[Critique] Un très bon Wolverine
Publié le: 30 avril 2009 à 10:17 (Dernière mise à jour: 4 mai 2009 - 6:21)
Hugh Jackman crève l’écran dans X-Men Origins: Wolverine, qui prend l’affiche au Québec demain, le 1er mai.
Une photo de X-Men Origins: Wolverine
© 20th Century Fox – Tous droits réservés
X-Men Origins: Wolverine (notre dossier – la première en photos – tous nos textes sur le film) est le premier blockbuster de l’été et les studios nous promettent, depuis plusieurs mois déjà, monts et merveilles. Alors, le quatrième opus de la franchise X-Men est-il réussi? Oui! Et cela, d’ailleurs, malgré quelques petits manques que remarqueront un public plus âgé et plus friand de séquences plus dures et d’examens psychologiques plus profonds.
X-Men Origins: Wolverine, comme son nom l’indique, se concentre sur les événements qui ont fait de Logan, mutant aux griffes acérées, ce qu’il est devenu: une redoutable machine à tuer invincible. Le film s’ouvre donc au Canada en 1845, alors que James Howlett – le jeune Logan – tue l’homme qui s’avère être son père. Avec son frère aîné Victor, il s’enfuit de la maison familiale et les deux hommes développeront un lien que rien ne brisera («We stick together no matter what» déclare Victor à Logan) jusqu’à ce que…
Une photo de X-Men Origins: Wolverine
© 20th Century Fox – Tous droits réservés
Le générique, superbement travaillé – il m’a d’ailleurs rappelé celui de Watchmen (et si vous voulez le voir, suivez le lien) – et présentant Logan (Hugh Jackman) et Victor (Liev Schreiber) se battant au coude à coude dans tous les grands conflits, de la Guerre de Sécession à celle du Vietnam, parvient à situer subtilement les deux protagonistes du film. Si on constate l’animalité brute de celui qui deviendra plus tard Wolverine, Victor, lui, exhibe déjà les symptômes de ce qui l’opposera à son frère: son goût du sang et un sadisme dont on voit poindre les premiers éclats dans la séquence sur Omaha Beach, par exemple, et plus précisément lors de sa tentative de viol d’une vietnamienne en pleine jungle. Les hommes de l’unité à laquelle appartiennent Logan et Victor tentent d’arrêter ce dernier, après que son cadet soit venu à sa rescousse. Les deux hommes sont rapidement menés au peloton d’exécution pour avoir occis un officier supérieur dans l’échauffourée.
Le personnage de Victor fait d’ailleurs sensiblement penser à celui de The Comedian par sa violence froide, mais ce thème n’est – malheureusement pour les cinéphiles adultes – pas développé, les studios 20th Century Fox ne pouvant pas, pour des raisons économiques, se permettre une cote R qui aurait nettement fait baisser le nombre d’entrée de la fraction la plus importante des habitués de salles obscures: les 14-18 ans (Aparté, les trois opus précédents des X-Men étaient cotés PG-13, il aurait été malvenu de déroger à cette tradition).
Une photo de X-Men Origins: Wolverine
© 20th Century Fox – Tous droits réservés
C’est lorsqu’ils croupissent dans une cellule que Stryker entre en scène (et que se termine le générique du film) et leur propose d’appartenir à une unité spéciale qui, certes, leur permettra de servir leur pays, mais leur garantira des privilèges («special team, special privileges») qui flattent l’orgueil incommensurable de Victor, convaincu de sa supériorité. C’est à cette occasion que les deux hommes sont incorporés à une équipe qui comprend Wade (Ryan Reynolds), futur Deadpool, Wraith (Will.i.am), Frederick (Kevin Durand), futur Blob, David North (Daniel Henney), futur Agent zéro et Bolt (Dominic Monaghan). Mais leur première mission au Nigéria pour récupérer une pierre noire sonnera le glas de la collaboration de Logan quand il réalise qu’il ne peut plus cautionner ni défendre la violence de Victor. On retrouve donc notre héros six ans plus tard, joyeux bûcheron dans les Rocheuses canadiennes qui passe de fort agréables soirées dans les bras de la douce Kayla Silverfox. Malheureusement, Stryker ne tarde pas à pointer le bout de son nez, pour demander son aide à Logan alors que, dans le même temps, on assiste d’abord au meurtre de Bolt par Victor, puis à celui de Kayla, ce qui poussera Logan à se joindre au programme Weapon X pour enfin devenir l’animal qui pourra tuer Victor.
