[Critique] Che, Benicio Del Toro à son meilleur
Publié le: 20 février 2009 à 4:54 (Dernière mise à jour: 7 mars 2009 - 4:35)
Le Che de Steven Soderbergh, mettant en vedette Benicio Del Toro, Julia Ormond, Rodrigo Santoro et Demián Bichir est un roman-fleuve cinématographique, qui prend l’affiche aujourd’hui, 20 février, au Québec.
© IFC Films – Tous droits réservés
Deux parties de deux heures (L’Argentin et Guerilla), de faux documents d’archives, de vraies citations tirées des journaux d’Ernesto Guevara, le tout s’échelonnant de 1952 à 1967. Le spectateur est immédiatement jeté dans l’action: les prémisses de la révolution cubaine, le combat sur le terrain, le tout mêlé à des comptes-rendus de la visite du Che aux Nations-Unies et à ses premières rencontres avec les frères Castro.
Steven Soderbergh filme Che au présent, sans explications. Par la forme, on dirait presque un documentaire, mais les plans de caméra et le message politique trahissent la présence du cinéaste. Et pourtant, le réalisateur ne tombe pas dans le piège facile de dépeindre le Che en héros, en révolutionnaire ou en combattant sanguinaire. Ernesto Guevara est un homme, Soderbergh est là pour raconter certains moments de sa vie, pas pour les expliquer ni encore moins pour les justifier. Il n’y a donc aucune envolée lyrique, aucun moment poignant, pas d’effets comme on pouvait en voir dans Traffic. Che est brut, c’est une chronique. Si on assiste à des échanges entre Guevara et Fidel Castro, ils ne sont qu’informatifs, la relation complexe entre les deux hommes n’étant jamais explorée plus à fond. Pas plus que le réalisateur ne nous offre d’explications sur les raisons – autres qu’idéologiques – de l’implication du Che dans la révolution cubaine. Sa présence en Bolivie et sa mort ne sont pas plus creusés.
Est-ce un défaut? Non. Le film aurait perdu en valeur historique si Steven Soderbergh s’était amusé à brosser un portrait conforme à la politique internationale américaine ou, au contraire, en totale désaccord avec cette dernière.
Avec Che, on a aussi droit à une prestation exceptionnelle de Benicio Del Toro (ainsi que de Demián Bichir en Fidel Castro qui m’a fait penser à Josh Brolin dans W. tant il est bon). Il est littéralement Ernesto Che Guevara, a pris ses expressions, sa démarche, sa posture et son physique à un point tel qu’on se demande, en visionnant les fausses séquences d’archives, s’il ne s’agit pas de vraies.
Le texte du synopsis est celui fourni par Séville Films, distributeur de Che au Québec:
Première partie: l’Argentin. Cuba, 1952 : le général Fulgencio Batista fomente un putsch, s’empare du pouvoir et annule les élections générales. Bravant ce dictateur corrompu, un jeune avocat, Fidel Castro, candidat à la députation sous la bannière du Parti du Peuple, passe à l’action. Dans l’espoir de provoquer un soulèvement populaire, il attaque avec 150 jeunes la caserne de Monaca le 26 juillet 1953. L’opération échoue ; Castro passe deux ans en prison. Amnistié en 1955, il s’exile à Mexico. Pendant ce temps, au Guatemala, un jeune Argentin idéaliste, Ernesto Guevara, se lance en politique. En 1954, lorsqu’un complot militaire soutenu par la CIA renverse le gouvernement, démocratiquement élu, de Jacobo Arbenz, Guevara se réfugie au Mexique. Après une première prise de contact au Guatemala, il rejoint un groupuscule révolutionnaire cubain. le 13 juillet 1955, dans un modeste appartement de Mexico, Raul Castro présente Guevara à son frère aîné, Fidel. Une rencontre discrète, qui marque une date clé dans l’histoire de Cuba. Guevara se voit immédiatement confier une opération de guérilla en vue de renverser Batista. Les Cubains affublent le jeune rebelle d’un sobriquet courant en Argentine: “Che”. 26 novembre 1956: Fidel Castro embarque pour Cuba avec 80 rebelles. L’offensive se solde par un massacre: seuls douze hommes en réchappent, dont le Che (médecin du groupe) et Castro. Réfugiés dans la Sierra Maestra, les “barbudos” déclarent la “guerre totale” au régime de Batista. Guevara prouve ses qualités de combattant et se rend indispensable à ses compagnons. La résistante s’intensifie, gange toute l’île. 1er janvier 1959 : les rebelles célèbrent leur victoire à Santa Clara, le dictateur s’enfuit. Fin de la 1ère partie…
Deuxième partie: Guerilla. Après la Révolution Cubaine, la gloire et la puissance du Che sont au plus haut. En témoigne sa harangue enflammée aux Nations Unies, réitérant son engagement dans le combat du tiers-monde contre l’impérialisme américain. Plus qu’un soldat, le Che est devenu une figure glamour de la scène internationale. Mais, soudain, voilà qu’il disparaît. Pourquoi a t-il quitté Cuba? Vers quelle destination? Est-il seulement en vie? Le Che réapparaît en Bolivie, incognito et méconnaissable, oeuvrant clandestinement à la constitution d’un petit groupe de camarades cubains et de recrues boliviennes censé amorcer la grande Révolution Latino-américaine. La campagne bolivienne est une ode à sa tenacité et à son sens du sacrifice. Elle nous permet de comprendre pourquoi le Che reste un symbole universel d’héroïsme et d’idéalisme. Son échec entraînera la mort du Che.
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J’ai adoré!!
Pas facile facile d’approche selon moi…
Et Benicio, effectivement à son meilleur!