Roman Polanski de retour chez lui, libéré sous caution
Publié le: 5 décembre 2009 à 8:27 (Dernière mise à jour: 5 décembre 2009 - 8:27)
Roman Polanski a été libéré sous caution et est désormais de retour dans son chalet de Gstaad, en Suisse. La justice suisse devra se prononcer, dans les prochaines semaines, sur la demande d’extradition du réalisateur, faite par les autorités américaines.
Les abords du chalet de Roman Polanski, à Gstaad
© FAME PICTURES – REPRODUCTION INTERDITE
Roman Polanski est désormais de retour chez lui, dans son chalet de Gstaad, où il a retrouvé sa femme, Emmanuelle Seigner et leurs deux enfants, Elvis, neuf ans, et Morgane, 16 ans. La justice suisse a en effet accepté sa demande de libération sous caution, malgré le fait que le réalisateur de 76 ans possède un lourd passé de fuite. Les avocats du cinéaste oscarisé ont versé une caution de 4,5 millions de dollars, somme qui serait conservée par l’État Suisse si Polanski ne respectait pas les conditions de sa libération sous caution.
Celles-ci sont simples. Roman Polanski doit demeurer à l’intérieur de son chalet de trois étages en tout temps et il n’a pas le droit de franchir, sous quelque prétexte que ce soit, les limites de la propriété. Il peut, par contre, circuler librement à l’intérieur de sa maison, se servir du téléphone, communiquer librement avec l’extérieur et travailler. Rappelons que le réalisateur – qui possède la double nationalité française et polonaise – a été arrêté le 26 septembre dernier, alors qu’il se rendait au Festival du film de Zurich, où il devait recevoir un prix pour l’ensemble de son œuvre.
Le réalisateur a également donné au tribunal la totalité de ses papiers d’identité et a accepté de porter un bracelet électronique. Ce dispositif, dont l’utilisation est nouvelle en Suisse, permet de s’assurer que Roman Polanski ne sort pas de chez lui. Dès qu’il dépasse le périmètre autorisé, une alarme prévient immédiatement les policiers du comté de Gstaad. C’est d’ailleurs le fait que les avocats de Roman Polanski aient proposé l’utilisation de ce bracelet électronique (avec, bien sûr, l’importance de la somme versée en caution) qui a convaincu le tribunal Suisse de faire assigner le réalisateur à résidence plutôt que de le garder en prison.
Rappelons que c’est à la demande de la juste américaine que Roman Polanski a été arrêté. En 1977, le réalisateur avait été accusé d’avoir drogué Samantha Geimer, alors adolescente de 13 ans avec du champagne et un comprimé de Quaalude et de l’avoir forcée à commettre certains actes sexuels pendant une séance de photos dans la résidence de l’acteur Jack Nicholson à Hollywood. Roman Polanski avait toujours clamé son innocence dans l’affaire du viol, indiquant que la jeune fille était d’accord et n’avait plaidé coupable qu’à un seul chef d’accusation, celui d’avoir eu des relations sexuelles illégales avec une mineure.
Roman Polanski avait fui les États-Unis avant d’être condamné et un mandat d’arrestation international avait été émis contre lui en 1978. Le cinéaste vit en France depuis, et n’est jamais retourné aux États-Unis ni dans aucun pays susceptible de l’extrader. Plus tôt cette année, les avocats de Polanski avaient tenté de faire annuler le mandat d’arrêt, soulignant – en se basant sur des preuves présentées dans le documentaire Roman Polanski: Wanted and Desired – que le juge de l’époque s’était mal conduit. Quant à Samantha Geimer, aujourd’hui âgée de 45 ans, elle s’est dite favorable à l’abandon des poursuites il y a plusieurs années.
La justice Suisse fera connaître sa décision d’extrader ou non Roman Polanski vers les États-Unis dans quelques semaines. Les avocats du cinéaste pourront alors, au choix, accepter cette décision ou la porter en appel. Si le réalisateur décide de faire appel, son séjour à Gstaad pourrait durer des mois de plus.
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