[Critique] Invictus: Clint Eastwood fait un peu dans le cliché
Publié le: 11 décembre 2009 à 4:38 (Dernière mise à jour: 11 décembre 2009 - 4:39)
Invictus, le nouveau Clint Eastwood prend l’affiche au Québec et en Amérique du Nord le 11 décembre. Le film met en vedette Matt Damon dans le rôle de Francois Pienaar et Morgan Freeman dans celui de Nelson Mandela. En voici notre critique.
Une scène de Invictus
© Warner Bros – Tous droits réservés
Quand un réalisateur de la trempe de Clint Eastwood sort un film, il est inévitable qu’on se livre à des comparaisons avec ses œuvres précédentes. Résultat, Invictus (notre dossier complet – le junket avec Morgan Freeman – le junket avec Clint Eastwood) est moins «léché» que Gran Torino (notre dossier – notre critique), ce qui n’empêche pas que ce soit un long métrage solide. Car Invictus, qui met en vedette Matt Damon dans le rôle de Francois Pienaar et Morgan Freeman dans celui de Nelson Mandela, et qui prend l’affiche au Québec et en Amérique du Nord le 11 décembre, demeure un film fort.
Dès les premières images du film, on entre tout de suite dans le vif du sujet: nous sommes le 11 février 1990, Nelson Mandela vient d’être libéré de prison après 27 ans derrière les barreaux. Et, immédiatement, le ton est donné. Les Afrikaners jouent au rugby, pendant que les noirs des townships tapent dans un ballon de football. Fast forward en 1993. Madiba est devenu le premier président noir d’Afrique du Sud et, malgré tous ses efforts, le pays reste profondément divisé. De fausses images d’archives parlent de guerre civile latente et il revient au chef d’État d’éviter le clash à tout prix.
Mandela a alors une idée géniale dans sa simplicité: utiliser le sport comme fédérateur de la population du pays, construire l’identité de la nouvelle «rainbow nation» (nation arc-en-ciel) autour de l’équipe de rugby. Mais la tâche est plus difficile qu’il n’y paraît au premier abord. Car les noirs ont toujours détesté les joueurs des Springboks, symbole à leurs yeux, du régime de l’apartheid. Il demande alors à Francois Pienaar, capitaine de l’équipe (qui ne comprend qu’un seul joueur noir) d’entraîner ses hommes pour tenter de remporter la victoire lors de la Coupe du monde de rugby en 1995. Évidemment, on connaît la fin, elle appartient désormais à l’histoire de ce sport.
Les dialogues sont très bons et on sent Anthony Peckham, scénariste responsable de l’adaptation de l’ouvrage de John Carlin intitulé Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation, inspiré par ses personnages. Nelson Mandela y a des accents indéniables de Gandhi: même logique, même idéalisme, même simplicité désarmante. Seul problème, on met du temps à d’adapter à Morgan Freeman (ce qui est tout à fait normal) et je n’arrive pas encore à savoir si l’acteur rend justice au prix Nobel de la paix ou pas, sa prestation paraissant un peu fade à certains moments. De plus, certains aspects de la vie de Madiba sont passés sous silence, comme sa séparation d’avec Winnie Mandela et les conflits internes à l’ANC.
Par contre, Matt Damon crève l’écran. Il est parfait en Francois Pienaar et arrive parfaitement à faire passer sa compréhension des objectifs de Mandela, sa «conversion» pourrait-on dire. S’il ne ressemble pas vraiment physiquement à l’ancien capitaine des Springboks, il en a compris le raisonnement et les subtilités. Autre faiblesse d’Invictus, la dernière partie du film, entièrement consacrée aux matches de la Coupe du monde. Très bien filmées au ralenti, ces séquences sont néanmoins truffées de clichés. A-t-on vraiment besoin de voir la mère de Francois Pienaar serrer le bras de la domestique noire qu’elle ignore depuis des années pour comprendre que cette victoire donne naissance à une nouvelle Afrique du Sud? Je n’en suis pas si sûre.
Autre faiblesse, la longueur de ces scènes. Alors que le reste du film est mené presque tambour battant, la Coupe du monde s’éternise (peut-être parce que je ne suis pas amatrice de ce sport, mais quand même). Passées les premières images, ça devient un peu redondant. Clint Eastwood a probablement voulu souligner le ralliement de la population sud-africaine autour de son équipe. Mais, à force de vouloir faire passer son message, le réalisateur oublie que les cinéphiles qui vont voir ses films ne sont pas des abrutis. Et oui, pour une fois, il tombe dans l’inutile répétition.
Cote: 








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j’ ai apprécié le film, mais la coupe du monde 1995 a été volée par les sud-africains… Il y a eu triche passée sous silence, et meme si cela a réuni les peuples, cela laisse un goût amer… demandez aux rugbymen français et à leurs 2 essais refusés en demi-finale… et aux all-blacks tous victimes d’ une épidémie de gastro le jour de la finale… bref!
appart ça, je trouve les sequences de rugby bien filmée, meme si il y a quelques menues erreurs sur l’ arbitrage et le jeu, mais infimes pour le grand public. je trouve la partie rugbystique agréable, et pas du tout ennuyeuse, et je trouve normal que Eastwood y mette l’ accent, le film tourne autour de la coupe du monde je vous rappelle!
Arrêtez de critiquer ce film émouvant et exaltant de bout en bout, pour moi c’est un chef-d’oeuvre, un de plus, de l’immense Clint Eastwood.
On est dans l’émotion dès la première image, on n’a pas besoin d’attendre un quart d’heure pour comprendre de quoi il s’agit.
Ils me font rire ceux qui vous présentent ces films intellos en se targuant d’avoir voulu ceci ou cela. Voici un film pour le grand public dont je fais partie, on est subjugué par les acteurs et la mise en scène, simple, parlante, magnifique. Quant au rugby, moi qui suis fan, c’était superbe. Cela peut sembler long si l’on n’aime pas le rugby, mais en ce qui me concerne, j’ai vibré jusqu’à la fin, même si j’en connaissais l’issue. On sort de là heureux, en larmes, et c’est à ça que l’on juge de la qualité d’un film. Bravo Clint.
Je viens de voir ce film, je l’ai adoré. C’est vrai stop à tous ces pseudos-intellos qui cherchent toujours à critiquer.
Si l’on peut trouver des failles dans la transcription au point
de vue politique ou dans le jeu du rugby, ça je ne sais pas, mon
frère pratiquait ce sport adolescent ensuite il est devenu inspecteur de police…Si le cinéma ne peut plus accorder le droit de réver,il y a suffisamment de douleurs à travers le monde…
et en regardant ce film on sait très bien que les problèmes de ségrégation ne seront jamais résolus et pas seulement pour nos couleurs de peau… mais qu’essayer c’est déjà ça.
Jeter un regard critique sur quelque chose ne signifie pas que l’on n’aime pas ou que l’on n’approuve pas. D’ailleurs, il faut commencer par savoir faire la différence entre le message et la forme, en l’occurence – dans ce cas-ci – le cinéma. Ce n’est pas être ‘pseudo-intello’ que de faire preuve de discernement, de voir les bons et les mauvais côtés de quelque chose, qu’il s’agisse d’un film, de musique, de bouffe, bref de n’importe quoi. Tout n’est pas blanc ou noir, parfait ou pourri.