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Jean-Marc Vallée: pour l’amour d’une reine

Marc-André Lemieux - Métro Montréal
Publié le: 12 décembre 2009 à 0:25 (Dernière mise à jour: 17 décembre 2009 - 17:00)

Jean-Marc Vallée était à Montréal pour présenter The Young Victoria, dont le titre en version française est Victoria, les jeunes années d’une reine. Voici une entrevue du réalisateur et les photos du tapis rouge de la première du film.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée
PHOTO: © Lebuzz.info/Benoit Bisson – REPRODUCTION INTERDITE

Avant The Young Victoria (), Jean-Marc Vallée considérait la monarchie avec désintérêt. De son propre aveu, le cinéaste baignait dans l’indifférence la plus totale lorsqu’on lui parlait du régime politique du Royaume-Uni, de ses sujets et de ses scandales. «Comme la plupart des Qué­bécois, je n’en avais rien à foutre», admet-il. Comme les choses ont changé. Aujourd’hui, Jean-Marc Vallée voue un grand respect aux monarques de ce monde. Un sentiment qui résul­te, selon lui, de son immersion dans l’univers d’une des plus célèbres reines d’Angle­terre et de ses rencon­tres avec la duchesse d’York, Sarah Ferguson (coproductrice du film), et son ex-mari, le prince Andrew. «Ils m’impressionnent», révèle le réalisateur. «C’est correct qu’ils habitent dans un château et qu’ils vivent dans le luxe parce qu’ils mettent leur vie au service des autres. Ils contribuent à préser­ver les traditions et donnent l’exemple».

Produit par Martin Scorsese et son complice Graham King, The Young Victoria aborde l’épineuse question du rôle d’une souveraine, qui, contrairement à la croyance populaire, ne consiste pas seulement à saluer poliment la foule en public. L’héroïne dépeinte par Jean-Marc Vallée, d’après un scénario de Julian Fellowes (Gosford Park), apprend très tôt à ne pas sous-estimer les conséquences de ses actes sur ses concitoyens, qui la voient comme un modèle. Mais au-delà de ces considérations politiques, The Young Victoria est avant tout une histoire d’amour entre une jeune femme de 17 ans incarnée par Emily Blunt (The Devil Wears Prada) et un prince campé par Rupert Friend (Pride and Prejudice). Manifeste à l’audition, la chimie entre les deux acteurs opère à l’écran grâce à un habile jeu de chasse à la souris, indique Vallée. «Tout est dans le regard, dans la distance qui les sépare, précise le cinéaste. J’ai joué la carte sentimentale. Faut croire que je suis un gars romantique!».

Disposant d’un échéancier de 50 jours pour le tournage et d’un budget de 35 M$ (contrairement à 7 M$ pour C.R.A.Z.Y.), Jean-Marc Vallée a savouré chaque seconde de son aventure victorienne, qu’il décrit comme «la plus belle expérience de travail de sa vie». «Mais j’ai bossé très fort», ajoute-t-il. «J’ai maigri et j’ai perdu des cheveux!». En tant qu’étranger, le réalisateur de 36 ans voulait être à la hauteur. «J’ai fait mes devoirs: je me suis tellement renseigné que je suis presque devenu un expert en matière de monarchie», dit-il. «Je voulais que le film ait une saveur locale. Je ne voulais pas qu’on ait l’impression qu’il avait été fait par un Nord-Américain».

Afin de conférer à The Young Victoria la couleur souhaitée, Jean-Marc Vallée s’est doté d’une distribution entièrement britannique et a tourné chaque scène du long métrage à l’intérieur des frontières du royaume de la reine Élisabeth II. Le choix des musiques a aussi contribué à donner au drame biographique le ton désiré. Comme il l’avait fait pour C.R.A.Z.Y., Jean-Marc Vallée s’est lancé dans une exploration ambitieuse. Cette fois-ci, par contre, à défaut d’explorer les vieux albums de David Bowie et des Rolling Stones, le mélomane s’est tourné vers un répertoire plus classique. «Chercher la bonne pièce pour accompagner la bonne scène est pour moi un plaisir immense», note-t-il. «Comme je n’avais pas écrit le scénario, j’ai demandé une réécriture à Julian en fonction des tounes que je choisissais».

C’est ainsi que le prince Albert s’est retrouvé avec un goût prononcé pour l’œuvre de Schubert. «C’est une liberté qu’on a prise. Je savais qu’il était un passionné de musique et qu’il savait jouer du piano. On s’en est donc servi dans ses correspondances avec Victoria: au lieu de lui envoyer un mixtape ou une compile sur CD, il lui fait parvenir les partitions d’une pièce de Schubert». D’après les échos de son conseiller en histoire, qui a assisté à une projection privée du film en compagnie de la reine Élisabeth II, cette dernière a réservé un bel accueil à The Young Victoria. «Elle a trouvé ça bien fait, overall. Elle a rigolé. Elle a aimé l’histoire d’amour, dit Jean-Marc Vallée. Mais on m’a dit qu’elle avait relevé quelques erreurs d’étiquette, des trucs qui n’étaient pas placés au bon endroit…».

Tapis rouge du film The Young Victoria
(Victoria, les jeunes années d’une reine)

PHOTOS: © Lebuzz.info/Benoit Bisson – Tous droits réservés
Cliquer pour agrandir et visionner le diaporama

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