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[Critique] Alice au pays des merveilles: 3D bâclée!

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 4 mars 2010 à 12:57 (Dernière mise à jour: 7 mars 2010 - 7:48)

Après de longs mois d’attente, le Alice au pays des merveilles de Tim Burton déboule enfin dans les cinémas du Québec et d’Amérique du nord le 5 mars. Si on était en droit d’attendre un chef d’œuvre de ce film avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter et Anne Hathaway, la magie n’est pas au rendez-vous. Voici notre critique du film.

Mia Wasikowska est parfaite dans Alice au pays des merveilles
© Walt Disney Studios – Tous droits réservés, reproduite avec autorisation

Après le splendide mais insipide Avatar () de James Cameron, tous les amateurs du 7e Art attendaient avec impatience une œuvre qui donnerait ses lettres de noblesse à la technologie 3D. Le mélange d’Alice au pays des merveilles, de Tim Burton et du relief ne pouvait être que réussi. Malheureusement, ce n’est pas le cas et voici pourquoi.

Quand j’ai entendu James Cameron critiquer Tim Burton pour avoir choisi de tourner son Alice au pays des merveilles en 2D puis de le convertir en 3D, je me suis dit que le réalisateur d’Avatar ne faisait que prouver, une fois de plus, à quel point il est pédant. Mais non, force est d’avouer qu’il a raison. Si Tim Burton a justifié sa décision en expliquant qu’il avait été satisfait de la conversion de A Nightmare Before Christmas, le cinéaste a oublié que le standard technologique a changé. Désormais, un film en 3D ne se juge plus à l’aune de Journey to the Center of the Earth (premier long métrage en live-action et en relief); l’étalon est Avatar.

Du coup, en comparaison, Alice au pays des merveilles ) fait déjà figure de passé-date. Dans les séquences en live-action (action réelle pour les puristes de la langue française), la conversion ne fonctionne pas. Toutes les scènes du début souffrent d’ailleurs de ce défaut: si les personnages sont bien en relief, les arrière-plans sont, eux, bien plats. C’est particulièrement visible au début, dans les moments entre Alice et son père, dans les paysages de la campagne anglaise, dans la séquence de la calèche et dans toute scène mélangeant live-action et CGI (images générées par ordinateur).

Si la chenille et le merveilleux Chat du Cheshire (créés entièrement par ordinateur) sont des réussites époustouflantes, leur perfection ne fait que par trop ressortir les ratés technologiques du reste. De la même manière, la Reine de cœur (brillamment incarnée par Helena Bonham Carter) a subi un traitement informatique. Mais les proportions et les échelles ne sont, me semble-t-il, jamais les mêmes. On a donc une constante et fort désagréable impression de perte de repères spatiaux dans les séquences où elle interagit avec le Valet de cœur (Crispin Glover), le Chapelier fou (Johnny Depp) et Alice (Mia Wasikowska).

Comme il fallait s’y attendre, le scénario, signé Linda Woolverton (Le roi lion), est dans la plus pure tradition Walt Disney. Oui, Alice au pays des merveilles comporte un message qui s’adresse aux jeunes. Par contre, les personnages sont beaucoup plus étoffés que dans un «Disney» traditionnel et on sent là les effets conjugués de l’influence de Tim Burton et de l’apport des acteurs de gros calibre comme Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Mia Wasikowska et, dans une moindre mesure, Anne Hathaway (ses explications ).

Helena Bonham Carter, époustouflante en Reine de cœur dans Alice au pays des merveilles
© Walt Disney Studios – Tous droits réservés, reproduite avec autorisation

Le jeu tout en nuances de Johnny Depp est remarquable et la relation entre Alice et le Chapelier fou ne peut être décrite en quelques lignes, dans le cadre d’une critique de film. Les nuances d’expression de l’acteur, les changements presque imperceptibles de son maquillage et de ses costumes ainsi que certaines de ses répliques en font une réussite totale. On ne peut ainsi qu’espérer une nomination de Johnny Depp dans la catégorie du Meilleur acteur aux Oscars de l’an prochain.