C’est à ce moment-là que Logan devient le personnage qu’il est par la suite: un héros qui n’en est pas un, qui n’est absolument pas torturé et qui possède un mélange d’auto dérision et de cynisme qui n’est pas sans rappeler Tony Stark, alias Iron Man. Les dialogues de David Benioff et de Skip Woods sont d’ailleurs remplis de petites phrases chocs, assassines, drôles, de clins d’œil et de second degré qui rendent le film truculent et en font un divertissement intelligent.
Une photo de X-Men Origins: Wolverine
© 20th Century Fox – Tous droits réservés
Malheureusement pour lui, Logan, qui est maintenant devenu le Wolverine au squelette d’adamantium au prix de souffrances indicibles (la séquence est extrêmement bien réalisée) se fait tromper par Stryker. Notre mutant s’enfuit et se retrouve donc poursuivi par l’Agent zéro – la séquence de poursuite de Wolverine, à moto, par l’Agent zéro, en hélicoptère, est impressionnante et extrêmement bien chorégraphiée; c’est l’une des meilleures du film – qu’il met rapidement hors d’état de nuire. De proie, Wolverine est devenu chasseur, ce qui fait du bien, le physique de Hugh Jackman étant incompatible avec un personnage fade et cantonné à un rôle de victime des événements.
Il retrouve Wraith à Las Vegas. Celui-ci est devenu le promoteur de Frederick qui s’est transformé en Blob (avec un t-shirt Save the Whales fort marrant!). Il est mis sur la trace de Gambit, des moments filmés de façon splendide par Gavin Hood, certainement parmi les scènes les plus léchées de X-Men Origins: Wolverine. Victor, qui n’est jamais bien loin, se débarrasse habilement de Wraith (les paroles de Victor qui précèdent le «crac» quand il lui brise la colonne vertébrale sont admirables de méchanceté nonchalante) tandis que Gambit, sans qu’on comprenne trop bien pourquoi, empêche Logan de tuer Victor et accepte de l’aider à trouver le repaire de Stryker après avoir initialement refusé. On peut d’ailleurs déplorer que toute la séquence qui se déroule à La Nouvelle-Orléans n’ait pas été développée. Le scénario y aurait gagné en clarté et cela aurait permis un examen plus profond du personnage fascinant de Gambit dont on ignore les motivations.
Les dernières séquences, sur l’île de Stryker, mettent en place les éléments-clés que l’on a retrouvés dans les trois X-Men suivants: l’amnésie de Wolverine, provoquée par Stryker qui lui tire des balles d’adamantium dans la tête, l’arrivée de Xavier (je ne pense d’ailleurs pas que ce soit un caméo; je n’ai pas vu le nom de Patrick Stewart au générique et j’ai l’impression que son visage a été ajouté par ordinateur à partir d’une séquence d’un des X-Men précédents) et le sauvetage de Cyclops et d’autres mutants. Le combat qui oppose Wolverine à Wade – devenu Deadpool après les expériences menées par Stryker – aurait, lui aussi, mérité quelques minutes de plus, ne serait-ce que pour creuser ce personnage, incarnation moderne de Frankenstein, d’une marionnette à qui on a volé son libre arbitre, mais qui possède encore une humanité, prisonnière dans un corps transformé en machine à tuer.
On déplore la durée du film (un maigre 107 minutes) tout en comprenant les raisons économiques qui ont poussé Gavin Hood à demeurer en-dessous des deux heures (moins de séances égale moins de revenus). Tel quel, X-Men Origins: Wolverine est une réussite, excellent prélude aux trois autres films de la série qu’on s’empresse d’aller voir (ou revoir!).
Cote: 








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