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[Critique] Mamma Mia!

Benoit Bisson - 19 juillet 2008 à 19:20 (Dernière mise à jour: 20 juillet 2008 - 16:36)

La comédie musicale Mamma Mia! fera sans doute le désespoir des critiques ’sérieux’ parce qu’elle fait tout sauf se prendre au sérieux justement, ce qui en fait un excellent divertissement!

Le film de Phyllida Lloyd, inspiré de la comédie musicale du même nom, créée en 1999, est un pur délice! L’histoire en elle-même n’est pas très complexe: Sophie (Amanda Seyfried) est sur le point d’épouser son amoureux Sky (Dominic Cooper) à l’hôtel de sa mère (Meryl Streep), en Grèce. Elle rêve de voir son père - qu’elle n’a jamais connu - la conduire à l’autel et, après avoir découvert le journal de sa mère, elle apprend que trois hommes (Pierce Brosnan, Colin Firth, Stellan Skarsgård) pourraient revendiquer la paternité. Quelle meilleure façon de connaître papa que de les inviter tous les trois à son mariage, en leur laissant penser que c’est sa mère qui les a invités?

Donc, vous prenez cette histoire, vous y intégrez le répertoire du groupe Abba, une musique qui, par définition, fait bouger, et vous mélangez le tout dans un environnement de rêve, style ‘île grecque ensoleillée aux villageois sympas’ et vous avez Mamma Mia!.

J’entends déjà les «Mais comment est-ce que ça peut être bon. Tout ce qu’il en a dit jusqu’à maintenant fait penser à un film cul-cul à l’extrême!» Eh bien non, justement. Bon enfant, certes. Cul-cul, non.

Premièrement, le jeux des acteurs est remarquable. C’est d’ailleurs l’une des premières choses que j’aie remarqué. Amanda Seyfried est rayonnante en amoureuse, mais excelle aussi dans les moments plus troubles, quand ses questionnements par rapport à son père restent sans réponse justement.

Meryl Streep… Chapeau, tout simplement. Chapeau pour avoir osé chanté (et fort bien!), chapeau pour avoir osé le rôle, chapeau pour la folie, le délire, mais aussi pour l’émotion. Par exemple, il y a une scène chantée (et non, je ne donne volontairement pas de détails!) où elle est resplendissante d’émotion, le genre de scène qui nous met presque le motton dans la gorge.

Les paternels en puissance sont tout aussi bons en termes de jeu. Certes, on peut craindre à quelques reprises que Pierce Brosnan se pète une veine du coup tellement il doit pousser sa voix pour certaines des chansons, mais il les livre quand même avec justesse!

Je ne pourrais pas terminer sans saluer la fin du film, une entrée en générique d’un kitsch consommé que j’ai adorée, une finale où - quand le public ose - toute la salle fait vraiment la fête!

Je vais vous confier un secret: quand je vais au cinéma, oui, il y a des fois où je veux que l’on me fasse réfléchir, que l’on m’interpelle, que l’on me fasse découvrir des personnages parfois profonds, parfois tordus. Bref, oui, j’aime et j’apprécie le cinéma ’sérieux’. Mais, très souvent aussi, je vais au cinéma pour rire, pour pleurer, pour rêver, pour me perdre dans un trip plus grand que nature.

Avec Mamma Mia!, c’est ce que j’ai eu. En y réfléchissant bien, je me disais en sortant de la salle que je le trouvais remarquable pour un certain nombre de raisons: plutôt que de nous balancer des chanteurs qui essayaient de se faire acteurs, on avait de vrais acteurs, et un jeu excellent. C’était aussi le cas de Chicago, si vous vous rappelez bien. Et ça, ça sert vachement bien l’histoire et le film. Il y a aussi le plaisir des acteurs à faire le film. J’aurais adoré être un petit oiseau surveillant le tournage. Je vous parie qu’ils ont tous eu un plaisir fou à tourner ça, et ça paraît.

Dieu merci, des gens comme Meryl Streep, Pierce Brosnan, Colin Firth et Stellan Skarsgård peuvent se permettre de se foutre de ce que les critiques auront à dire et se faire - nous faire! - plaisir.

Pour en savoir plus:

- Notre dossier du 29 juin
- notre article du 5 juillet



 

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