Même chose pour Mia Wasikowska (notre ). Si le choix d’une actrice inconnue pour interpréter Alice, personnage iconique s’il en est un, aurait pu se solder par un échec retentissant, la qualité du jeu de la jeune femme fait d’elle, à postériori, le seul choix possible (un élément souligné par Johnny Depp ). Autre prestation digne de mention: celle d’Helena Bonham Carter en Reine de cœur. Servie par des dialogues à la limite de la folie la plus totale, la comédienne est ici en pleine forme et on sent qu’elle a pris un immense plaisir à incarner un personnage qu’elle aurait pu choisir de rendre plus «malsaine».

Ceci étant, Alice au pays des merveilles mérite-t-il le déplacement en salle et l’achat d’un billet? Oui, sans hésitation. Par contre, ne perdez pas votre temps à faire la queue pour une séance en 3D. Commencez pas une projection en 2D qui vous satisfera largement. Le relief ne vous servira ensuite, si vous avez 15$ supplémentaires à dépenser, qu’à admirer le Chat du Cheshire (qui pourrait, j’en profite pour passer ici un message à Disney, devenir un personnage de courts-métrages comme Scrat), la chenille (qui, Dieu merci, a échappé aux coupes des censeurs et fume encore son narguilé), les Tweedle (Matt Lucas a livre ici un travail qu’on imagine énorme, CGI oblige) et le fameux Lapin blanc.

Du coup, et pour la première fois, je vais donner deux notes au film: l’une pour la version en 2D (7 sur 10) et l’autre pour la version en 3D (5 sur 10). Ce qui me fait réaliser que ce n’est peut-être pas un hasard si les studios Disney ont décidé de retirer Alice au pays des merveilles des cinémas plus tôt que prévu. Au contraire de Up, réussite technologique magistrale, une sortie DVD et Blu-ray sera bénéfique au long métrage, car le relief d’Alice au pays des merveilles est inutile et laisse un goût désagréable.


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Commentaires

10 commentaires pour “[Critique] Alice au pays des merveilles: 3D bâclée!”
  1. Réal Chabot dit :

    Nous avons été voir le film au cinéma IMAX de Québec et moi et les enfants ont trouvé le film très intéressant. je le recommande à tous.

  2. kozma dit :

    film tres mauvais tim burton a masacré le mythe avec sons univers de zombis! c’est glauque c’est gris c’est pale il aurait du faire alice au pays des horreurs avec le johnny dep le toxico

    • mimi dit :

      Je trouve que tu n.as pas résons! Tim Burton as fais un super bon travaille! Il a apris un film pour enfants et l’a transformer en un film pour toute age, qui est difficile a faire!

    • Yasmine dit :

      Nooon Mwaa Jtrouuve Kséé Tréé Biien Reussi CeiiMéme Tréé interessant !!

  3. rttr dit :

    Super film

  4. massifane dit :

    je vais aller voir ce film. Quand ca critique, c que c bon. Croyez moi.

  5. Valentine dit :

    @kozma: Tim Burton n’a rien massacré, le film au départ de LEWIS CAROLL est gris, pale et glauque…alors renseigne toi avant de parler, et ne crois pas que la version disons ”original” de Disney est la vraie version, vu qu’elle ne l’est pas !!!

  6. cest coolllll ce film mais tres coll. mais je voutrais un 2. la c’est le plus beau film. tim burton c’est le plus fort des film sa me donne rever. et on si tu parle pour rien valentine

  7. jbarton valentine je voulais dir a @kozma

  8. Picsou dit :

    C’est vrai que le film peut être décevant par certains aspect car on a l’habitude d’attendre beaucoup de Burton et de Depp mais ce serait largement injuste que le film est raté, cela reste un très bon divertissement !

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