le site officiel), Hugo est aussi – et surtout – un vibrant hommage au cinéma. Au vrai. À celui qui nous a fait rêver quand nous étions jeunes. De ce grand écran devant lequel nous sommes restés ébahis en découvrant les œuvres des frères Lumière, de Buster Keaton, de Charlie Chaplin et des autres. Il est d’ailleurs quelque peu ironique de constater que L’artiste (qui sort le 9 décembre à Montréal, autre production qui se classe aisément dans un Top 5 des meilleures de l’année) est un film français qui rend hommage au cinéma Hollywoodien alors qu’Hugo est un long métrage américain qui salue les inventeurs français du 7e Art. Et Martin Scorsese, farouche défenseur du cinéma, impliqué dans des projets de conservation de films, partage son amour du médium qu’il maîtrise si bien.
Hugo, c’est aussi la première incursion du réalisateur dans le 3D. Il y apporte quelques touches admirables dont la consistance de la fumée (celle des trains, des croissants chauds, de la chaleur de la gare) et le mouvement des flocons de neige (dans la première séquence du film). Malheureusement, la technologie n’est pas encore capable de suivre la vitesse de ses mouvements de caméra (comme d’habitude, la moindre course est floue) et certains gros plans (le visage de Ben Kingsley à la fin du film) souffrent de distorsion de perspective.
Néanmoins, Hugo est l’un des concurrents les plus sérieux de cette course aux Oscars et Martin Scorsese (détenteur d’une seule statuette dorée!) et son équipe devraient se voir récompensés en février prochain.
Cote en 2D: 








Cote en 3D: 










France, 5 moiss il y a
C’est pas mon style de film mais mon fils adorera je pense! bonne continuation!^^
orseo, 5 moiss il y a
Je crois que je me laisserai tenter par aller le voir. En 3d de préférence.
Maxime, 5 moiss il y a
C’est certain que ce genre de film ce doit d’être fait en 3d pour être plus captivant sinon personne irait le voir, on ai trop pogner avec les films d’animations et d’aventure.