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JMC Project et l’album Making A Statement: la musique sans carcan

Sandra Bellefoy
Publié le: 7 avril 2009 à 18:41 (Dernière mise à jour: 3 octobre 2009 - 5:32)

C’est en 2006, sous l’impulsion de Philippe Cyr, qu’est né le JMC Project. Trois ans plus tard, le groupe lance son premier album intitulé Making A Statement, et effectivement c’est toute une déclaration musicale qu’il nous livre!

Pochette de Making A Statement de JMC Project

Par une journée pas vraiment printanière, dans un petit café de Québec, je rencontre trois des musiciens du groupe. Le JMC Project est directement issu de la musique émergente locale. Même si quelques uns de ses membres habitent désormais Montréal, Québec reste leur point de chute. D’ailleurs, il est bon de se rappeler – ou de découvrir! – à quel point la musique émergente est bien vivante à Québec, avec de plus en plus d’artistes qui font leur route à partir de la vieille capitale. L’un des trois musiciens en ma compagnie théorise sur le sujet: «À Québec, c’est plus facile de faire de la musique, t’as plus d’ouvertures, pis ton appart’ te coûte moins cher, alors t’as plus de temps pour pratiquer ta musique!»

Mais revenons aux débuts du JMC Project. À la fin de ses études universitaires en musique, Philippe St-Cyr décide de fonder une étiquette pour promouvoir ses inspirations musicales. Il fonde ensuite le JMC Project en regroupant des musiciens à la hauteur de ses aspirations. Il explique: «J’ai été initié au jazz durant le cégep. J’ai ensuite découvert des artistes qui mélangeaient jazz et hip hop. J’étudiais en musique et je cherchais à former un groupe. J’ai vu Soulive au Café Campus. Cela groovait beaucoup et j’ai eu envie de suivre cette piste. Ensuite, après l’université, je voulais créer mes propres opportunités. Cela prend des guts: si je croyais pas à mon affaire, je ne ferai pas tant de sacrifices.»

Afin d’explorer la musique en profondeur et voyant le jazz comme une substance à redécouvrir, Philippe décide de s’entourer de jeunes musiciens capables d’apprécier cette direction. La plupart des membres du groupe font d’ailleurs partie de ses connaissances. Il pense que l’université est un bon vivier de talents: «Étudier la musique, c’est un super feeling, mais c’est difficile aujourd’hui d’être musicien. Souvent, les étudiants vivent des désillusions et abandonnent leurs études pour se rediriger vers des domaines plus payants. À mesure que les études avancent il ne reste plus que la crème de la crème. L’université est une bonne place pour rencontrer du monde trippant, tu peux te faire des bonnes connections ».

JMC Project

Le groupe JMC Project
Photo © Fred Jourdain – REPRODUCTION INTERDITE
Cliquer pour agrandir

Une musique évolutive

William Coté, le batteur du groupe, trouve aussi normal que de plus en plus de styles musicaux se mélangent avec le jazz: «Si tu veux étudier en musique à l’université, en gros, tu as deux choix: le classique ou le jazz. Alors les musiciens qui trippent sur d’autres styles de musique finissent par les intégrer à leur formation, comme le electro-jazz ou le acid-jazz.»

À l’époque de la naissance du groupe, Philippe anime déjà l’émission de radio Jazz mon char, dont le but premier est de prouver que le jazz peut être contemporain et pas seulement intellectuel. Il s’inspire d’ailleurs de cette émission (toujours en ondes à Québec et Montréal) pour nommer le groupe en formant l’acronyme JMC. Mais le jazz n’est qu’un ingrédient de la richesse de ce projet musical. Avec la venue de Peter Tardif au sein du groupe, le hip-hop vient s’ajouter à cet ingrédient de base pour le remettre au goût du jour: la fusion entre le jazz et le hip-hop est en mouvement.

Le groupe désire cependant produire des rythmes et une musique accessible à tous. Comme le souligne William, «Pour les gens en général, le jazz peut paraître compliqué et inaccessible. Pour les gens habitués à la musique instrumentale, le hip-hop peut paraître redondant. Moi, personnellement, j’ai de la misère à écouter du hip-hop en boucle quand c’est la même séquence qui roule!»

