[Critique] Pelham 123, l’ultime station: intéressant mais décevant
Publié le: 12 juin 2009 à 3:08 (Dernière mise à jour: 13 juin 2009 - 10:24)
The Taking of Pelham 123 (présenté sous le titre Pelham 123: L’ultime station au Québec) est le tout nouveau film de Tony Scott et met en vedette Denzel Washington, John Travolta, John Turturro, Luis Guzman, Michael Rispoli et James Gandolfini. Voici notre critique du film.
Denzel Washington dans The Taking of Pelham 123
© Columbia Pictures – Tous droits réservés
The Taking of Pelham 123 (notre dossier complet – les extraits vidéo), présenté sous le titre Pelham 123: L’ultime station, sort en salle le 12 juin au Québec et en Amérique du Nord. Remake de The Taking Of Pelham One Two Three, datant de 1974 et qui avait été réalisé par Joseph Sargent, le nouvel opus du génial Tony Scott raconte l’histoire d’une prise d’otages dans le métro de New York, d’où le titre en référence au nom de la ligne. John Travolta y incarne Ryder, un preneur d’otages à la limite de la folie la plus totale, qui dialogue (“négocier” n’est pas vraiment le verbe qui vient à l’esprit) avec Walter Garber (Denzel Washington), employé au centre de contrôle du métro de New York.
Tony Scott nous a habitué à d’excellents films: il suffit de se rappeler de True Romance, de Man on Fire (également avec Denzel Washington) ou encore de l’étrange Deja Vu. Ses mouvements et plans de caméra, sa manière de filmer, le soin qu’il porte à la psychologie des personnages, etc. tout cela fait partie de la signature Tony Scott. Le problème c’est qu’elle est affadie dans Pelham 123: L’ultime station. Le scénariste Brian Helgeland expliquait, lors du tournage du film, que le long métrage se concentrerait sur la relation entre les deux personnages principaux, sur ce jeu de chat et de la souris entre Ryder et Walter Garber, entre la manière qu’ils ont l’un comme l’autre de comprendre intuitivement comment l’adversaire “fonctionne”. De cet aspect-là, Pelham 123: L’ultime station est réussi.
C’est le reste qui cloche. Malheureusement. Tout ce qui se déroule hors de cet affrontement entre les deux hommes laisse une impression d’inachevé, de brouillon sur lequel on n’a pas eu le temps de s’appesantir pour en polir les coins. Les deux séquences d’action (j’omets celle de la prise d’otages, qui est vraiment bien faite) du film: celle du transport de l’argent et l’autre de la poursuite finale donnent l’impression d’arriver comme un cheveu sur la soupe, d’avoir été incluse pour satisfaire le spectateur en mal de frissons et ne réussissent qu’à avoir l’air bâclées. Et que dire de certains éléments de l’intrigue qui sont carrément occultés au profit de la joute entre Ryder et Walter Garber. J’ai bien l’impression que la durée du film (a-t-elle été imposée par les studios, je ne saurais le dire) est responsable de ces manques flagrants. The Taking of Pelham 123 aurait gagné à durer au moins 15 minutes de plus (le long métrage ne dure que 106 minutes), ne serait-ce que pour ajouter quelques liaisons entre différentes scènes et, surtout, creuser un peu plus les motivations des deux personnages principaux.
The Taking of Pelham 123 n’est pas un thriller, le suspens en est même quasiment absent. C’est un dialogue – qui serait d’ailleurs parfait en pièce de théâtre – entre deux hommes. Cela aurait pu être aussi une remarquable étude psychologique, mais on a l’impression que Denzel Washington et John Travolta ne font pas vraiment d’efforts. Denzel Washington joue – malheureusement et pour la première fois – du Denzel Washington et John Travolta ne réinvente rien, son jeu ne soutient pas la comparaison avec celui de Pulp Fiction. Pelham 123 mérite-t-il le déplacement en salle, et les dépenses qui vont avec? Je suis tentée de répondre par l’affirmative avec, quand même, un gros bémol. Ne vous attendez à rien de transcendant, vous seriez déçu.
Cote: 








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