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[Critique] Up in the Air, subtil, nuancé, brillant

Par - 11 décembre 2009 - 4:47 | Dermière mise-à-jour: 14 décembre 2009 - 4:48 Imprimer

Dans une année où les films tape-à-l’oeil aux scénarios insipides ont été légion, Up in the Air, la dernière réalisation de Jason Reitman mettant en vedette George Clooney, Vera Farmiga et Anna Kendrick est une véritable bouffée d’air frais.

George Clooney, brillant dans Up in the Air
© Paramount Pictures – Tous droits réservés

Up in the Air () nous plonge dans la vie de Ryan Bingham (George Clooney), une vie qui semble organisée aussi impeccablement que sa valise. Il parcourt inlassablement les États-Unis en avion, allant de ville en ville pour son entreprise, spécialisée en licenciement de personnel. Autant il connaît sur le bout des doigts les réponses les plus humaines à donner aux gens auxquels il annonce la nouvelle dévastatrice qu’ils ont perdu leur emploi, autant il s’est distancé de tout ce qui pourrait représenter un attachement humain ou un élément émotif pour lui-même. Alors, pour Ryan, les aéroports et les avions sont devenus un foyer, un cocon même, où le plus important est la fidélité à sa ligne aérienne, à sa chaîne d’hôtels, à sa firme de location de voitures. Et comme il s’est convaincu d’avoir trouvé le mode de vie idéal, libre de toutes attaches, il donne même des ateliers pour sensibiliser les autres au fardeau émotif que constituent famille, amis, attaches, même les objets personnels, bibelots et souvenirs. En fait, sa plus grande ambition personnelle est d’atteindre le très sélect club des privilégiés ayant accumulé 10 millions de milles aériens auprès de sa compagnie aérienne.

Les plans – et le quotidien – de Ryan sont bousculés lorsqu’une jeune femme, Natalie Keener (Anna Kendrick), fraîchement émoulue de l’université, séduit le patron de son entreprise avec ses idées, d’autant plus qu’elles permettront d’économiser une petite fortune: les congédiements pourront dorénavant se faire par téléconférence! Plus besoin de voyager, on peut rester à la maison et avoir une vie! Évidemment, Ryan veut prouver que Natalie se trompe et il l’amène sur le terrain pour qu’elle constate à quel point son idée est farfelue. Une autre femme arrive dans le décor, Alex Goran (Vera Farmiga), qui semble coulée du même moule que Ryan, accumulant les cartes fidélité, les milles aériens et les aventures d’un soir au gré des horaires de vol. Elle est tellement parfaite que Ryan commence à penser à ce qui avait toujours semblé impensable.

Bon, je sais, ce n’est pas nécessairement présenté très clairement, mais je vous assure que c’est tout à fait volontaire. Pas question de vendre quelque mèche que ce soit de ce petit bijou cinématographique que nous a concocté Jason Reitman. On disait, avant même la sortie du film, qu’il pourrait s’agir d’un prétendant sérieux à au moins un Oscar, pour Clooney, et possiblement plus. Tout à fait d’accord. Si Reitman a adapté le roman de Walter Kirn avec Clooney en tête, on comprend vite pourquoi. Le personnage, à prime abord un cynique qui s’est blindé et trouvé l’échappatoire par excellence à tout engagement émotif, n’est pas aussi blindé qu’il le pense. Clooney réussit merveilleusement bien à nous laisser entrevoir les brèches par sa prestation toute en nuances.

Cependant, pour que l’armure du beau George commence à craquer, il faut qu’un déclic se produise. En boxe, on dirait qu’il s’est tapé un crochet de gauche puis un crochet de droite. Le premier est servi de main de maître par Anna Kendrick, et le second, avec tout autant de brio, par Vera Farmiga. Ces trois personnages sont, d’une certaine façon, trois facettes d’une même réalité. Chacun des trois s’évade d’une façon quelconque. Toutefois, c’est lorsqu’un contact s’établit entre eux que certains comportements seront amenés à changer. Et le soufflé lève – et ne se dégonfle pas – d’abord et avant tout par l’excellence de ces trois acteurs et des dialogues que leur a pondu Reitman.

Évidemment, il y a plus. Il y a les plans et mouvements de caméra et les couleurs du film, la texture des images, autant d’éléments utilisés avec autant de finesse que le jeu des acteurs: l’impersonnel des aéroports, la chaleur d’un mariage de famille, l’enchaînement des visages et des réactions des gens que l’on congédie, tout contribue à créer l’atmosphère, à mettre en relief les façades versus les émotions. Une collègue me faisait remarquer que Reitman avait été brillant avec son Thank You for Smoking. Je l’avais particulièrement apprécié avec Juno. Avec Up in the Air, on retrouve le meilleur des deux, et plus. Vraiment excellent.

Cote: ★★★★★★★★☆☆ 

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Un commentaire


  1. creff, 2 années il y a

    votre regard sur le film me plait autant que le film
    ce qui est éblouissant c’est le passage d’un pratique impitoyable à une prise de conscience tardive
    vraiment intelligent ce film