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La moitié des médecins prescrivent des placebos!

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 29 octobre 2008 à 7:02 (Dernière mise à jour: 29 octobre 2008 - 7:21)

Je n’aime déjà pas beaucoup le corps médical, mais là, j’avoue que ça bat tous les records! En effet, d’après un article du New York Times, la moitié des médecins donnent des placebos à leurs patients de manière régulière. “Tout le monde est heureux: le médecin est ravi et le patient est content” de dire un docteur!!

La médecine a-t-elle vraiment changé depuis Molière? C’est la question qu’on est tenté de se poser en lisant ce texte du .

C’est via du , un organisme gouvernemental américain de recherche médicale qu’on apprend que la moitié (oui, 50%, 1/2!!!) des médecins prescrivent des placebos de manière régulière à leurs patients. Et, d’après les recherches de l’organisme, la même situation prévaut au Danemark, en Israël, en Angleterre, en Suède et en Nouvelle-Zélande!

Mais attention, le pire reste à venir!

Les docteurs en question n’utilisent pas des pilules de sucre, parfaitement inoffensives (seuls 3% des médecins interrogés disent faire une ordonnance pour de “vrais” placebos). Ils prescrivent des anti-douleurs (à 41%), des vitamines (à 38%), des antibiotiques (à 13%) et des sédatifs (à 13%) comme placebos.

Et, bien sûr, pas question d’en informer le patient. Pour s’assurer de tuer dans l’œuf toute question, «les docteurs diront: ‘Je vous donne quelque chose qui n’est pas souvent utilisé pour soigner votre maladie» rapporte .

Le docteur Farr A. Curlin, qui officie à Chicago (tenez-vous loin de lui!) n’hésite d’ailleurs pas à déclarer: «Je donne à mes patients les informations que j’estime qu’une personne raisonnable voudrait avoir, en tentant d’être aussi honnête que possible. Il y a des fois où j’ai dit: ‘Oui, je pense que ce médicament pourrait vous être utile, pourquoi ne pas l’essayer’ alors que je pensais que cela ne leur apporterait aucun soulagement.»

Et les dangers pour les malades?

Apparemment, il n’y en a pas! Comme Farr A. Curlin: «L’effet placebo est réel. Les gens se sentent vraiment mieux.» Son collègue, le Dr David Spiegel, qui occupe un poste d’assistant à l’Université de Stanford abonde dans le même sens. «La règle de base est de ne pas faire de mal. Si le médicament n’est pas toxique et qu’il fait du bien [au patient], alors les résultats prouvent qu’il faut s’en servir.»

Parallèlement, le cite une étude qui démontrerait que 30 à 40% des patients qui souffrent de dépression vont mieux quand on leur administre un placebo, un résultat que les médecins n’atteignent pas avec des antidépresseurs. De plus, comme le fait remarquer le Dr Howard Brody, de l’Université du Texas, les médecins se sont mis à prescrire de plus en plus de placebos devant l’engouement du public pour les médecines dites alternatives ou naturelles.

Quelle éthique?

Mais la question de fond demeure. Est-il éthique pour un médecin de mentir à son patient? La réponse du corps médical laisse songeur.

Tout d’abord, est-ce vraiment un mensonge? David Spiegel patine fort artistiquement autour du point, disant: «Vous pouvez dire au malade que vous pensez que le traitement l’aidera. Ce n’est alors pas un mensonge.»

Et les médecins sondés affirment tous qu’à partir du moment où leurs patients se sentent mieux, il est inutile de débattre de questions d’éthique puisque, après tout, le but est atteint!

Involontairement, William Schreiber, interne dans un établissement de Louisville, au Kentucky, ouvre le débat en affirmant au journaliste du que «le problème, c’est que la majorité des personnes sont des patients fort difficiles. Et c’est alors beaucoup plus simple de leur donner quelque chose, comme, par exemple, une bonne dose d’Aleve [NDLR: un anti-douleur].»

Évidemment, il faut bien s’attendre à ce que cette tendance fasse boule de neige et que quelqu’un l’utilise. , une mère de trois enfants, a trouvé le filon et s’est empressée de l’exploiter. «On ne devrait pas prescrire n’importe quel type de médicaments à des gens qui n’en ont pas besoin. Avant que j’invente Obecalp, il n’y avait aucune autre alternative. Maintenant, le corps médical peut décider d’administrer ou non un médicament et si la réponse est non, les médecins, infirmières et même les parents peuvent dispenser de l’Obecalp.»

Qu’est-ce que l’, demanderez-vous? C’est placebo écrit à l’envers et c’est une pilule de sucre qu’on peut donner, sans danger, aux malades pour qu’ils se sentent mieux.

C’est pas beau l’Amérique?


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Commentaires

Un commentaire pour “La moitié des médecins prescrivent des placebos!”
  1. Benoit Bisson dit :

    Il semble bien la notion marketing «Perception is reality» s’applique aussi en médecine. En fait, je vois deux problèmes dans la situation décrite: un problème éthique pour les médecins qui décident unilatéralement de mentir à leurs patients et leur prescrire un placebo à leur insu, et un problème d’ordre social. Quand on vit dans un monde où l’on assume que l’on est malade dès que l’on n’est pas ‘heureux’ et qu’il faut donc se faire soigner, et que la société encourage cet état d’esprit plutôt que de mettre l’accent sur la qualité de vie – équilibre travail/loisir, saine alimentation, exercice – on ne peut pas vraiment blâmer uniquement le corps médical non plus…

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