Critique | Senna: l’homme derrière le champion
Par Isabelle Hontebeyrie - 20 août 2011 - 11:29 | Dermière mise-à-jour: 20 août 2011 - 7:30 Imprimer
Je l’avoue: je n’aime pas la Formule 1. Et pourtant, je suis restée scotchée à l’écran durant la présentation de Senna, documentaire d’Asif Kapadia qui prend l’affiche le 19 août.
Senna est un documentaire, primé à juste titre lors de la dernière édition du Festival de Sundance, réalisé par Asif Kapadia avec l’approbation de la famille d’Ayrton Senna (on trouve une mention de la Fondation Ayrton Senna au générique). Présenté en ordre chronologique, Senna débute en 1983, alors que l’adolescent participe à une compétition de karting en Angleterre et se termine 11 ans plus tard, au décès tragique du champion sur la piste du Grand Prix de San Marin. Richement illustré d’archives – dont beaucoup sont visiblement des vidéos familiales – Senna se concentre sur l’homme au travers de ses exploits sportifs.
Son éthique, sa probité, sa croyance en Dieu sont ainsi montrées au travers d’entrevues du champion et de plusieurs témoignages – d’époque – de sa famille et de certains de ses proches. Évidemment, la bisbille avec Alain Prost est explorée… au désavantage du coureur automobile français qui apparaît comme un homme imbu de lui-même et prêt à tout pour monter sur le podium. Ce portrait peu flatteur est tempéré à la fin de Senna quand on voit Prost porter le cercueil de son collègue et qu’on apprend qu’il fait désormais partie du conseil d’administration de la Fondation Ayrton Senna.
Les événements autour de l’accident fatal sont décrits en détail. Pour Asif Kapadia, les accidents de Rubens Barrichello, de Roland Ratzenberger et des voitures de JJ Lehto et Pedro Lamy lors de ce week-end tragiques ne sont que des étapes menant à celui, fatal, d’Ayrton Senna. On sent d’ailleurs que le réalisateur croit au fait que Senna savait que cette course serait sa dernière.
Pour l’accident, Asif Kapadia a choisi la pudeur. Pas de ralentis en boucle, pas d’images-chocs, pas de sensationnalisme. Il prend le parti de la sobriété et des faits, sans mentionner le procès contre Williams qui a suivi l’accident. De Senna, mort trop tôt à 34 ans, on retient l’image d’un homme passionné, qui s’est toujours dépassé – les séquences de sa victoire du Grand prix du Brésil sont d’ailleurs extrêmement émouvantes et illustrent sa force morale – et dont le nom demeurera à jamais au panthéon de la Formule 1.
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