[Entrevue] Johnny Depp dans Public Enemies: «John Dillinger était l’équivalent d’une rock star»
Publié le: 30 juin 2009 à 5:17 (Dernière mise à jour: 12 juillet 2009 - 0:54)
Dans Public Enemies, film de Michael Mann, mettant aussi en vedette Christian Bale et Marion Cotillard, Johnny Depp y incarne le rôle du gangster John Dillinger. Il nous parle du tournage et du personnage qu’il interprète.
Johnny Depp dans la peau de John Dillinger
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John Dillinger (Johnny Depp), légendaire voleur de banque des années 1930 qui devient à la fois l’ennemi public numéro 1 du FBI de J. Edgar Hoover et ses hommes, et un héros pour la population victime de la crise économique, est le personnage principal de Public Enemies (notre dossier), le nouveau film de Michael Mann. Le long métrage sort en salle au Québec (sous le titre Ennemis publics) et en Amérique du Nord le 1er juillet et les cinéphiles français le découvriront le 8 juillet 2009. Interrogé sur le plateau de tournage, Johnny Depp se livre à un examen attentif de son personnage.
Comment expliquez-vous la fascination du public pour John Dillinger?
Il faisait partie d’un groupe de criminels qui a pu, pendant un certain moment du moins, faire, en toute impunité ce dont tout le monde rêvait. Je pense que la fascination que la population éprouve, encore aujourd’hui, pour John Dillinger est amplement méritée. Dillinger est un mythe. Dillinger, le hors la loi, est né d’un moment d’ignorance. Trois facteurs ont conduit à la naissance de sa vie criminelle: sa jeunesse, son ignorance et sa consommation d’alcool. Il a cambriolé un commerçant local et les policiers l’ont arrêté. Au moment du procès, le juge n’a absolument pas pris le temps d’étudier son cas. Il a été condamné à 10 ans de prison, ce qui était énorme pour le crime qu’il avait commis. À l’époque, il avait 19 ans, c’était encore un enfant. La prison a été une école pour lui; c’est ce qui lui a permis d’apprendre à devenir un voleur de banques.
Votre grand-père a fabriqué et vendu de l’alcool de contrebande. Cela vous a-t-il aidé à entrer dans le personnage de Dillinger?
John Dillinger a vu le jour à une centaine de kilomètres de l’endroit où je suis né et où j’ai été élevé. Cela m’a permis de savoir comment il parlait et de comprendre d’où il tirait son assurance. Ce sont des traits que j’avais observés chez mon grand-père ou chez mon beau-père.
Pourquoi le public l’a-t-il autant admiré?
Ce n’était pas un criminel au sens traditionnel du terme. John Dillinger était l’équivalent d’une rock star pour l’époque car il possédait un charisme exceptionnel. À chaque fois qu’il faisait une déclaration, il faisait passer John Edgar Hoover et son équipe pour des imbéciles. Dillinger était extrêmement intelligent et débrouillard, et il avait compris que l’amour qu’il portait aux gens et l’amour que la population lui portait en retour jouerait en sa faveur. D’une certaine manière, il y avait du Robin des bois dans John Dillinger.
John Dillinger contre Melvin Purvis: à votre avis, la lutte était-elle égale?
Je suis certain que Christian Bale a un point de vue totalement différent du mien [Rires], mais je ne pense pas que Dillinger et Purvis étaient du même niveau. L’instinct et les habiletés de Dillinger surpassaient celles de Purvis; surtout dans le contexte de l’époque. Mais je ne le soulignerai jamais assez: la seule raison pour laquelle le FBI a pu attraper John Dillinger est parce que quelqu’un l’a dénoncé. C’est tout. Si cela n’était pas arrivé, je suis persuadé que le FBI serait encore en train de se demander où John Dillinger a fini ses jours.
Comment s’est déroulé le tournage dans la prison de Statesville?
C’était un peu fou car l’établissement est toujours utilisé. Ce qui est marrant, c’est que mon beau-père a déjà passé quelques années dans cette prison. Nous avons pu visiter l’aile de sécurité maximale, dans laquelle des centaines et des centaines de mecs sont enfermés. C’était drôle parce quand ils m’ont vu, ils se sont tous mis à me crier: «Hé! Capitaine Jack! Vient me chercher, vient m’aider à m’échapper!»
Est-ce un environnement inquiétant?
C’est intense. [Rires] Je n’oublierai jamais le panneau affiché sur les murs de la cafétéria et qui dit: «S’il vous plaît, asseyez-vous quand des coups de feu sont tirés». Pas «si», mais «quand». C’est l’image que j’emporterai dans ma tombe.
Pourquoi pensez-vous que Billie Frechette (interprétée par Marion Cotillard) a été l’amour de sa vie?
Ils étaient faits l’un pour l’autre. Dillinger était un mec que la société avait «rangé» dans un pénitencier pendant 10 ans pour un crime relativement inoffensif. Il est donc l’outsider ultime. De l’autre côté, vous avez cette jeune fille moitié française, moitié amérindienne, méprisée par la société de l’époque. Ils ont tout de suite cliqué. Il y avait quelque chose de très intense entre eux.
Comment vous êtes-vous entendu avec les acteurs qui interprétaient les membres du groupe de Dillinger?
Le casting était parfait et nous avions l’impression de nous connaître depuis des années. Je cambriolerais une banque n’importe quand avec ces mecs-là! [Rires]
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