Top

Critique DVD – Carnivàle

Martin Pelletier
Publié le: 15 mars 2009 à 11:04 (Dernière mise à jour: 21 mars 2009 - 6:08)
Critique DVD - Carnivale

V.f.: Carnivale

Sortie: Disponible depuis 2004
Site de la série télévisée:
Genre: Série télévisée de fiction, Dramatique
Date de diffusion de la série: septembre 2003 à mars 2005
Durée: 720 minutes (saison 1)
Langue(s): anglais, (5.1, 2.0), français et espagnol (2.0)
Sous-titres: anglais, français, espagnol

Créateur: Daniel Knauf
Interprètes: Michael J. Anderson, Adrienne Barbeau, Patrick Bauchau, Clancy Brown, Debra Christofferson, Tim DeKay, Clea DuVall, Cynthia Ettinger, John Fleck, Carla Gallo, Toby Huss, Amy Madigan, Diane Salinger, Nick Stahl, Karyne Steben, Sarah Steben, Brian Turk.

Notre cote: ★★★★★★★★☆☆ 

Le carnaval n’est pas qu’à Québec!

La télévision n’est pas un art mineur, oh que non! Il arrive parfois que dans le lot des émissions et de DVD de téléséries on arrive à découvrir une production télé qui est une œuvre, un véritable bijou. Carnivàle est une série qui fait partie de cette catégorie.

Bienvenue dans un monde rempli de personnages excentriques, de situations fantastiques et de subtilités. Regarder Carnivàle demande une bonne dose d’efforts pour apprécier le récit, les protagonistes, les décors, l’atmosphère. On doit être prêt à avoir les neurones en activité pour bien savourer à sa juste valeur cette production télévisuelle. Comme une œuvre, il faut prendre son temps pour comprendre. L’exercice mental en vaut la peine. Mais attention, la nuance n’est pas au rendez-vous! C’est le genre d’émission que l’on aime ou que l’on déteste, car vous n’avez qu’à penser à toutes les conventions télévisuelles et Carnivàle les transgresse ou contourne toutes!

Le créateur de Carnivàle, Daniel Knauf, nous transporte dans l’univers spécial d’un cirque ambulant qui parcourt les États-Unis dans les années ‘30. C’est sombre, ténébreux et un peu vieillot. Les couleurs dans l’image mélangent l’aspect sépia et les teintes de vert. Bref, c’est un peu glauque, carrément l’antithèse des téléséries «hop la vie» que l’on regarde le cœur léger, l’esprit en mode «vedge». L’ambiance visuelle est bien accompagnée par un étrange récit et une musique envoûtante qui passe inaperçue tellement elle se marie bien à l’ensemble. On sent que l’on regarde quelque chose qui durera, que l’on pourra même prendre plaisir à re-regarder. Et quand on arrive à bien saisir les éléments en demi-teintes, on se sent intelligent. Juré, craché!

Un cirque sans soleil

Outre ses attractions habituelles comme une grande roue et un carrousel avec des chevaux de bois, les roulottes de ce petit cirque sont habitées par de personnages insolites: une femme à barbe, des sœurs siamoises et même un homme lézard. Dit comme cela, on pourrait croire que c’est un «freak show» qui n’a pour but que de laisser une marque dans l’esprit des gens, impresionnables ou non. Eh bien non, pas du tout! C’est une télésérie qui nous plonge dès les premières minutes dans un univers qui mélange le réel et l’irréel. Une ambiance fantastique ressemblant à Twin Peaks ou Mulholland Drive, des productions proposées par David Lynch dans les années ‘90.

Carnivale

© HBO – Tous droits réservés
Cliquer pour agrandir

Ce n’est pas le seul lien avec les œuvres de Lynch, qui a lui aussi travaillé avec l’acteur Michael J. Anderson. Acteur reconnaissable par son visage singulier, il est surtout connu pour sa petite taille. Anderson prouve deux choses: les nains peuvent jouer avec grand talent et la prestance n’a rien à voir avec la grandeur physique. Dès qu’il apparaît à l’écran, sous les traits du personnage Samson, on ressent l’importance qu’il a et l’étrange qu’il porte. À bien y penser, il semble agir comme un ingrédient «secret» pour donner un goût particulier et une touche spécifique à l’image.

Un certain lyrisme, tel un spectacle du Cirque du Soleil, transpire de cette production. Évidemment, les notes sont poussées dans un registre très différent des shows de Guy Laliberté ou de Franco Dragone. Les personnages vont même jusqu’à offrir une certaine mythologie tellement ils semblent habiter dans un monde parallèle, tellement ils représentent des caractéristiques précises.

