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Les bourdes des médias traditionnels en 2008

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 27 décembre 2008 à 7:14 (Dernière mise à jour: 11 octobre 2009 - 14:15)

Craig Silverman est un journaliste montréalais, officiant au Globe And Mail, au Hour et à la Columbia Journalism Review Daily. Il dresse sur son blog, pour 2008, la liste des plagiats et des erreurs commises par les médias traditionnels. Et attention, ne vous étonnez pas d’y retrouver de grands noms de la presse anglophone!

d’aujourd’hui en est un collectif.

Car les médias traditionnels, principalement les quotidiens et magazines – en ligne ou hors ligne – sont coutumiers d’erreurs grossières et de plagiat.

Si certaines bourdes sont amusantes, d’autres sont franchement inquiétantes, comme le souligne Craig Silverman, blogueur et journaliste.

Ce Montréalais publie, tous les ans, sur son carnet , une revue en ligne des pires erreurs de l’année.

Pour 2008, sous le titre , il décerne ses prix de démérite à trois organes de presse.

En première position, le , site Web japonais, qui a été obligé de relancer ses pages après la publication d’une série d’histoires totalement fausses. La liste complète des excuses de la rédaction et comprend pas moins de 22 (!) avis et notes aux lecteurs.

En deuxième place, le groupe britannique des publications Express s’est illustré pour avoir traîné dans la boue Kate et Gerry McCann, les parents de la petite Madeleine, disparue au Portugal. Mais ce n’est pas de son plein gré que le groupe a publié des excuses dans les éditions dominicales du et du , mais après que les McCann aient, par le biais de leurs avocats, porté plainte devant la justice. Plutôt que de perdre le procès, le groupe a préféré négocier une entente hors cour et a versé un million de dollars au Fonds Madeleine, qui paye toujours pour les recherches.

Quant au troisième prix, il va à The Bulletin, un hebdomadaire papier et en ligne du comté de Montgomery au Texas. C’est que le journal avait érigé le plagiat comme forme moderne d’écriture. L’adresse Web a, depuis cette histoire amplement commentée sur les pages de et du , été retirée et l’adresse mène désormais sur .

Et d’ailleurs, puisque nous parlons de plagiat, Craig Silverman s’est aussi intéressé aux histoires de copier/coller commises par les médias traditionnels en 2008. La liste complète, présentée par mois, est disponible dans son billet intitulé et inclut aussi les nouvelles qui ont été inventées de toutes pièces par plusieurs publications.

On rirait si ce n’était pas aussi triste…

PS: j’ai découvert via , un billet de , un excellent blog d’analyse sur la situation des médias à l’heure actuelle.


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Commentaires

3 commentaires pour “Les bourdes des médias traditionnels en 2008”
  1. Benoit Bisson dit :

    Fascinant – et déprimant – de découvrir l’ampleur du phénomène. Et le pire, c’est qu’il ne se penche essentiellement que sur les médias ‘officiels’.

    Dans l’univers des blogs, des sites de fans et des forums, les abus sont monnaie courante: copier/coller, liens directs à des images, appropriation de crédits, omission de citation des sources, mépris total des droits d’auteurs et de la propriété intellectuelle, tout y passe. Et je peux dire en connaissance de cause que lorsque l’on intervient pour faire respecter ses droits, 9 fois sur 10, on se fait répondre par une flopée d’injures. Quant aux rectificatifs et aux excuses, on peut toujours rêver: dans le meilleurs des cas, le texte plagié est retiré et, dans le pire, il reste en ligne tel quel et il faut alors être prêt à se taper les poursuites – et les frais juridiques – pour faire valoir ses droits.

    Je ne sais pas vraiment s’il y a une solution au problème alors que nous sommes à l’ère du je-m’en-foutisme généralisé. Tant qu’il y en aura qui penseront que la liberté égale le droit de faire n’importe quoi n’importe comment, j’en doute.

  2. L’information circule plus librement grâce à l’internet et à mon sens, il faut encourager les uns à s’inspirer des autres en y ajoutant de la “valeur ajoutée” afin d’offrir un contenu sans cesse mieux étoffé et en fin de compte, plus utile.

    Ceci dit, le plagiat, pur et simple, ne doit idéalement servir que de transition vers un usage plus “productif” de nos moyens de communications modernes — autrement dit, quand le plagiat permet à des “nouveaux venus” de se pratiquer en vue de produire eux-mêmes du contenu “riche”, c’est une chose mais à l’autre bout du spectre, si le plagiat s’incruste comme “modèle d’affaires principal”, là, on a un problème.

