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Mort de Gil Courtemanche

Par - 20 août 2011 - 4:05 | Dermière mise-à-jour: 20 août 2011 - 4:05 Imprimer

Gil Courtemanche est décédé. Âgé de 68 ans, le journaliste et écrivain a succombé aux suites d’un cancer.

Gil Courtemanche © Éditions du Boréal

C’est par voie de communiqué que les Éditions du Boréal ont annoncé le décès de Gil Courtemanche, présisant que son décès était intervenu «dans la nuit du 18 au 19 août 2011, des suites d’un cancer». Né en 1943 à Montréal, Gil Courtemanche s’est fait connaître comme journaliste et analyste de la politique internationale. Son talent de communicateur, son regard lucide et acéré sur les dérives du monde et du tiers-monde ont vite imposé sa voix comme une «conscience» des laissés-pour-compte. Il a notamment travaillé à la Société Radio-Canada, au Soleil, a contribué à fonder Le Jour et donnait jusqu’à tout récemment des chroniques au quotidien Le Devoir.

Gil Courtemanche a également connu le succès comme romancier. Son premier roman, Un dimanche à la piscine à Kigali, traduit en 23 langues, lui a valu une reconnaissance mondiale et a été adapté pour le cinéma par Robert Favreau. Une belle mort a également été porté à l’écran par Léa Pool. Son plus récent récit, Je ne veux pas mourir seul, était paru en mai 2010.

Gil Courtemanche laisse dans le deuil sa mère, sa fille, sa petite fille, quatre sœurs et un frère. Des détails sur la cérémonie funéraire seront communiqués ultérieurement.

Les réactions de la classe politique n’ont pas tardé. Les principaux chefs de partis ont émis des communiqués rendant hommage à l’auteur. Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire a indiqué: «Amir Khadir et moi tenons à lui rendre un vibrant hommage. Nous avons aimé ses romans et ses chroniques. Ses talents d’écriture, sa liberté de parole et son engagement social manqueront beaucoup aux Québécoises et Québécois.» Elle a précisé: «Cet homme généreux dénonçait avec rigueur le populisme de droite et les idées conservatrices et néolibérales en démontrant leur incompatibilité avec le bien commun. Monsieur Courtemanche nous avait appuyé, Amir Khadir et moi lors de la dernière élection générale. Nous lui en avons été très reconnaissants», conclut Madame David.»

Pour Louise Harel, chef de l’Opposition officielle et chef de Vision Montréal: «C’est avec une grande tristesse que j’ai appris aujourd’hui la mort de Gil Courtemanche, journaliste et écrivain de grand talent. Nous le savions gravement malade depuis la publication de son dernier opus, Je ne veux pas mourir seul, mais son décès nous touche profondément». «Pamphlétaire respecté, toujours pertinent, parfois iconoclaste, Gil Courtemanche avait choisi de pourfendre la bêtise et l’hypocrisie, y compris chez les puissants de ce monde», a-t-elle poursuivi. «Dans sa carrière de journaliste, tant à Radio-Canada qu’aux quotidiens Le Soleil, Le Jour et, plus récemment, Le Devoir, Gil Courtemanche a toujours exprimé ses convictions avec passion et fait la vie dure aux idées reçues. Au fil des ans, il a développé une écriture très personnelle qui abordait avec franchise des questions graves et tentait de rejoindre l’universel.»

«La dernière communication que j’ai eue avec lui, à son initiative, portait sur un projet de mobilisation pour soutenir les journalistes en lockout au Journal de Montréal. Il me faisait parfois penser à Don Quichotte et j’estime que nous sommes aujourd’hui collectivement endeuillés» a ajouté Louise Harel.

M. Gérald Tremblay, et la responsable de la culture, du patrimoine du design et de la condition féminine au comité exécutif de la Ville de Montréal, Helen Fotopulos, ont réagi au décès de M. Gil Courtemanche en transmettant une déclaration. «C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le décès de Gil Courtemanche, un confrère de classe», a rappelé Gérald Tremblay. «Par ailleurs, j’ai repensé à tout ce que ce Montréalais de naissance avait réalisé au cours de sa carrière. Il nous laissera le souvenir d’un homme de talent, d’un journaliste et d’un écrivain de premier ordre. Il a su nous faire partager l’affection qu’il portait particulièrement aux peuples du Rwanda, d’Haïti et d’Éthiopie pour lesquels il avait le plus grand respect. Son œuvre continuera à nous inspirer parce qu’elle est empreinte d’humanité.»

Helen Fotopulos a rappelé: «Nous nous sommes connus il y a de nombreuses années au cours desquelles nous avons développé une précieuse amitié complice. J’ai toujours admiré chez lui son engagement et sa détermination à nous faire prendre conscience de réalités souvent dures à affronter.» Elle a aussi expliqué: «En même temps, sa grande fragilité et sa sensibilité en auront fait l’être attachant que je garderai au fond de mon cœur pour l’éternité.»

En réaction au décès de monsieur Gil Courtemanche, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, madame Christine St-Pierre, a tenu à exprimer ses sincères condoléances à la famille et aux proches de cet homme qui a laissé sa trace dans les médias écrits et électroniques. «À la fois journaliste, écrivain, correspondant à l’étranger et animateur d’émissions d’information, Gil Courtemanche a toujours fait preuve d’un très vif esprit d’analyse porté par une franchise intellectuelle exemplaire», a déclaré la ministre St-Pierre. «Ses livres et son travail en information révèlent un homme de talent soucieux d’équité, de solidarité et de justice sociale», a-t-elle ajouté.

Au nom de l’aile parlementaire du Parti Québécois, la chef de l’opposition officielle et députée de Charlevoix, Pauline Marois, a offert ses condoléances à la famille, aux proches, amis et collègues du journaliste et écrivain Gil Courtemanche, décédé hier. «Gil Courtemanche faisait partie d’une classe à part. Engagé, la plume incisive, le verbe libre, il appartenait à un genre journalistique que nous voyons de moins en moins: celui qui dénonce. Toujours du côté des victimes, jamais complaisant avec les puissants, il nous aura fait découvrir des situations inacceptables, partout dans le monde, comme au Québec», a commenté la chef de l’opposition officielle.

Alors que la famine s’abat dans la corne de l’Afrique, Pauline Marois a tenu à rappeler que Gil Courtemanche avait été l’un des initiateurs, au retour d’un reportage en Éthiopie, du collectif d’artistes Les yeux de la faim en 1985. Il avait d’ailleurs écrit le texte de cette superbe chanson dont les fruits de la vente étaient destinés à soutenir les populations éthiopiennes. «Gil Courtemanche s’indignait, mais il agissait aussi. Il fut de ceux qui s’étaient dit:  » Jamais, plus jamais nous ne devons tolérer une telle situation! » Le simple fait de constater qu’il faut, encore aujourd’hui, intervenir dans cette crise humanitaire suffit à nous démontrer que nous aurons besoin d’autres Gil Courtemanche pour nous informer, nous indigner et nous faire changer», a déclaré Pauline Marois.

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