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[Édito] Dark Knight et compagnie, embargo… to hell!

Benoit Bisson - 14 juillet 2008 à 13:49 (Dernière mise à jour: 18 juillet 2008 - 3:39)

Bon, désolé pour la facilité du titre, mais il reflète bien l’humeur du moment. Quand on est à Montréal et que l’on couvre le merveilleux monde du cinéma, et notamment (mais pas exclusivement) le cinéma provenant des grands studios américains - Paramount, Universal, Warner, Disney et compagnie - on a intérêt à s’armer de patience. Beaucoup de patience…

Embargo

À l’ère de l’instantanéité du Web, les producteurs et distributeurs de films font figure de dinosaures rétrogrades en mal de contrôle quand il s’agit d’interagir avec les médias, tant Web que papier. Ce serait, à la rigueur, tolérable si c’était appliqué de façon uniforme à tous les médias de la planète. Le hic, c’est que ce n’est pas le cas.

Dans un premier temps, je vous invite à lire l’excellent article de Marc-André Lussier, intitulé Les m…. embargos, pourquoi?, sur Cyberpresse. Il y souligne notamment la différence entre une projection exclusivement réservée à un groupe spécifique de journalistes, où l’on demandera aux journalistes présents de respecter un embargo jusqu’à une date spécifique (soit un visionnement média généralisé, soit une visionnement public) et une projection publique. Dans le cas de son article, il s’agit de la projection du film Truffe en première du festival Fantasia.

Dans le cas de Truffe, on a demandé aux journalistes de ne publier leur critique qu’au moment de la sortie publique ‘officielle’ du film, le 22 août prochain. C’est de la pure foutaise! À moins que le distributeur n’ait fait signer une entente contractuelle à tous les spectateurs présents dans la salle, n’importe quel spectateur peut, comme bon lui semble, en faire une critique, sur un blogue par exemple. Par contre, s’il s’avère que c’est un méchant journaliste/critique, pas question!

Que se passe-t-il si l’on ignore l’embargo? On peut soudainement cesser de recevoir des invitations aux visionnements de presse, cesser d’obtenir des entrevues avec les acteurs et autres membres des productions, cesser d’avoir accès au matériel de presse. Bref, cesser d’avoir accès à ce qui nous permet de faire notre travail.

Dark Knight

Dans le cas du film Dark Knight, la suite tant attendue des aventures de Batman mettant en vedette Christian Bale et le regretté Heath Ledger, comme l’a mentionné Isabelle Hontebeyrie dans son texte Secrets de production: la BatPod, la nouvelle moto de Batman, «notre critique de The Dark Knight sera en ligne le 18 juillet prochain, les critiques étant sous embargo jusqu’à cette date, à la demande de Warner Bros.».

Si l’embargo en question était universel, il serait facile de s’en accomoder, mais ce n’est aucunement le cas. Alors, dans le plus grand respect de l’embargo imposé par Warner Bros., nous ne vous ferons pas part de notre critique du film avant le 18 juillet, mais sachez que ledit embargo ne semble pas s’appliquer à:

Critique de Dark Knight dans Rolling Stone, datée du 18 juillet, en ligne le 14

Image: Montage de saisie d’écran du site de Rolling Stone (cliquez pour agrandir)

Entertainment Weekly - 14 juillet: ‘Dark Knight’: The Early Reviews
Associated Press - 11 juillet: Review: `Dark Knight’ nearly lives up to the hype
The Hollywood Reporter - 6 juillet: Film Review: The Dark Knight
Newsweek - Édition du 21 juillet, déjà en ligne le 14 juillet: REVIEW - Gotham City’s Grave New World
Rolling Stone - Indique que le texte a été mis en ligne le 18 juillet, mais on y accède dès le 14 juillet: Dark Knight
Time - 9 juillet: Batman Is Back — TIME Reviews The Dark Knight
Variety - 6 juillet: The Dark Knight

On a beau vouloir être très conciliant avec les studios et les distributeurs, accepter sans rechigner de se soumettre à des vérifications de sécurité dignes des aéroports avec détecteur de métal et tout le tralala à l’entrée des salles de crainte que le vilain journaliste pirate le film, faire la queue pendant je ne sais combien de temps pour récupérer téléphone cellulaire et tout autre appareil électronique du vestiaire après la présentation, mais doit-on aussi accepter d’être traité comme des imbéciles à respecter des embargos qui, pour une poignée de médias privilégiés, ne semblent pas exister?

Pour en savoir plus:

- notre critique du film
- la nouvelle du 7 juillet
- la nouvelle du 3 juillet
- notre dossier
- notre texte du 7 avril
- une nouvelle du 30 avril
- Notre dossier complet
- la nouvelle



 

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