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[Critique] Year One: un humour de Néanderthal

Benoit Bisson
Publié le: 20 juin 2009 à 11:54 (Dernière mise à jour: 21 juin 2009 - 7:15)

Pipi, caca, pénis, prout! Voilà, en bref, le coeur du scénario du dernier film d’Harold Ramis mettant en vedette Jack Black et Michael Cera. On pourrait comparer Year One (L’an un) à History of the World: Part I, film de Mel Brooks (1981), ou à Life of Brian, de Monty Python (1979), intelligence en moins.

[Critique] Year One: un humour de Néanderthal

Michael Cera et Jack Black dans Year One
© Columbia Pictures – Tous droits réservés

Commençons par le bon côté des choses. Le duo formé de Jack Black et Michael Cera pourrait fort bien devenir le Laurel et Hardy des temps modernes, le gros à grande gueule et le timide maigrichon. Zed (Black) et Oh (Cera) sont des hommes des cavernes. Le premier est – mauvais – chasseur et le second est cueilleur, une tâche généralement réservée aux femmes de la tribu. Zed est banni du village pour avoir mangé le fruit défendu et son ami Oh décide de l’accompagner dans son voyage au bout du monde, les montagnes qu’ils voient à l’horizon. Surprise! Ce n’est pas le bout du monde! C’est plutôt là que l’espace temps se distortionne joyeusement au gré du scénariste qui plonge nos deux (z)héros dans les aventures bibliques, dans lesquelles on voit notamment défiler Caen et Abel, Abraham et Isaac ainsi que Sodome et Gomorrhe.

Il y a des moments absolument hilarants dans Year One (). On peut penser au moment où Zed et Oh voient une roue pour la première fois, quand ils sont malades à cause de la charette tirée par des boeufs qui, à leurs yeux, va beaucoup trop vite, ou quand Caen met un temps fou à trucider son frère Abel. Avec tout le matériel historique disponible, et avec toutes les libertés que se permettent les scénaristes, fallait-il vraiment tomber dans le pipi, caca, pénis, prout et poil sous les bras – pour ne nommer que ceux-là – pour que le film soit drôle? Je ne crois pas.

En sortant de la salle, je me disais que l’on aurait tout aussi bien pu filmer Black et Cera en duo de stand-up comics sur une scène, y allant de ce qui est fondamentalement une série de gags reliés par un fil historique bien mince. Cela aurait été tout aussi drôle, parce que c’est leur jeu, la différence entre leurs deux personnages, qui est drôle. En plus, on aurait économisé des millions, ce qui aurait sans doute permis d’embaucher un ou des scénaristes capable de pondre quelque chose qui serait un peu plus à la hauteur de leur talent.

Cote: ★★★★☆☆☆☆☆☆ 


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