[Critique] A Serious Man des frères Coen: du Woody Allen sous acide
Publié le: 16 octobre 2009 à 5:27 (Dernière mise à jour: 16 octobre 2009 - 5:27)
Ethan Coen et Joel Coen nous livrent A Serious Man, qui sort aujourd’hui dans les salles du Québec. Voici notre critique du long métrage au casting composé d’inconnus (on y trouve: Michael Stuhlbarg, George Wyner, Adam Arkin, Sari Lennick, Richard Kind, Simon Helberg).
Une scène de A Serious Man
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J’aime bien les frères Coen. Comment, d’ailleurs, ne pas apprécier l’univers si particulier de Fargo, l’excellence de No Country for Old Men et le délire de Burn After Reading. Et le talent de Ethan et Joel Coen n’est plus à démontrer, les quatre Oscars qu’ils possèdent, en plus des 68 autres prix qui leur ont été décernés témoignent de leur apport au cinéma.
Mais, avec A Serious Man (notre dossier), ils s’éloignent un peu de ce que pourrait appeler leur marque de commerce, ou plus justement, leur signature. Avec ce long métrage, les frères Coen ont fait – dans un tout autre registre, attention – ce que Judd Apatow a fait avec son Funny People (notre critique): ils se sont, d’abord et avant tout, fait plaisir.
Larry Gopnik (Michael Stuhlbarg) est un professeur de physique à l’école Bnai Abraham, dans une banlieue américaine des années 1960. Propre sur lui, marié, père de deux enfants, il héberge son frère, malade et un peu dérangé. Mais son monde si ordonné, en apparence si lisse, est chamboulé par une succession d’événements qui ont comme point commun que s’ils arrivaient à n’importe qui d’autre, ça ne pourrait pas faire l’objet d’un film.
On assiste donc, dans des décors savamment étudiés aux couleurs des sixties, à la quête de Larry Gopnik, la même que celle des héros de Woody Allen: la réponse à la fameuse question «Pourquoi Dieu me fait-il ça, à moi?» chère au judaïsme. Mais la comparaison avec Woody Allen s’arrête là. Joel Coen et Ethan Coen ne sont pas conventionnels (oui, je sais, le réalisateur de Annie Hall non plus, dans le fond. Par contre, dans la forme, il l’est).
Nous avons donc droit aux questionnements de Larry et à ses visites à trois rabbins. Et ce maelstrom a tout de l’absurde, genre d’humour que manient à merveille nos deux cinéastes. Le fils de Larry vit sa Bar Mitzvah sous l’effet de la marijuana. Le premier rabbin qu’il questionne lui donne comme mantra «Look at the parking lot» (regarde le parking) en guise de parabole pour l’inciter à changer sa perception de ce qui l’entoure. L’un de ses élèves tente de lui acheter sa note de passage. Son frère est plongé dans la rédaction de son Mentaculus, une carte des probabilités qui régissent l’univers. Sa fille veut se faire refaire le nez et lui pique du fric dans son portefeuille. Et le non amant de sa femme, mais son prochain mari, tout de bleu poudre synthétique vêtu pour aller jouer au golf, le console de ses malheurs.
Bref, on nage en plein délire. Un de ceux qui n’appartient qu’aux frères Coen, mais dont on en comprend suffisamment de choses pour l’apprécier, même si on sent que A Serious Man est truffé de références dont seuls les deux réalisateurs peuvent goûter tout le sel. Certes, seul léger bémol, la fin ouverte est un peu facile, mais elle reste cohérente avec l’ensemble du long métrage. En bref: on aime et on savoure.
Cote: 








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Il est indeniable que les freres Coen “se sont, d’abord et avant tout, fait plaisir”. De meme que “A Serious Man est truffé de références dont seuls les deux réalisateurs peuvent goûter tout le sel”.
Meme si le film se laisse voir… on reste sur sa faim/FIN.
Frustrant….
Alors que la Critique encense les frères Coen et leur dernier film, j’ai été très déçue…
http://curseoftheninthsymphony.blogspot.com/2010/01/serious-man-joel-ethan-coen.html
Un film totalement nihiliste. Une succession de saynètes destinées à nous montrer à quel point la vie n’a aucun sens, que tout est vain, que l’Homme est soit un abruti (le héros, les profs, les rabbins…), soit un rapace (les femmes, les avocats…). Déprimant et horripilant au possible. Une négation même de l’humour yiddish sous couvert de vouloir faire de l’humour juif. Rien à voir avec Woody Allen qui, lui, est drôle et plein de profondeur. Une seule scène a de la substance : celle du dibbouk, avant le générique.
eh bien moi j’ai rit de bout en bout et j’ai aussi été ému !! “Négation de l’humour juif”???? mais qu’est-ce que ça veut dire??? ça fait bien longtemps que woody allen ne m’a pas fait rire alors peut-être que je ne suis pas sensible à l’humour juif si ce réalisateur en est l’incarnation! pour les frères Cohen c’est un humour noir et mordant ce que je trouve très jouissif et original en ces temps de cinéma consensuel !
Ce que je retiens: des acteurs époustouflants des personnages délirants, une mise en scène pleine de finesse, une critique jouissive de la religion en général (les frères Cohen ont parlé de celle qu’ils connaissent le mieux). Tous, vous parlez d’ennui et je ne comprends pas pour moi c’est leur meilleur film avec the Big Lebowsky et fargo. Il se sont fait plaisir? et bien à moi aussi! Heureux qu’il y ait encore de la place aujourd’hui pour ce type de cinéma. pour les autres aller voir avatar!!
hahaha! je ne saurais mieux dire Denis!
super casting, nous avons passé une excellente soirée.C’est bon de rire intelligent.
Pour la fin une tornade sur la tronche qui remet tout en place dans ce village complètement à la masse et abrutis par la religion juive.