[Entrevue] Daniel Craig dans Les insurgés: «mon personnage de Tuvia Bielski demeure un mystère»
Publié le: 14 janvier 2009 à 6:27 (Dernière mise à jour: 15 janvier 2009 - 6:35)
Les insurgés (Defiance), film d’Edward Zwick avec Daniel Craig, George MacKay, Liev Schreiber, Jamie Bell, Allan Corduner et Mia Wasikowska prend l’affiche au Québec et en Amérique du Nord le 16 janvier. Interviewé à l’occasion du junket, Daniel Craig parle de son rôle de Tuvia Bielski et livre ses impressions du film.
© LeBuzz.Info – REPRODUCTION INTERDITE
— Pour en savoir plus sur Defiance (Les insurgés), consultez notre dossier complet sur le film et voyez plus de 20 minutes de vidéos exclusives —
Qui est exactement Tuvia Bielski, le personnage que vous incarnez dans Defiance (Les insurgés)?
Il est un de quatre frères, il habite la Biélorussie, une région près de la Pologne en Europe Centrale. C’est le début de la Seconde guerre mondiale. Les Bielski sont juifs, c’est le début de l’holocauste et leur famille entière est tuée, de même que la majeure partie de la communauté dans laquelle ils vivent. Ils s’enfuient tous quatre dans la forêt avoisinante pour tenter de survivre et finissent par se venger en créant un petit groupe de résistants qui se battront contre l’armée allemande. Parallèlement, des juifs entendent parler de ces quatre frères et commencent à quitter le ghetto pour venir les rejoindre. Tuvia Bielski et ses frères n’ont alors pas d’autre choix que de créer une communauté, composée de personnes âgées, de femmes et d’enfants qui ne savent pas et ne peuvent pas se battre. Ils y survivent pendant quatre ans, jusqu’à la fin de la guerre.
Qu’est ce qui vous a intéressé dans ce rôle?
J’ai toujours voulu tourner avec Ed [NDLR: Edward Zwick, le réalisateur]. Il m’a appelé en me disant: ‘J’ai un projet qui pourrait te plaire. Ça fait 12 ans que je veux le faire. Je ne t’en parle pas plus, lis le scénario.’ Il m’a fait parvenir le script en y joignant des archives de l’époque. J’ai adoré l’histoire, dont je n’avais d’ailleurs jamais entendu parler. Et cet aspect m’a aussi beaucoup intéressé, car le fait que les juifs aient résisté aux allemands pendant la Seconde guerre mondiale n’est pas connu du grand public. On a toujours l’impression que la communauté juive s’est laissée massacrer.
Comment expliquez-vous la décision de Tuvia Bielski, votre personnage, de se joindre à la Résistance et de combattre les nazis?
C’est quelque chose qui m’échappe complètement. La réflexion et le processus qui conduisent Tuvia Bielski à prendre la décision d’aller lutter, tout ce qui le conduit à se dire: ‘Il faut faire quelque chose et je suis la personne pour le faire’ demeure un mystère pour moi. Les frères Bielski possédaient quelque chose au fond d’eux-mêmes, une qualité vitale, un amour de la vie, une manière particulière de ressentir la joie et la douleur. Le fait que Tuvia prenne la décision de s’occuper de ce groupe de personnes a été un élément absolument fascinant à explorer et je ne suis pas sûr du tout d’avoir été capable d’en saisir toute la dimension. J’ai, par ailleurs, l’impression que les besoins d’appartenance à une communauté et à une famille sont les messages principaux de Defiance (Les insurgés), de même que ce besoin primaire de survivre dans l’adversité.
Comment expliquez-vous que l’organisation sociale du camp ait aussi bien fonctionné?
Pour l’organisation du camp, Tuvia Bielski a exploré un système socialiste et même communiste. C’est ce qu’il fallait pour assurer la survie du groupe: personne n’était meilleur ou supérieur que le voisin. Tous ces gens-là ne sont pas seulement restés avec les frères Bielski parce qu’ils étaient en sécurité, mais parce que l’organisation du campement et de leur micro société fonctionnait. Ça marchait parfaitement.
En quoi était-ce important que le tournage se fasse à l’endroit où les événements ont eu lieu?
Nous avons tourné Defiance (Les insurgés) tout près des lieux où se sont déroulés les événements et la forêt est restée quasiment dans le même état qu’elle l’était à l’époque. Ça a été extrêmement important de tourner sur place, pas simplement à cause du visuel, mais parce que ça nous a permis de rentrer dans l’histoire. Nous avons tourné à quelques mètres de l’endroit exact où ont eu lieu deux massacres et le sentiment que nous avons éprouvé à ce moment-là est indescriptible. Une telle histoire ne peut pas disparaître et c’était important de la raconter à l’endroit où elle s’est déroulée. Je ne vous cacherais pas que le tournage a été dur. Mais il faut aussi se rappeler que tous ces gens ont vécu là pendant quatre ans, qu’ils ont survécu à trois hivers. Nous avons tourné jusqu’en novembre et j’avoue qu’il commençait vraiment à faire très froid, mais je ne conserve que de bons souvenir du tournage, j’ai oublié les vêtements trempés, l’air glacial, etc. (Rires).
Avez-vous éprouvé des difficultés particulières à incarner un héros en chair et en os, qui a réellement existé?
Héros… Je considère Tuvia Bielski comme un homme qui a accompli un acte héroïque. En même temps, c’est beaucoup plus complexe que ça. Les frères Bielski ont commis des actes répréhensibles, ils ont commis des crimes, mais en réaction à ce qui leur est arrivé. Et, résultat, 1200 personnes ont survécu à la guerre et sont sortis de cette forêt à la fin du conflit. Pour moi, son héroïsme est là. La difficulté principale de mon rôle a été d’absorber ce que je pouvais de Tuvia, de le comprendre, d’en savoir le plus possible sur lui pour pouvoir le rendre à l’écran.
NOTE: Ce texte, comme tous ceux de LeBuzz.Info, est soumis à la loi sur le copyright et les droits d'auteur. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteur, incluant un lien vers le texte cité) sans l'autorisation expresse de l'auteur est interdite.
Sur le plateau de: Sherlock Holmes et NineSUIVANT »
[Critique et dossier] Dustin Hoffman et Emma Thompson dans Last Chance Harvey