Peter, le chanteur du groupe, enchaîne: «On est allé au delà de l’aspect redondant du hip-hop: on a gardé les paroles et incorporé du jazz. Rackim et Eric B ont sorti un album en 1988; il y avait de la contrebasse, du sax, de minis solos. C’est ce côté là du hip hop qui m’inspire, celui qui reflète ta réalité, mais qui a plus de substance que juste parler de filles ou de char. Avant, j’étais purement hip-hop, mais j’ai viré jazz avec le JMC. J’apprécie la compréhension du groupe, on communique parfaitement en tant que musiciens, on improvise, on écoute l’autre, on le suit, on s’ajuste.»

Il ajoute ensuite, avec une profonde conviction, «Le problème avec le hip-hop, c’est que c’est pas pris assez au sérieux. Il y a trop de vulgarité et cela trouble la perception. Si j’écrivais des trucs de filles et de chars, je me mentirais à moi même. Je serai fake pour avoir l’air cool et je ne me sentirai pas intègre.»

William, lui, voit le coté jazz comme une absence de contrainte. «On peut jammer autant qu’on veut. En show, on ne fait pas l’album intégral. On ne suit pas la track. Si l’un de nous part un solo, alors les autres le suivent; on s’écarte et on se laisse aller. Cela nous arrive très souvent dans le JMC.»

Ressentir la musique est très important pour la cohérence du groupe, Chacun ressent la musique à sa façon, chacun laisse la place à l’autre. Ensemble, ils arrivent à produire un son original et définitivement contemporain. Peter ajoute «Y’a un peu de sax, un peu de guit’, y’a de la place pour tout le monde.» Jod Lamarche, avec son saxophone groovy, contribue beaucoup à la partie improvisation du groupe et Marjorie Fiset, la seule fille de la formation, apporte quant à elle une dose de sensualité, certes, mais aussi un contrepoint vocal musicalement très intéressant par rapport à son comparse Peter.

Des premières armes sur scène…

Habitués à performer sur scène, le groupe a fait ses premières armes dans les petites salles de Québec. Durant le dernier festival d’été, le JMC Project a fait la première partie des Lost Fingers. On peut d’ailleurs mentionner qu’Alex Morissette (le bassiste des Lost Fingers), a participé au début du groupe en jouant plusieurs fois à leurs cotés durant l’été 2007.

Pendant deux ans, le groupe fait ses armes, donnant spectacle sur spectacle et acquérant l’expérience de la scène. Au fil des mois, un équilibre musical se forme entre les membres du JMC Project, un équilibre qui se démarque dans le paysage musical ultra formaté auquel les médias nous ont habitué. Comme le mentionne Philippe, «Voir le JMC en show est nécessaire pour en percevoir toute l’essence.»

… au premier album

C’est de cet équilibre interne, acquis sur scène, qu’est parti le concept de l’album. «À force de pratiquer et d’enregistrer nos jams, j’ai trouvé un ordre dans le désordre et l’idée de l’album est née», se rappelle Philippe. «Une fin de semaine dans un chalet pour boucler le tout en une seule prise et l’album a pu prendre forme.» Côté production, le groupe est très reconnaissant à Serge Samson pour l’aide apportée. «On a réussi à avoir une production studio de qualité. Serge nous a beaucoup aidé, autant par son expérience de travail que par ses qualités humaines.»

Alors, ça donne quoi? Comme nous l’explique Philippe, deux thèmes majeurs se dégagent de Making A Statement: «Il y a bien sûr le mélange hip-hop et jazz qui est très présent, comme dans les chansons Green et In the Mix, mais il y a aussi un traitement spécial des interludes pour retrouver un son qui se rapproche de ce qui se faisait dans les années ‘50.»

Le groupe a lancé l’album à Québec en mars dernier, mais c’est demain soir, 8 avril, à 20 heures, qu’aura lieu le lancement montréalais. Alors, pour vous en mettre plein les oreilles, question d’oublier la grisaille ambiante, offrez-vous donc une bouffée de fraîcheur musicale, signée JMC Project!

Le lancement à Québec en photos et vidéo

Lancement de l'album Making A Statement, de JMC Project, à Québec  Lancement de l'album Making A Statement, de JMC Project, à Québec  Lancement de l'album Making A Statement, de JMC Project, à Québec  

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Pour en savoir plus

JMC Project sur MySpace: .

JMC Project sur Facebook:

Acheter l’album (au coût de 9,99 $):

Bluetracks.ca:


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