Top

Changeling / L’échange: quelles chances aux Oscars? [Critique]

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 28 octobre 2008 à 8:52 (Dernière mise à jour: 29 octobre 2008 - 7:03)

Changeling, présenté en France sous le titre L’échange et qui sort au Québec et en Amérique du Nord le 31 octobre, est le dernier thriller de Clint Eastwood, mettant en vedette Angelina Jolie, John Malkovich, Jeffrey Donovan, Colm Feore, Amy Ryan, Michael Kelly. Voici, en primeur, notre critique de ce film fort attendu, notamment en raison de ses chances aux Oscars.

Changeling - L'échange - critique

© 2008 Universal Studios
Cliquez pour agrandir

Autant vous prévenir tout de suite: je fais partie de ces critiques de cinéma qui pensent qu’Angelina Jolie aurait du obtenir une nomination aux Oscars - et la statuette qui va avec - pour son interprétation de Mariane Pearl dans A Might Heart (Un cœur invaincu).

C’est donc dans cet esprit que j’ai visionné Changeling (L’échange), le dernier film réalisé et produit par Clint Eastwood qui en signe aussi la délicieuse musique (elle n’est d’ailleurs pas sans rappeler Que reste-t-il de nos amours? mais sans paroles).

Présenté à Cannes en mai dernier, Changeling () était en compétition pour la Palme d’or… qu’il n’a pas remporté.

Clint Eastwood est un artisan: il cisèle son film avec doigté et agit en véritable chef d’orchestre dont la mission est de laisser chaque élément prendre sa place et compléter l’ensemble.
Le scénario

Le scénario de J. Michael Straczynski, un ancien journaliste qui a retrouvé la trace de Christine Collins dans des archives de la Ville de Los Angeles juste avant leur destruction, est impeccable.

L’histoire de cette femme, dont le fils a disparu en mars 1928, est poignante. Utilisée par les services de police de la municipalité - corrompus jusqu’à l’os mais déterminés à donner une image d’efficacité -, elle se battra jusqu’au bout pour faire entendre sa voix.

C’est que le petit Walter, que la police affirme avoir retrouvé cinq mois après sa disparition, n’est pas son fils. Mais le capitaine J.J. Jones (interprété par un Jeffrey Donovan puant de méchanceté) est formel: Christine est troublée, hystérique, folle. Il s’agit bien de son enfant, quoi qu’elle en dise, même s’il est plus petit, que sa dentition n’est pas la même et que sa prof ne le reconnaît pas. Et s’il faut l’interner et la soumettre à des électrochocs pour qu’elle reconnaisse son fils, c’est ce qui se passera.

Elle pourra, heureusement, compter sur l’aide du révérend Gustav Briegleb (un John Malkovich un peu faiblard) dont les prêches et les émissions de radio dénoncent la corruption ambiante.

Changeling - L'échange - critique

© 2008 Universal Studios
Cliquez pour agrandir

La réalisation

L’histoire en elle-même est incroyable (mais vraie!) et les événements font passer le spectateur par une gamme d’émotions allant de la joie, à la tristesse, à la colère, à la révolte pour ensuite recommencer.

Clint Eastwood n’a pas besoin d’en rajouter pour nous plonger dans l’horreur et l’incrédulité face au destin de cette femme, victime à la fois du ravisseur de son enfant et ensuite des services chargés de l’aider.

Les plans de caméra sont, comme dans tous les films de ce réalisateur de génie, hyper léchés, sobres, efficaces. La musique soutient les images; elle est là non pas pour générer des émotions, mais pour leur permettre de s’épanouir librement.

On sent le travail derrière chaque image, chaque scène. Le cadrage est étudié au millimètre près, les couleurs - et l’utilisation presque imperceptible du noir et blanc - renforcent l’impact émotif d’une scène ou d’un dialogue et l’éclairage n’est jamais le fruit du hasard, l’ossature du visage d’Angelina Jolie se prêtant parfaitement à cet exercice de style.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Clint Eastwood a déclaré que la compagne de Brad Pitt était une actrice idéale et on sent qu’elle se prête de bonne grâce aux demandes du réalisateur et qu’elle étudie autant que lui les plans de caméra.

Car Clint Eastwood compte sur le scénario, les dialogues et les acteurs pour livrer son message. Pas besoin d’artifices donc, il est un artisan: il cisèle son film avec doigté et agit en véritable chef d’orchestre dont la mission est de laisser chaque élément prendre sa place et compléter l’ensemble.

Alors, Oscars or not Oscars?

Je serais tentée de crier “Oscars”, un peu à la manière d’un “Tiiimber”… mais en raffinant un peu mon exclamation.

Oui à des nominations pour Clint Eastwood dans les catégories du Meilleur film et Meilleur réalisateur, il est, après tout, l’un des grands réalisateurs contemporains.

Oui à une nomination à J. Michael Straczynski pour le scénario et à Tom Stern pour la photographie.

C’est le cas d’Angelina Jolie qui me pose un peu plus de problèmes. Oui, elle mérite la nomination et même la statuette, mais son jeu - probablement tel que demandé par Clint Eastwood - est parfois un peu froid, tellement léché qu’il en perd en spontanéité. On est quand même loin de l’explosion de Hilary Swank dans Milion Dollar Baby ou de la douleur animale du personnage de Mariane Pearl dans A Mighty Heart.

Cote: ★★★★★★★★¾☆ 

Pour en savoir plus sur Changeling (L’échange)

Changeling: le retour d’Angelina Jolie - notre dossier complet du film (photos, bande-annonce, entrevues et secrets de production)
[Photos] Changeling, le prochain film d’Angelina Jolie - notre article du 13 juin dernier, présentant les premières photos du film
Cannes: les films en compétition - notre texte du 23 avril dernier



NOTE: ce texte, comme tous ceux de LeBuzz.Info, est soumis à la loi sur le copyright et les droits d'auteur. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteur) sans l'autorisation expresse de l'auteur est interdite.

 

« PRÉCÉDENT
Nouvelle bande-annonce pour Harry Potter
SUIVANT »
All Together Now: photos, bande-annonce et critique






Qu'en pensez-vous?

Faites-nous part de vos commentaires!

Trackback: http://lebuzz.info/2008/10/6304/changeling-l-echange-oscars-critique/trackback/

Bottom