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[Interview] Jonathan Mostow parle de ses Clones

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 23 septembre 2009 à 16:34 (Dernière mise à jour: 25 septembre 2009 - 5:16)

Clones (présenté sous le titre Surrogates en version originale) est le nouveau film de Jonathan Mostow avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike, James Cromwell et Ving Rhames. Le réalisateur parle du long métrage et de ses robots.

Jonathan Mostow parle de ses Clones

Jonathan Mostow, réalisateur de Surrogates
© Walt Disney Studios Motion Pictures – Tous droits réservés

Clones () est l’adaptation de Surrogates, un roman graphique de Robert Venditti. Le long métrage de science-fiction, réalisé par Jonathan Mostow (Hancock et Terminator 3) prend l’affiche au Québec et en Amérique du Nord le 25 septembre. En France, la date de sortie a été fixée au 28 octobre prochain. Le film, dont le titre de la version française est Clones, met en vedette Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike, Boris Kodjoe, James Francis Ginty, Michael Cudlitz, James Cromwell et Ving Rhames.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans Surrogates?
Ce qui m’a tout de suite intéressé dans Surrogates est l’idée de départ: que nous pouvons vivre notre existence par procuration, à travers ces clones. C’est une métaphore évidente de la vie actuelle dans cette ère numérique. À chaque vous qu’on se met devant un ordinateur, qu’on envoie un courrier électronique ou qu’on utilise un chat ou qu’on lit un blog, il ne faut pas se leurrer, on n’interagit pas avec les personnes avec qui on communique. Une couche de technologie a été insérée entre soi et l’autre.

L’histoire centrale est celle de clones, à travers lesquels vit la population…
Le cœur de l’histoire de Surrogates est celle de Greer, agent du FBI, incarné par Bruce Willis. Il est pris dans un dilemme existentiel. Il vit sa vie comme tout le monde, à travers un clone. Or, il réalise qu’il n’est pas heureux. Il ne sait pas pourquoi, il n’est pas capable de formuler les raisons de son problème, mais il sait qu’il n’est pas heureux. Et les circonstances font qu’il perd son clone et il doit alors affronter le monde – peuplé de clones – en «vrai». C’est le même principe que si quelqu’un se disait: «À partir d’aujourd’hui, j’arrête de me servir d’un fax, d’un téléphone et d’un ordinateur.» Ce faisant, il réalise que la technologie, qui devrait rendre tout le monde heureux, a exactement l’effet contraire. Le fait de suivre, dans le roman (et donc dans le film), Greer, cet agent du FBI lors de son enquête est la manière idéale de découvrir tous les aspects de cet univers peuplé de clones. Il doit donc aller voir l’armée, la compagnie qui les a créés, et Greer constate aussi tous les changements qu’ont introduits ces robots. Cette trame narrative s’est donc imposée comme la meilleure pour explorer tous ces facettes.

En quoi Surrogates est-il différent de n’importe quel autre film de science-fiction?
Plutôt que d’essayer de rendre l’avenir comme le font beaucoup d’autres réalisateurs, et, de ne pas y arriver parce que le public sent bien que le futur vu par Hollywood n’est pas très réel, nous avons – les producteurs, le scénariste et moi – décidé de faire se dérouler Surrogates dans le présent. Nous sommes partis du principe des clones et avons imaginé qu’il avait été inventé il y une vingtaine d’année, comme les téléphones cellulaires. Du coup, tout le monde s’y est mis. Et cela mène à la question suivante: que se passerait-il si le monde était comme il est aujourd’hui avec une seule différence, celle de l’existence et de l’utilisation des clones. Et c’est une intrigue intéressante pour un film de science-fiction. De ce fait, les télévisions sont normales, les voitures qu’on voit dans le film sont celles d’aujourd’hui, mais, au lieu d’être dehors, tout le monde est chez soi, assis dans sa chaise Stim en train de manipuler un clone.

Pourquoi avoir choisi Bruce Willis pour incarner Greer?
Un grand acteur est quelqu’un qui vous fait croire que vous savez ce qu’il pense sans un mot de dialogue. C’est quelque chose de très subtil, qui a aussi à voir avec la façon dont un acteur bouge et dont il se comporte. Bruce Willis est d’ailleurs, à mon avis, au top de sa profession et je trouve qu’il est l’un des grands acteurs de notre temps.


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