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[Entrevue] Les 1001 facettes de Brendan Fraser

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 20 janvier 2010 à 8:03 (Dernière mise à jour: 21 janvier 2010 - 17:42)

Brendan Fraser est venu présenter Extraordinary Measures à Montréal. Nous l’avons interviewé à cette occasion et avons parlé du film, présenté en version française sous le titre Mesures extraordinaires. Rencontre avec un acteur surprenant!

Brendan Fraser dans Mesures Extraordinaires
© Alliance VivaFilm – Tous droits réservés

On est habitué à voir Brendan Fraser dans des rôles d’adolescent attardé ou d’explorateur un peu nigaud. Mais, de temps en temps, cette acteur qui possède la nationalité canadienne et qui parle quelques mots de français, accepte un rôle dans un film plus «sérieux», il suffit de penser à Gods and Monsters ou à Crash. C’est aussi le cas dans Mesures extraordinaires (notre critique), dans lequel il incarne John Crowley, «un vrai homme, en chair et en os» nous dit-il, père de famille prêt à tout pour sauver ses enfants.

Décontracté et d’une gentillesse rare pendant l’entrevue, Brendan Fraser est d’un professionnalisme rigoureux, anticipant nos questions et passant, avec un humour pince sans rire, les messages importants de ce film. «Il faut se réinventer dans les rôles qu’on interprète. Ces opportunités viennent rarement, mais il faut rester alerte. Quand j’ai vu passer Extraordinary Measures, il a fallu que je coure après» nous explique-t-il.

Il confie avoir tout fait pour se métamorphoser, afin d’être crédible dans ce rôle de papa qui n’hésite pas à démissionner d’un travail payant pour démarrer sa propre entreprise, embaucher des médecins et des scientifiques qui développeront un médicament pour la maladie de Pompe, une affliction génétique mortelle dont sont atteints deux de ses trois enfants. Et c’est pour cela qu’il a pris du poids dit-il avec un grand sourire, répondant de lui-même à la question que nous n’osions poser directement!

Mais il n’a pas cherché à ressembler au vrai John Crowley, une mission qu’il savait impossible à réussir. Il a préféré, en s’inspirant de l’homme, créer un personnage de cinéma auquel le public peut croire. Et cette manière d’aborder son rôle lui a évité la nervosité et la gêne que connaissent bon nombre de comédiens qui incarnent leurs contemporains au grand écran. «Je me suis concentré sur son essence» souligne-t-il. Et même s’il admet qu’on ne peut jamais vraiment connaître quelqu’un, «il a, dans le film, fait [s]es propres choix d’acteur» en fonction de ce qu’il percevait de ce père courage.

En plus d’une collaboration de tous les instants entre Brendan Fraser et John Crowley – l’homme d’affaires lui ouvrant toutes grandes les portes de sa maison et lui présentant sa femme Aileen et leurs enfants – l’acteur a aussi pu compter sur la présence de Harrison Ford, qui, en plus d’incarner le Dr. Stonehill («un personnage, condensé de plusieurs médecins ayant aidé John Crowley»), agit à titre de co-producteur du long métrage. «Mais non, pas du tout!» s’exclame-t-il quand nous lui faisons remarquer que c’est lui, Brendan Fraser, qui est en tête d’affiche de Extraordinary Measures et non Harrison Ford, une première depuis Star Wars. «C’est bien l’ordre alphabétique. Vous voyez, «Fr» arrive normalement avant «Fo»!». Et, un éclat de rire plus tard, la question est éliminée avec un «n’y voyez rien d’autre qu’un alignement de noms!».

Mais pour Brendan Fraser, l’un des aspects les plus importants de Mesures extraordinaires est le fait que «la production n’a pas du tout eu envie de prendre les spectateurs pour des imbéciles en donnant des explications simplifiées». Ce sont donc les termes scientifiques qui sont utilisés pour parler et décrire la maladie de Pompe, de la même manière que les acteurs prononcent «des mots de plusieurs syllabes» et ont évité «de prendre les gens pour des enfants». C’est ainsi que le Dr. Hung Do, «l’un des scientifiques qui a collaboré avec John Crowley» a agi à titre de consultant pendant le tournage. «Il a donné des cours à Harrison Ford. Résultat, toutes les équations qu’il écrit sont vraies et vérifiables».

Au contraire de la majorité des productions tirées d’histoires vécues, Mesures extraordinaires n’est pas du tout un «tear jerker» en bon anglais (un film qui arrache des larmes en bon français). Il n’y a pas, non plus, d’agenda politique caché, même si le débat sur l’assurance maladie fait, en ce moment, rage aux États-Unis. «Cela fera écrire les critiques de cinéma en tout cas!» répond Brendan Fraser en riant quand on lui en fait la remarque. «C’est une coïncidence totale, il faut que je le précise. Ce n’est pas du tout un film à débat ou à controverse» insiste-t-il. Et, pour illustrer son propos, il précise: «Mesures extraordinaires est un film humain, il n’y a pas d’ennemis, ni de méchant… à part le temps, qui est une abstraction».

Et, en guise de conclusion, il ajoute: «Il faut que le public soit conscient que le film n’est pas construit comme un drame habituel. Il n’y a pas de début, de milieu ou de fin». Par contre, «le spectateur a une certitude: ces enfants vont mourir; leur espérance de vie est de huit ans. Sauf si on fait quelque chose. C’est là que John intervient». Rappelons que Mesures extraordinaires prend l’affiche, au Québec, le 22 janvier.


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