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[Critique] La véritable Precious Jones: entre désespoir et résilience

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 27 novembre 2009 à 6:46 (Dernière mise à jour: 30 novembre 2009 - 8:56)

Réalisé par Lee Daniels, Precious, présenté au Québec en version française sous le titre La véritable Precious Jones, met en vedette Gabourey Sidibe, Mo’Nique, Paula Patton, Mariah Carey, Sherri Shepherd et Lenny Kravitz. Voici notre critique du film qui sort aujourd’hui en salle au Québec.

[Critique] La véritable Precious Jones: entre désespoir et résilience

Une scène de Precious
© Maple Pictures – Tous droits réservés

Claireece Precious Jones (Gabourey Sidibe, actrice inconnue, impressionnante) a 16 ans. Elle vit à Harlem avec une mère abusive (Mo’Nique, remarquable, qui livre ici une prestation digne d’un Oscar de la meilleure actrice de soutien). Enceinte de son deuxième enfant, fruit d’un viol, l’adolescente obèse ne sait ni lire ni écrire malgré ses années passées sur les bancs de l’école. Constamment maltraitée – par sa mère, son père et ses condisciples – Precious Jones s’est retranchée dans son monde, un monde dans lequel elle est blanche, blonde, mince, dans lequel elle chante, elle danse et surtout où elle est aimée ().

Quand la directrice de son école l’inscrit dans une école alternative, Precious découvre enfin, avec sa professeure (Paula Patton) et ses camarades de classe, un semblant de normalité. Elle apprend petit à petit à communiquer, à raconter son histoire et prend conscience de l’horreur de la situation dans laquelle elle se trouve. Au premier degré, le message est simpliste: La véritable Precious Jones (titre de la version française présentée au Québec) est une histoire d’espoir, celui qu’on peut toujours – ou presque – s’en sortir, qu’il suffit de le vouloir pour le pouvoir.

En creusant, en ressassant le film après le visionnement, en se remémorant des séquences-clés, on découvre toute la richesse de Precious, film adapté, par Lee Daniels, du roman Push, énorme succès en librairie en 1996. D’abord, c’est un terrible constat social, fait sans haine ni violence (on est loin de Spike Lee). C’est la présentation d’une société malade, incapable de prendre soin de ses enfants, c’est l’échec du système social du pays le plus riche du monde. Mais c’est aussi un hommage au courage: celui d’affronter la réalité, de faire des choix, même quand on pense qu’il n’y a aucune issue.

Lee Daniels aurait pu faire un film lourd, pesant. Grâce à d’habiles séquences plus légères (dont certaines ne sont d’ailleurs pas dans le roman), le spectateur a le temps de reprendre son souffle, de ne pas se retrouvé submergé par tant de haine gratuite et tant de violence physique et psychologique. Si la séquence finale est d’une dureté peu commune, on ressort néanmoins de la projection le cœur lourd, certes, mais rempli d’un espoir qu’on ne sait pas trop à quoi attribuer. Peut-être le fait que, quoi qu’il arrive, l’être humain ne perd jamais cette flamme… un message à rapprocher de celui de The Road (Junket avec Viggo Mortensen), qui sort aussi aujourd’hui.

Cote: ★★★★★★★★☆☆ 


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