Le bien et le mal s’affrontent

Le récit propose une autre histoire, toute aussi bizarre, qui se love dans la première. On suit le frère Justin Crowe (Clancy Brown) qui cherche à sauver ses ouailles. Tranquillement, cet homme d’Église glissera dans les griffes du malin et on assiste à un combat vieux comme la Terre: le bien contre le mal. Oui, voilà un thème usé à la corde et pourtant, le traitement est assez inventif pour que l’on colle au téléviseur, pour que l’on ait le goût de savoir comment vont évoluer les personnages.

Carnivale

© HBO – Tous droits réservés
Cliquer pour agrandir

C’est d’ailleurs la seule ombre au tableau. Ce goût de savoir prend du temps à naître. D’accord, installer un climat peut prendre du temps. Pas de problème avec cela. Ce qui est plus difficile, c’est le lien que l’on tisse difficilement avec les personnages. Le rythme est à la limite du lancinant, jouant parfois avec la patience des téléspectateurs.

Remarque sympathique

Outre certains acteurs que l’on peut voir dans des séries plus récentes (c’est le cas de Clea DuVall, qui interprète une policière dans Heroes), il y a des Québécoises dans Carnivàle. C’est le côté «soyons fiers d’être québécois» qui sommeille au fond de moi! Donc, on peut voir Karyne et Sarah Steben dans le rôle des sœurs siamoises. Ces jeunes québécoises ont pour père nul autre que Claude Steben, bien connu pour son rôle du Capitaine Cosmos dans Les Satellipopettes. Wow! Que de potins et de beaux souvenirs!

Un «déjà vu»?

Bien qu’inclassable, Carnivàle possède certains points communs avec la série Firefly: il est extrêmement difficile à classer dans un genre et surtout, on a tiré sur la «plogue» rapidement. C’est malheureusement encore une question d’argent et de profits. Le diffuseur HBO trouvait que le ratio coût de production/cote d’écoute n’était pas assez favorable. Il faut dire que la première saison a eu des scores très intéressants, mais l’essoufflement a rapidement gagné la série. Au grand dam des amateurs, Carnivàle n’a jamais vu le jour pour une troisième saison. La télévision a parfois cette capacité de mettre fin abruptement à des productions, surtout lorsqu’il s’agit de créations qui tentent de sortir des sentiers battus.

Carnivale

© HBO – Tous droits réservés
Cliquer pour agrandir

La deuxième saison est aussi disponible sur DVD, mais il faut savoir dans quoi on s’embarque. Personnellement, je n’ai pas encore commencé à la visionner. Pourquoi? Parce qu’elle se termine sur une intrigue très prenante, un «cliffhanger» comme on dit. Le hic, c’est que comme Carnivàle a été retirée après deux saisons, alors que Daniel Knauf avait planifié la série sur six ans (il avait même pensé à réaliser Carnivàle sur grand écran), on reste carrément sur notre faim.

Liste des épisodes de la télésérie – Saison 1

1- Milfay
2- After the Ball Is Over
3- Tipton
4- Black Blizzard
5- Babylon
6- Pick a Number
7- The River
8- Lonnigan, Texas
9- Insomnia
10- Hot and Bothered
11- Day of the Dead
12- The Day That Was the Day


Partager:
  • Wikio FR
  • Scoopeo
  • Facebook
  • MySpace
  • Technorati
  • Twitter
  • Digg
  • del.icio.us
  • MSN Reporter
  • Yahoo! Bookmarks
  • Google Bookmarks
  • Print
  • email

NOTE: Ce texte, comme tous ceux de LeBuzz.Info, est soumis à la loi sur le copyright et les droits d'auteur. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteur, incluant un lien vers le texte cité) sans l'autorisation expresse de l'auteur est interdite.


 

« PRÉCÉDENT
Critique DVD – Firefly
SUIVANT »
Sortie du DVD de Twilight: critique, vidéos et entrevue de Robert Pattinson


Commentaires

Un commentaire pour “Critique DVD – Carnivàle”

Trackbacks

Autres sites discutant de cet article...
  1. [...] Critique DVD – Carnivàle – LeBuzz.info [...]



Qu'en pensez-vous?

Faites-nous part de vos commentaires!

Trackback: http://lebuzz.info/2009/03/18102/critique-dvd-%e2%80%93-carnivale/trackback/

Bottom