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[Critique] The Spirit: 103 minutes de bâillements!

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 23 décembre 2008 à 4:26 (Dernière mise à jour: 6 février 2010 - 13:19)

Frank Miller a une immense faiblesse: l’écriture de scénarios de films… Et, malheureusement, dans The Spirit, ce défaut prend des allures de catastrophe.

[Critique] The Spirit: 103 minutes de baillements!

© Lionsgate – Tous droits réservés – Publiée avec autorisation de l’auteur. (cliquez pour agrandir)

Excellent bédéiste, Frank Miller n’aurait jamais du se lancer dans le cinéma. Rappelez-vous… son premier script était pour Robocop 2, long-métrage qui a amorcé la descente de la franchise. La tendance s’est malheureusement poursuivie depuis, les indigestes scénarios de RoboCop 3, Sin City et 300 provoquant tous un indicible ennui dont le seul remède est de quitter la salle aussi vite qu’on y est entré.

Oui, bon, d’accord… j’avais un préjugé négatif en assistant au visionnement de The Spirit. Manque de chance, il s’est avéré tellement justifié que j’ai pris une décision: je ne me déplacerai plus pour voir un film écrit par Miller.

The Spirit souffre du même mal que ses – Dieu merci peu nombreux – prédécesseurs: l’histoire est à chier (pardonnez le langage), même si on sent un effort de cohérence par rapport à Sin City.

Pourtant, ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent. L’histoire de départ (un flic qui ne peut pas mourir et qui devient justicier masqué) n’est pas inintéressante, les personnages sont suffisamment déjantés (j’adore Octopus) pour qu’on se mette à délirer, l’ambiance est glauque à souhait, le visuel est époustouflant.

Mais…

Mais c’est tout. Passées les cinq premières minutes à s’extasier sur les images, passée la première scène avec Octopus, on s’ennuie.

Ferme.

Et ça dure.

Longtemps.

Trop.

103 minutes.

Les acteurs (la distribution est pourtant impressionnante: Gabriel Macht, Samuel L. Jackson, Scarlett Johansson, Eva Mendes, Sarah Paulson, Dan Lauria, Stana Katic, Johnny Simmons, Louis Lombardi, Jamie King, Paz Vega) – excellents si Miller leur avait donné des dialogues consistants -, les effets visuels et les plans de caméra hyper léchés ne suffisent pas.

Un diaporama de 103 minutes, c’est long… même avec de la musique et le postérieur magnifiquement rebondi d’Eva Mendes.

En bref, lisez la BD, regardez les photos du film (), mais évitez les salles de cinéma. Car The Spirit n’est qu’un plaisir d’esthète lobotomisé. Les amateurs de substance passeront leur chemin.

Notre cote: ★★★☆☆☆☆☆☆☆ 


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