    Il me semble que l’éducation pourrait aider ceux qui plagient parce qu’en fin de compte, s’ils ajoutent de la valeur (qu’importe la nature de cette “valeur”), ils deviennent (eux aussi) des “auteurs” et contribuent, à leur tour, à enrichir l’offre de “contenu”.

    Il faut cependant éviter de généraliser parce qu’en parlant avec les gens qui plagient, on se rend parfois compte que leurs motivations sont plus nobles que ce qu’il n’y paraît, à première vue.

    Par exemple, il m’a été donné de m’entretenir avec quelqu’un qui maintenait une archive de tous les articles publiés dans le site internet de Radio-Canada. Au fil du temps, il avait constaté que des articles “controversés” étaient considérablement modifiés ou carrément enlevés du site web alors, il a décidé de maintenir sa propre archive — ce type de “plagiat” me semble motivé par un objectif plus noble qu’il n’y paraît alors voilà, il faut poser des questions au lieu de tout mettre dans le même sac.

    C’est tout ça et juste ça.

    Les médias évoluent vite mais tant que la liberté d’expression l’emporte sur la censure, nous cheminons dans la bonne direction.

    • Benoit Bisson dit :

      Claude, philosophiquement parlant, je suis d’accord avec une bonne partie de votre commentaire.

      Au départ, il y a effectivement un besoin d’éducation. Il arrive trop fréquemment que l’on utilise le concept de liberté d’expression pour justifier le non-respect de la propriété intellectuelle et des droits d’auteurs.

      Prenons votre exemple d’archive des articles publiés dans le site de Radio-Canada. D’un point de vue strictement légal, si ce contenu est mis en ligne, cela est, d’une part, en contradiction avec les conditions d’utilisation du site de Radio-Canada et constitue, d’autre part, un non-respect de la propriété intellectuelle et du droit d’auteur. Toutefois, je suis tout à fait d’accord avec vous que le but est noble, pour ne pas dire essentiel: préserver l’intégrité d’archives qui, malheureusement, sont facilement modifiables – et modifiées – sans que les lecteurs n’en soient informés. Ironiquement, cette situation nous place devant deux problématiques distinctes: droits d’auteurs et éthique des médias; les droits sont protégés par des lois, mais l’éthique n’a aucun cadre juridique. Elle n’est soumise qu’à la bonne volonté du média. De là à se permettre une auto-censure, il n’y a qu’un pas, qui est franchi allègrement.

      Ceci étant dit, il me semble tout de même qu’il y a certaines lignes de démarcation qui, à mes yeux, déterminent la tolérance – ou l’intolérance – à avoir face au plagiat de contenu. Prenons un exemple pratique: si je publie des textes sur LeBuzz.info, c’est évidemment pour informer et/ou divertir les lecteurs. Pour rentabiliser l’opération, j’intègre aussi au site des publicités. Si un site X s’approprie mon texte et le reproduit intégralement, il me prive de revenus. En ne me donnant même pas crédit – en donnant l’adresse du site comme source – il me prive aussi d’achalandage. De plus, en règle générale, les sites qui agissent ainsi ont eux aussi de la publicité, donc ils génèrent des revenus à partir de mes textes. Et, pour couronner le tout, ils ont aussi une notice sur leur site indiquant que tout leur contenu est protégé par un copyright! Là, désolé, je ne vois aucune noblesse, aucune démarche d’apprentissage. Je n’y vois qu’un mépris flagrant de mes droits.

      Là où je diffère carrément d’opinion avec vous, c’est quand vous dites que «Ceci dit, le plagiat, pur et simple, ne doit idéalement servir que de transition vers un usage plus “productif” de nos moyens de communications modernes — autrement dit, quand le plagiat permet à des “nouveaux venus” de se pratiquer en vue de produire eux-mêmes du contenu “riche”…». Il y a de multiples façons de reprendre une information, de l’adapter, la personnaliser. Il est facile – et parfaitement correct – d’utiliser de nombreuses citations du texte original. Il est tout aussi facile d’indiquer ses sources. Bref, à mes yeux, il y a de multiples façons de se pratiquer à produire du contenu original, mais le copier-coller n’en fait certainement pas partie!

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