[Critique] La bataille de Passchendaele: un film comme on aimerait en voir plus souvent
Publié le: 16 octobre 2008 à 22:26 (Dernière mise à jour: 7 mars 2009 - 4:40)
Écrit, produit, réalisé et interprété par Paul Gross, La Bataille de Passchendaele (Passchendaele en anglais) est un film canadien dans la plus pure tradition Hollywoodienne (dans le bon sens du terme). Décors grandioses, mise en scène solide et très bons acteurs (Caroline Dhavernas, Meredith Bailey, Joe Dinicol ou Gil Bellows pour ne citer qu’eux).
Avec La Bataille de Passchendaele (voir notre dossier), Paul Gross puise dans ses souvenirs et, à partir des histoires de guerre de son grand-père et des années de recherches effectuées sur le sort des unités Canadiennes déployées en Europe pendant la première guerre mondiale, nous livre sa vision du conflit ainsi qu’une magnifique histoire d’amour et de sacrifice.
La réputation de Paul Gross n’est plus à faire dans le milieu et on a pu le voir dans des séries comme Slings and Arrows ou encore Due South. En interprétant Michael Dunne, il s’offre un rôle sur-mesure, qui lui permet non seulement de jouer à son plein potentiel, mais de passer des messages forts. Il est parfait dans la peau de ce personnage un peu perdu, doutant de lui-même, mais toujours fidèle à ses principes et à sa morale.
C’est Caroline Dhavernas qui lui donne la réplique (la chimie entre les deux acteurs est évidente) et qui incarne à merveille une Sarah Mann, fille d’un immigrant allemand qui a décidé de se battre dans les tranchées de son pays d’origine et non du côté de sa contrée d’adoption. Forte et fragile à la fois, la jeune femme «est une battante qui m’a beaucoup appris» nous a d’ailleurs confié l’actrice en entrevue. C’est aussi une femme d’honneur, patriote à sa manière et consciente du rôle qu’elle peut tenir dans cette société à cheval entre deux siècles, tiraillée entre la modernité (qui appelle au travail des femmes) et le conservatisme. Mais c’est aussi une victime consentante, qui se sacrifie tour à tour pour son frère, pour l’homme qu’elle aime et pour son pays, rachetant ainsi la faute de son père. (PS: en plus, Caroline Dhavernas est superbe en costume d’époque!)
Si les autres acteurs principaux sont moins connus – à part Gil Bellows qui tient le rôle d’un ami de Michael Dunne -, ils ne manquent pas non plus de talent. Joe Dinicol est très convaincant en David Mann (le frère de Sarah) et possède juste ce qu’il faut de candeur pour qu’on croie à son histoire. Quant à Meredith Bailey, une jeune actrice canadienne jusqu’à présent inconnue (et qui ressemble parfois, dépendant de l’éclairage, à Christine Elise), elle a très bien saisi la complexité sous-jacente de son personnage
Mais La Bataille de Passchendaele n’est pas qu’une poignante et magnifique histoire d’amour.
C’est aussi un film sur la boucherie de la première guerre mondiale, sur le rôle méconnu des soldats Canadiens, sur le patriotisme, sur l’inhumanité (et l’humanité) d’un conflit armé.
Le long-métrage possède des accents, dans un genre complètement différent, de Paths of Glory (l’excellent Stanley Kubrick de 1957) par son antimilitarisme flagrant ou encore de La vie et rien d’autre (de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret et Sabine Azéma) à cause de la délicatesse avec laquelle certaines scènes sont abordées.
Courez voir La Bataille de Passchendaele, n’attendez pas sa sortie en DVD! Et si je n’ai qu’un regret, c’est celui que le film soit une production entièrement canadienne, ce qui lui interdit la possibilité de mises en nomination aux Oscars.
Cote: 








La Bataille de Passchendaele – le devoir du souvenir de Paul Gross – Notre dossier
NOTE: Ce texte, comme tous ceux de LeBuzz.Info, est soumis à la loi sur le copyright et les droits d'auteur. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteur, incluant un lien vers le texte cité) sans l'autorisation expresse de l'auteur est interdite.
Critique – Body of Lies, un thriller bien ficeléSUIVANT »
[Critique] Le W. d’Oliver Stone sent les Oscars


