[Critique] La leçon d’humanité de The Road
Publié le: 27 novembre 2009 à 5:22 (Dernière mise à jour: 27 novembre 2009 - 10:07)
The Road, La route en version française, met en vedette Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Charlize Theron, Robert Duvall, Guy Pearce. Réalisé par John Hillcoat, le film prend l’affiche vendredi au Québec et au Canada. Voici notre critique du film.
Une scène de The Road
© Alliance VivaFilm – Tous droits réservés
J’ai arrêté de comparer film et livre l’an dernier, au moment de la sortie de The Reader en salle. Si le long métrage n’avait pu saisir toutes les subtilités du livre, il n’en demeurait pas moins bon. Mais, parce que j’avais relu le livre la veille du visionnement, j’en suis sortie déçue. Apprenant de mes erreurs, je n’ai pas fait celle-ci avec The Road (notre dossier complet – Junket avec Viggo Mortensen). Oublié donc, le roman de Cormac McCarthy, car je reste persuadée qu’on ne peut adapter une œuvre au grand écran sans la trahir (à titre d’exemple, une fois le livre lu, l’épique Gone With the Wind de Victor Fleming est-il aussi bon?).
Que trouve-t-on, donc, sur grand écran? Les décors et les couleurs de Javier Aguirresarobe, peu ou pas de CGI. «La pellicule sera traitée de plusieurs manières par le labo pour que le film soit, visuellement, exactement que nous avons imaginé» déclarait d’ailleurs le directeur de la photographie pendant le tournage. Une Terre nue, brûlée vive, où même les animaux n’ont pas survécu.
Que s’est-il passé ? On ne le saura pas, le propos de l’œuvre n’est pas là. Ce n’est pas ce qui est important. Ce qui l’est, par contre, c’est la survie. Celle de cet homme (Viggo Mortensen, excellent) et de son fils, remarquablement joué par Kodi Smit-McPhee (qui offre d’ailleurs une ressemblance troublante avec Charlize Theron, qui incarne sa mère). Cette humanité – ou ce qu’il en reste – qui donne au père la force de lutter pour son enfant. «We’re the good guys» («Nous sommes les bons») répètent-t-ils, comme un leitmotiv.
Car que peut-on garder de dignité et de principes dans un monde où il n’existe plus rien? Ou la pire des choses n’est pas d’avoir tout perdu, mais de ne plus jamais rien retrouver? Ni soleil, ni nourriture, ni sécurité, ni calme, ni repos, ni amour? L’homme avance sur cette route, La route, qui va les mener au Sud, là où, espère-t-il, ils pourront enfin souffler, où la mer sera peut-être toujours bleue et où ils n’auront plus à craindre de mourir de froid.
On peut argumenter longtemps sur le fait de savoir si The Road est un film optimiste ou pessimiste. Chacun y trouvera de quoi asseoir son cynisme ou son espoir, au choix. Que reste-t-il, au-delà de toute philosophie, inutile d’ailleurs parce que pensée au chaud, devant un ordinateur? Des images, des moments, des silhouettes, des répliques, et un sentiment primaire et animal. Oui, nous sommes tous capables du pire pour défendre le meilleur.
Cote: 








NOTE: Ce texte, comme tous ceux de LeBuzz.Info, est soumis à la loi sur le copyright et les droits d'auteur. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteur, incluant un lien vers le texte cité) sans l'autorisation expresse de l'auteur est interdite.
[Critique] Un Maître Renard fantastique!SUIVANT »
[Critique] La véritable Precious Jones: entre désespoir et résilience


Dès les 10 premières minutes, on peut d’ores et déjà prédire la fin.
C’est ce qui m’a le plus dérangé dans ce film.
Je me suis dit :
- Bah ouais mec, t’étais bien mais t’as payé pour avoir le moral flingué !
Tout est bien fait pourtant : le jeu d’acteur, la photographie,la musique c’est une bonne copie générale.
Sauf que, trouver des boites de conserve encore mangeables 10 ans plus tard, c’est peu probable.
Qu’il n’y ai que des cannibales et un ou deux pèlerins pas très nets, peu probable également.
