L'innocence de l'ange
[Critique] Saoirse Ronan: l’ange de Peter Jackson
Publié le: 14 janvier 2010 à 17:21 (Dernière mise à jour: 17 janvier 2010 - 5:22)
L’innocence de l’ange, film de Peter Jackson, met en vedette Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Susan Sarandon, Stanley Tucci et Saoirse Ronan. Voici notre critique du long-métrage, qui prend l’affiche au Québec et en Amérique du Nord demain, le vendredi 15 janvier.
Saoirse Ronan dans L’innocence de l’ange
© Paramount Pictures – Tous droits réservés
Avertissement préalable. Je ne lis (ou relis) plus les romans avant les visionnements, mais après. En effet, je considère qu’une adaptation cinématographique est une interprétation, une relecture d’un ouvrage et doit être considérée indépendamment du livre qui a servi de base. Sinon, c’est ne pas rendre justice au travail des réalisateurs et scénaristes. En ce qui concerne The Lovely Bones (notre dossier), présenté en version française sous le titre L’innocence de l’ange, j’ai donc lu le roman d’Alice Sebold le lendemain du visionnement du film de Peter Jackson.
Susie Salmon est une adolescente de 14 ans, brillamment interprétée par Saoirse Ronan, qui mérite sans doute aucun une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice. Brutalement assassinée – Peter Jackson ne nous en dira pas plus et c’est très bien comme ça – par un voisin (Stanley Tucci, dont le jeu est bon, mais n’a pas généré chez moi les hurelements d‘extase entendus chez mes voisins américains), Alice regarde, du «paradis» (en fait, de son antichambre), la vie qu’elle a laissé derrière elle. Ses amis, son amoureux, son frère, sa soeur, ses parents (Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Susan Sarandon), entremêlant le tout de souvenirs et de rage.
Car elle éprouve une haine indicible pour son assassin, qu’elle veut voir mort puisqu’il la prive de l’existence et des bonheurs qu’elle aurait du vivre. Et comme Alice n’arrive pas à se détacher de son passé, ses parents sont incapables de la laisser partir. Son père s’enferme dans la douleur, cherchant à tout prix à démasquer son assassin, tandis que sa mère, folle de douleur, s’exile.
Pour décrire ces drames et ces personnages, Pater Jackson prend sa caméra la plus poétique, celle utilisée pour filmer son Arwen (Liv Tyler) dans Le seigneur des anneaux. Il se laisse aller à imaginer le paradis de Suzie et livre de très belles séquences qui ressemblent d’ailleurs à What Dreams May Come. Par contre, qu’on ait lu le roman ou non, quelques petites choses dérangent. On sent que le réalisateur et ses deux scénaristes n’ont pas exactement su comment présenter le film. Ils se sont donc sentis obligés d’inclure des éléments (dialogues ou visuels) qui ressemblent à un thriller. Histoire de soulager un peu le public et d’éviter trop de lourdeur, le personnage de la grand-mère (Susan Sarandon) en devient caricatural et certaines scènes traînent un peu trop en longueur.
Les amateurs du roman d’Alice Sebold crieront au massacre tant on a l’impression que certains éléments ont été changés pour le seul plaisir de l’exercice. Je pense que Peter Jackson a tout simplement voulu livrer sa version de l’histoire de Susie Salmon. Et, malgré quelques défauts, elle est très belle. L’innocence de l’ange mérite donc d’être vu, sans être comparé au livre.
Cote: 








Publié le: 14 janvier 2010 à 17:21 (Dernière mise à jour: 17 janvier 2010 - 5:22)
L’innocence de l’ange, film de Peter Jackson, met en vedette Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Susan Sarandon, Stanley Tucci et Saoirse Ronan. Voici notre critique du long-métrage, qui prend l’affiche au Québec et en Amérique du Nord demain, le vendredi 15 janvier.
Saoirse Ronan dans L’innocence de l’ange
© Paramount Pictures – Tous droits réservés
Avertissement préalable. Je ne lis (ou relis) plus les romans avant les visionnements, mais après. En effet, je considère qu’une adaptation cinématographique est une interprétation, une relecture d’un ouvrage et doit être considérée indépendamment du livre qui a servi de base. Sinon, c’est ne pas rendre justice au travail des réalisateurs et scénaristes. En ce qui concerne The Lovely Bones (notre dossier), présenté en version française sous le titre L’innocence de l’ange, j’ai donc lu le roman d’Alice Sebold le lendemain du visionnement du film de Peter Jackson.
Susie Salmon est une adolescente de 14 ans, brillamment interprétée par Saoirse Ronan, qui mérite sans doute aucun une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice. Brutalement assassinée – Peter Jackson ne nous en dira pas plus et c’est très bien comme ça – par un voisin (Stanley Tucci, dont le jeu est bon, mais n’a pas généré chez moi les hurelements d‘extase entendus chez mes voisins américains), Alice regarde, du «paradis» (en fait, de son antichambre), la vie qu’elle a laissé derrière elle. Ses amis, son amoureux, son frère, sa soeur, ses parents (Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Susan Sarandon), entremêlant le tout de souvenirs et de rage.
Car elle éprouve une haine indicible pour son assassin, qu’elle veut voir mort puisqu’il la prive de l’existence et des bonheurs qu’elle aurait du vivre. Et comme Alice n’arrive pas à se détacher de son passé, ses parents sont incapables de la laisser partir. Son père s’enferme dans la douleur, cherchant à tout prix à démasquer son assassin, tandis que sa mère, folle de douleur, s’exile.
Pour décrire ces drames et ces personnages, Pater Jackson prend sa caméra la plus poétique, celle utilisée pour filmer son Arwen (Liv Tyler) dans Le seigneur des anneaux. Il se laisse aller à imaginer le paradis de Suzie et livre de très belles séquences qui ressemblent d’ailleurs à What Dreams May Come. Par contre, qu’on ait lu le roman ou non, quelques petites choses dérangent. On sent que le réalisateur et ses deux scénaristes n’ont pas exactement su comment présenter le film. Ils se sont donc sentis obligés d’inclure des éléments (dialogues ou visuels) qui ressemblent à un thriller. Histoire de soulager un peu le public et d’éviter trop de lourdeur, le personnage de la grand-mère (Susan Sarandon) en devient caricatural et certaines scènes traînent un peu trop en longueur.
Les amateurs du roman d’Alice Sebold crieront au massacre tant on a l’impression que certains éléments ont été changés pour le seul plaisir de l’exercice. Je pense que Peter Jackson a tout simplement voulu livrer sa version de l’histoire de Susie Salmon. Et, malgré quelques défauts, elle est très belle. L’innocence de l’ange mérite donc d’être vu, sans être comparé au livre.
Cote: 








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