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[Critique] Public Enemies: pas un grand film

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 1 juillet 2009 à 5:38 (Dernière mise à jour: 3 juillet 2009 - 4:36)

Sorti aujourd’hui sur les écrans du Québec et d’Amérique du Nord, Public Enemies, présenté sous le titre Ennemis publics en français, est un film de Michael Mann, mettant en vedette Johnny Depp, Christian Bale et Marion Cotillard. En voici notre critique.

[Critique] Public Enemies n'est pas un grand film

Johnny Depp en John Dillinger
© Universal Pictures – Tous droits réservés

Public Enemies (), qui sort au Québec sous le titre Ennemis publics, raconte l’histoire de John Dillinger (Johnny Depp), braqueur de banques devenu personnage de légende. Le film de Michael Mann, adaptation de l’ouvrage Public Enemies: America’s Greatest Crime Wave and the Birth of the FBI, 1933-43, écrit par Bryan Burrough, n’est pas une reconstitution historique exacte, le scénariste ayant pris quelques libertés cinématographiques.

Le John Dillinger de Michael Mann, s’il est extrêmement bien interprété par Johnny Depp – qui réussit à rendre ce mélange de cynisme, de j’m'en-foutisme et de risque-tout du personnage – est un être dépourvu d’émotion et c’est ce qui rend le long métrage si froid. D’autant plus que Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI chargé de capturer le criminel, est une machine à tuer, sans grands sentiments. Résultat, là où on attend un héros populaire, sorte de Robin des bois (Dillinger) et un salopard obsédé par sa chasse au hors-la-loi (Purvis), on n’a que deux hommes somme toute ordinaires, que les circonstances de la vie ont placé dans des situations qui sont passées à l’Histoire. Je soupçonne la psychologie de John Dillinger (on sent que Johnny Depp a considérablement étudié le personnage) d’avoir été fidèlement rendue. Le gangster n’était pas un personnage de Hollywood et n’avait probablement rien de commun avec l’image véhiculée par les studios depuis les films avec James Cagney et Humphrey Bogart, mais cette dimension que les américains appellent “larger than life” (“plus grand que nature”) aurait été la bienvenue et m’aurait empêchée de “sortir” du film trop souvent.

Par contre, Marion Cotillard est excellente en Billie Frechette, dont elle a su capter toutes les nuances d’insécurité, de doute et de besoin de protection. Elle est la seule du trio de personnages principaux à montrer des émotions, ce fait culminant lors de la séquence de son interrogatoire par une brute du FBI. Cette scène magnifique et extrêmement dure confirme son talent de tragédienne, découvert dans La vie en rose. Un aparté pour mentionner un fait que Marion Cotillard a souligné lors des interviews effectuées pendant les junkets de présentation de Public Enemies. Elle confiait avoir eu énormément de mal à trouver le bon accent pour son personnage. Extrêmement consciente de son accent français, elle a travaillé d’arrache-pied pour le supprimer et avait avoué que Michael Mann et Johnny Depp avaient tous deux fini par lui dire d’arrêter de se concentrer sur ce point et de se laisser aller. Est-ce que, si je n’avais pas entendu Marion Cotillard faire ces déclarations, j’aurais noté les changements de son accent dans le film? Pas sûre.

Autre défaut de Public Enemies, le fait que Michael Mann ait choisi de filmer les scènes d’action avec des caméras que j’imagine être des MiniDV. Cela crée des coupures notables dans la qualité visuelle du long métrage qui ont, elles aussi, contribué à me faire sortir de l’univers du film. Malgré tout, Public Enemies demeure une production de qualité, mais, malheureusement, et malgré mon envie de le faire, il est impossible de crier au génie ou au grand film. En sortant de la projection, on reste sur sa faim sans trop savoir pourquoi et c’est dommage.

Cote: ★★★★★★★☆☆☆ 


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Commentaires

Un commentaire pour “[Critique] Public Enemies: pas un grand film”
  1. pop dit :

    euh! j’ai bien senti la machine à tuer tormenté qu’est Purvis!
    Dillinger n’est pas assez menaçant pour être un gangster intéressant et on ne comprend pas pourquoi Fréchette est amoureuse de lui.
    La distance mise par rapport aux personnages ne m’a géné qu’avec Dillinger car on voit Depp dans 80% du film alors que dans le cas du flic ,ça passe mieux même si une scéne de réelle opposition avec Hoover manque sur Purvis ainsi qu’une scéne de sa vie privée(il doit avoir une copine bien éduquée et du même milieu que lui:beau comme il est!) Ce film reste un très bon divertissement de haute qualité et ça change des blockbusters habituels!

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