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[Critique] Inglourious Basterds: la vengeance de Tarantino

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 21 août 2009 à 3:25 (Dernière mise à jour: 23 août 2009 - 3:44)

Le dernier Quentin Tarantino est bon, solide et le réalisateur demeure fidèle à son style, mais on est loin de Pulp Fiction.

[Critique] Inglourious Basterds: la vengeance de Tarantino

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Inglourious Basterds, qui met en vedette une brochette impressionnante d’acteurs dont Brad Pitt, Diane Kruger, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Daniel Bruhl et Eli Roth, sort le 21 août au Québec sous le titre Le commando des bâtards. Divisé en quatre chapitres, le film de Quentin Tarantino – dont il a aussi écrit le scénario – se déroule pendant la Seconde guerre mondiale et suit les histoires parallèles de Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent), jeune juive fuyant les nazis et en particulier le colonel Hans Landa (Christph Waltz, éblouissant) et du lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) et de son commando de «basterds» qui traquent sans relâche les nazis. Les circonstances les feront converger vers le cinéma parisien que tient Shosanna.

Véritable ré-écriture historique, Inglourious Basterds (l’interview complète de Mélanie Laurent) a tout d’un Tarantino bon cru. Les dialogues sont pensés, intelligents, les répliques soigneusement pesées, les acteurs de haut niveau, les personnages bien campés et juste ce qu’il faut d’outranciers pour qu’ils soient plus grands que nature, mais sans jamais tomber dans le «trop». La caméra de Quentin Tarantino est crue, brutale, et aussi parfois poétique, surtout quand il filme le personnage incarné par Mélanie Laurent. La jeune actrice française fait ici figure de joyau, révélée par l’écrin du réalisateur.

On sent que Brad Pitt est comme un poisson dans l’eau dans son personnage d’Aldo Raine. L’accent du Sud des États-Unis, les gestes, l’allure presque à la Clark Gable et la séquence dans laquelle il prétend parler l’italien sont révélateurs de l’acteur. Il ne se prend pas au sérieux, il traverse la vie avec, certes, des principes, mais sans s’embarrasser de détails qui pourraient lui faire perdre de vue son objectif premier: ramener des scalps nazis.

Dans son rôle de Hans Landa, Christoph Waltz est – je l’ai déjà dit plus haut – éblouissant. Il livre une prestation qui lui mérite une nomination aux Oscars pour commencer, puis la statuette du Meilleur acteur. Cynique, diabolique, retors, maniéré, brillant, fou, absurde, malade, le personnage de Hans Landa est un chef d’œuvre et Quentin Tarantino arrive ici à une maîtrise et à une compréhension de l’âme humaine peu commune, pour ne pas dire jamais vue.

Les cinéphiles versés dans la Seconde guerre mondiale apprécieront les innombrables clins d’œil aux films de cette période. Mélange nostalgiquement adroit de Hollywood et de Troisième Reich, Inglourious Basterds est un régal intellectuel. Moins énorme que Pulp Fiction, Le commando des bâtards n’assomme pas, ne fait pas perdre ses repères (même si la fin est un savoureux clin d’œil), ne remet pas en question. C’est, par contre, un film qui «dure», qu’on apprécie au premier visionnement et qu’on revoit. Oui, il se classe dans la liste des meilleurs films de l’année, sans pour autant avoir la puissance de Pulp Fiction.

Cote: ★★★★★★★★☆☆ 


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