[Critique] 5150, rue des Ormes: casting parfait pour huis-clos infernal
Publié le: 9 octobre 2009 à 4:47 (Dernière mise à jour: 10 octobre 2009 - 7:48)
5150, rue des Ormes, thriller psychologique de Éric Tessier avec Normand D’Amour, Marc-André Grondin, Sonia Vachon et Mylène St-Sauveur arrive en salle au Québec aujourd’hui. Voici notre critique du film.
Marc-André Grondin dans une scène de 5150, rue des Ormes
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Écrit en 1994, le thriller psychologique 5150, rue des Ormes (notre dossier – 5 extraits – notre entrevue de Normand D’Amour – notre entrevue de Patrick Senécal et Éric Tessier) fait son arrivée dans les salles de cinéma du Québec aujourd’hui, le 9 octobre. Cinq années auront été nécessaires à Patrick Senécal et à Éric Tessier pour écrire et peaufiner le scénario du long métrage qui ne ressemble à aucun autre. Car, si on qualifie 5150, rue des Ormes de «thriller psychologique», la forme détonne suffisamment avec le fond (comme, dans un tout autre genre District 9, par exemple) pour créer la surprise et le malaise.
Yannick (Marc-André Grondin), un aspirant cinéaste qui s’apprête à commencer ses cours à l’université s’amuse à filmer des scènes ordinaires, prises au hasard de ses pérégrinations. Lors d’une balade à vélo, il tombe, se blesse et demande de l’aide à Jacques Beaulieu (Normand D’Amour), un chauffeur de taxi qui habite au 5150, rue des Ormes. Le jeune homme ne le sait pas encore, mais il vient d’arriver en enfer.
Car, sous des dehors extrêmement normaux, la famille Beaulieu est monstrueuse. Jacques (Normand D’Amour éblouissant), le père et chef de famille, est un justicier des temps modernes, tueur psychopathe et implacable qui justifie ses actes par le fait que les personnes qu’il occis sont loin d’être irréprochables, comme ce vendeur de drogue ou ce pédophile. Michelle (remarquable Mylène St-Sauveur), sa fille aînée, a hérité de sa violence. Maude (Sonia Vachon impeccable), la mère, écrasée par son mari et sa fille, se réfugie dans la religion pour ne rien voir et rien entendre. Et Anne (Élodie Larivière), la cadette muette et sévère, assiste à ce déferlement de violence contrôlée.
Parce qu’il a été témoin de quelque chose qu’il n’aurait pas du voir, Yannick est séquestré par Jacques. Tenu au secret dans une chambre transformée en véritable forteresse, le jeune homme se voit proposer un marché par son geôlier fou: s’il le bat, ne serait-ce qu’une seule fois, aux échecs, il sera libre. Les deux hommes s’affronteront donc – folie de l’un contre obsession de l’autre – en un combat de chaque instant.
Filmé de main de maître par Éric Tessier, 5150, rue des Ormes est un huis-clos infernal, étouffant, glauque et profondément tordu. La subtile étude psychologique des personnages de Patrick Senécal est perceptible dans chaque dialogue, chaque scène et chaque mimique des acteurs, même si le film aurait pu supporter quelques dizaines de minutes de plus. La volonté avouée de l’auteur et du scénariste de respecter une limite et de s’en tenir à une œuvre de 96 minutes fait qu’ils ont – parfois – sacrifié l’histoire et effectué quelques malheureux raccourcis. Mais ces quelques défauts ne mettent pas en péril la qualité générale du film.
Car le jeu de tous les acteurs est irréprochable, fait suffisamment rare pour qu’on le souligne. Normand D’Amour est brillant dans son interprétation de Jacques Beaulieu, Marc-André Grondin – malgré son âge – est suffisamment bon acteur pour lui tenir tête sans qu’on compare, même involontairement, leurs deux prestations. Sonia Vachon, dans un rôle à l’opposé des personnages qu’elle a l’habitude d’incarner est stupéfiante. La réelle surprise de ce casting rigoureux et parfait? Mylène St-Sauveur, jeune actrice de 19 ans (qui incarnait Léonie dans L’Incomparable Mlle C.): on reste stupéfait de l’excellence et de la justesse de son jeu.
Dans 5150, rue des Ormes, tout repose sur les épaules des comédiens qui accomplissent ici, chacun, un éblouissant travail d’équilibriste: un faux pas, une erreur, et le film serait tombé dans la parodie ou, pire, la caricature. Le talent de ce quatuor de choc a permis d’éviter cet écueil et la profondeur du jeu de l’ensemble de la distribution offre au public un plaisir rare: celui de voir un film intelligent où les acteurs s’effacent pour permettre à leurs personnages de nous entraîner dans leurs délires. À voir absolument.
Cote: 








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Très bien réalisé sauf que… Ce film est terriblement ‘’sombre”, qu’il va trop loin dans la démonstration ce qui le rend noir. Le film en final laisse un goût acre qui refuse de partir même après plusieurs heures. D’où ma question: Quelle utilité de nous montrer une pareille histoire?!!!
Je pense que ce n’était pas un film nécessaire…