Des pauvres pour vendre du luxe dans Vogue India!
Publié le: 2 septembre 2008 à 5:11 (Dernière mise à jour: 3 septembre 2008 - 10:31)
Une grand-mère édentée tient un nourrisson arborant un bavoir Fendi à 100 $! Trois personnes s’entassent sur un scooter et la femme porte fièrement un sac Hermès à 10 000 $! Voici ce qu’on peut voir dans l’édition du mois d’août de Vogue India, qui fait couler beaucoup d’encre.
Les lecteurs de Vogue India ont eu droit à 16 pages de présentation de vêtements et d’articles de luxe allant de parapluies Burberry (200 $), à un sac Hermès (10 000 $) en passant par un bavoir Fendi pour bébés (100 $) ou encore des sandales Miu Miu et Alexander McQueen (500 $).
C’est Kanika Gahlaut, journaliste au Mail Today indien, qui a tiré la sonnette d’alarme, dénonçant «la vulgarité» de ce shooting photo, effectué à Jodhpur et intitulé India In Style.
«Mettre des colliers de prix autour du cou d’une femme pauvre, c’est cracher au visage de tous les pauvres» souligne la journaliste, qui insiste sur le fait que «certains Indiens vivent maintenant dans une bulle, étalant leur richesse et étant complètement insensibles à la pauvreté [qui les entoure].»
Comme le dit Kanika Gahlaut, lors d’une entrevue au New York Times, il n’y a rien de drôle à présenter des gens qui n’ont pas de quoi manger, affublés de vêtements et d’accessoires Alexandre McQueen. «Nous sommes dans un pays où les agriculteurs se suicident» s’insurge-t-elle, en rappelant les conditions de vie de ces derniers, criblés de dettes.
L’Inde compte plus de milliardaires que la Chine, mais c’est aussi un pays - selon les derniers chiffres de la Banque mondiale - où 456 millions de personnes vivent avec moins de 1,25 $ par jour!
«Calmez-vous!» rétorque Priya Tanna, éditrice de Vogue India. «Vogue, c’est le pouvoir de la mode et ce n’est plus un privilège de riches. Vous devez vous rappeler que la mode, ce n’est pas sérieux. Nous n’essayons pas de livrer un message politique ou de sauver la planète.»
Effectivement.
Ce cynisme explique peut-être pourquoi, dans les pages du magazine, si les accessoires et les vêtements sont abondamment décrits, les noms des modèles ne figurent nulle part.
Parce qu’un pauvre, ça ne mérite même pas une identité.
Note: ce texte est publié dans le cadre du Blog Action Day, qui se déroule le 15 octobre et qui a pour thème la pauvreté.
Et aussi
Appel général à la délation en AngleterreSUIVANT »
Sarah Palin, profession: intégriste

















Un commentaire pour “Des pauvres pour vendre du luxe dans Vogue India!”
Trackback: http://lebuzz.info/2008/09/4655/des-pauvres-pour-vendre-du-luxe-dans-vogue-india/trackback/
«Vogue c’est le pouvoir de la mode…» Pour ce qui est du pouvoir de la décence humaine, on repassera. Pour voir un peu les priorités de cette dame, je vous suggère cet article du Time: Priya Tanna. Le personnage qu’interprétait Meryl Streep dans The Devil Wears Prada me vient à l’esprit, en pire!
Laissez un commentaire: