[Critique] Alice au pays des merveilles: l’art de se faire poser un lapin
Publié le: 5 mars 2010 à 9:59 (Dernière mise à jour: 5 mars 2010 - 9:59)
On se présente au rendez-vous en anticipant les merveilles, mais en 3D, Tim Burton nous a posé un lapin: la magie n’est pas au rendez-vous. Heureusement, il y a la 2D!
Mia Wasikowska est parfaite dans Alice au pays des merveilles
© Walt Disney Studios – Tous droits réservés, reproduite avec autorisation
Je ne vous cacherai pas que j’attendais avec impatience la dernière réalisation de Tim Burton, Alice au pays des merveilles (notre dossier complet en photos – toutes les vidéos – notre autre critique), qui arrive dans les salles du Québec et d’Amérique du Nord le 5 mars et mettant en vedette Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter et Anne Hathaway. Après tout, avec Burton à la barre, je n’avais pas d’inquiétude quant à la qualité du scénario et, à en juger par les images du film publiées au fil des derniers mois, je salivais déjà à l’idée de l’univers visuel que nous réservait le brillant réalisateur.
C’était sans compter sur ce qui est sans contredit le talon d’Achille du film: la technologie 3D. Là où des films tels que Up ou Avatar (notre dossier spécial – le junket de Zoe Saldana – notre première critique – notre deuxième critique) ont brillé, en nous plongeant dans un univers 3D véritablement magique, Burton a cafouillé. Dès les premières scènes du film, on a une impression de décors en carton, de personnages en surimpression sur un fond unidimensionnel. La situation s’améliore un peu quand Alice arrive dans l’univers magique de Wonderland, mais jamais au point où la 3D devient crédible.
Ceci étant dit, si l’on met de côté la tentative ratée pour nous impressionner en 3D et que l’on se tourne vers la 2D, on peut alors se concentrer sur le film, le scénario, les personnages et l’interprétation des acteurs. À ce niveau, on retrouve – pour la majeure partie – l’excellence à laquelle Burton nous a habitués.
L’intégration des acteurs et des images de synthèse est fort bien réussie, et lorsque l’on y ajoute des prestations remarquables comme celles d’Helena Bonham-Carter en Reine de Coeur, de Johnny Depp en Chapelier fou et de Matt Lucas en Tweedledee et Tweedledum, sans oublier Mia Wasikowska merveilleuse en Alice, on est comblé. Ajoutez à cela la chenille bleue et le chat du Cheshire, tous deux superbes. En fait, à mes yeux, il n’y a qu’Anne Hathaway qui n’est pas arrivée à me convaincre dans sa prestation de la Reine blanche. Il y a un je ne sais quoi de son interprétation qui semblait artificiel, comme quelqu’un qui essaie de donner une impression d’être éthérée, détachée, plutôt que de l’être véritablement. On ne s’interroge pas sur le délire du Chapelier fou: on oublie Depp et l’on croit au personnage. Avec la Reine blanche, on n’oublie pas Hathaway.
Au final, Alice au pays des merveilles – en 2D – s’avère un film divertissant, empreint de toutes les petites touches à la Burton – quelle finesse dans les détails! – qui font que l’on apprécie. Ce n’est peut-être pas le grand film que l’on attendait, mais ça demeure un film à voir. Néanmoins, pour la 3D, c’est la démonstration qu’après Avatar, on ne peut plus se permettre de couper les coins ronds et faire dans la demi-mesure si l’on veut prétendre à la crédibilité.
Cote (Version 2D): 








Cote (Version 3D): 








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