Qu’ils marchent en se nourrissant en chemin( pas assez je le concède) c’est un peu énorme quand même.
C’est une suite d’aberrations qui gâche considérablement le film.
La scène déchirante où la mère s’en va (impossible quand on a un enfant, un toit, et que l’on survit depuis tant d’années)en temps de crise énorme comme dans ce film, il n’y aurait pas que les larmes pour essayer de la retenir.
La mettre sous l’eau froide, accompagné de quelques claques aurait été beaucoup plus logique et aurait apporté beaucoup plus de force aux réflexe de survie du personnage principal.
Allez dans le sud, ok… Pourquoi faire ?
Pas de famille, pas d’amis, que des gens suicidaires (plutôt suicidés) autour de soi.
Et surtout, il ne recherche personne!
“Viens mon fils, on va marcher vers le sud, je vais te protéger et je vais mourir, c’est cool non? T’es content?”.
Déprimer pour déprimer, non merci.
La vie est assez dure…
Ce film m’a marqué, mais pas dans le bon sens du terme.
Pour preuve,j’en parle encore un mois après…
Payer pour être mal, c’est très branché, je dois être trop old school…Adaptation ou pas.
Le cinéma doit provoquer le questionnement, pas nous donner des réponses faciles.
- Si des gens veulent manger ton fils, que fais-tu?
- Je le protège, j’ai bon ?
- Si le monde est détruit que fais-tu?
- Je survis, j’ai bon ?
Quand on est équilibré, pas besoin d’aller au ciné pour nous le rappeler.
Je conseillerai donc ce film au gens très heureux mais surtout qui s’ennuient, les autres changez vous vraiment les idées autrement qu’en regardant ce joli vomi démoralisant.
Refuser de voir que l’homme est plus apte à tourner du côté du pire que celui du meilleur peut être une bonne chose, et c’est plus sain pour la santé (mentale) de la majorité des gens, et je comprends ce point de vue…
Mais la vie n’est pas ainsi, et les hommes ne sont pas ainsi; il est rare de voir dans un film autant de noirceur, autant de désespoir dans l’humanité; mais j’ajouterai aussi, autant de vérité sur ce que peut être l’humanité face à l’adversité. La très grande majorité choisi le pire (il suffit d’observer les grandes crises traversées par l’humanité et jusqu’où les hommes sont capable d’aller pour leur survie ou celui de leur famille).
Il est rare de voir cela dans un film de montrer cette vérité que les gens renient ou ne veulent pas voir car ils pensent que les films ne sont là que pour divertir, donner de l’espoir et rien d’autre. Ce n’est pas le cas avec The Road, vous n’irez pas le voir pour avoir les yeux qui pétillent, pour se vider la tête d’une semaine de travail laborieuse. Mais il peut aussi donner de l’espoir où au moins vous ouvrir l’esprit, mais il vous faudra être ouvert et écouter.
Il y a quelque chose de tellement fort dans cette histoire, quelque chose qui vous prend au tripes du début à la fin et qui vous réveille enfin, qui vous sort de ces films-bouillies que l’on vous sert régulièrement afin de vous détendre et vous faire oublier vos petits ennuis quotidiens.
Il vous met une grande claque en vous disant, que l’humanité peut être aussi cela, qu’elle est aussi cela.
Non ce n’est pas un “vomi démoralisant”, non il n’y a pas de grosses incohérences. La plupart des boites de conserves peuvent durer plus de 10 ans sans problèmes (même si la date est dépassée). Une mère qui quitte sa famille en temps de crise oui ça existe (et pas besoin de cas extrême comme dans le film), aller dans le sud, pourquoi? Pour se donner un but lorsqu’il ne reste plus d’espoir, ça aide avoir un but, même stupide. Il faut aussi savoir réfléchir par soi même et ne pas attendre que les scénarites nous machent toute réflexion personnelle.
Je comprends que la noirceur du film choque, mais elle n’est pas gratuite, tant de désespoir peut provoquer de la révolte pour beaucoup d’entre nous, mais cela prouve au moins qu’il porte quelque chose en lui. Il y a des questions qui se posent? Alors à nous d’y répondre, à notre part d’humanité, bonne ou mauvaise.