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[Primeur] La critique de Wanted

Isabelle Hontebeyrie
Publié le: 26 juin 2008 à 5:19 (Dernière mise à jour: 26 juin 2008 - 14:50)

Première production américaine de Timur Bekmambetov, le film Wanted sort le 27 juin sur les écrans. Si la distribution est impressionnante (Morgan Freeman, James McAvoy, Angelina Jolie), le long-métrage l’est, malheureusement, beaucoup moins.

– Avertissement: cette critique contient des spoilers

On ne cherchera pas, dans ce film, d’adaptation fidèle de la bande-dessinée du même nom. Michael Brandt et Derek Haas ont beau avoir collaboré au scénario, c’est Chris Morgan (Cellular, The Fast and the Furious: Tokyo Drift ainsi que le prochain Fast and Furious et Gears of War) qui en est l’auteur principal. Les personnages ont donc été substanciellement modifiés pour ne devenir que de super assassins, garants de l’équilibre du monde.

Wesley Gibson (James McAvoy) est un pauvre looser, une carpette, qui se laisse marcher dessus par tout son entourage (sa patronne, son meilleur ami, sa copine) et se bourre de médicaments pour calmer ce qu’il pense être des crises d’angoisse. C’est quand Fox (Angelina Jolie) le contacte pour lui apprendre que son père, le meilleur assassin du monde, vient d’être tué, qu’il comprend qu’il est doté de pouvoirs spéciaux et qu’il rejoint la Fraternité, commandée par Sloan (Morgan Freeman). Il apprendra à tuer, à contrôler la trajectoire des balles de ses pistolets et, pour venger son père, pouchassera Cross (Thomas Kretschmann) l’assassin renégat responsable de son meurtre.

Les acteurs et les effets spéciaux

[Primeur] La critique de WantedPhoto: © 2007-2008 Universal Studios. Tous droits réservés.
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Wanted commence bien. Ce qu’on pourrait appeler la première partie du film, jusqu’à la fin de l’entraînement de Wesley Gibson, est irréprochable. Le casting est impeccable: James McAvoy est un imbécile convaincant, Angelina Jolie joue du Angelina Jolie avec brio (l’actrice excelle dans les films d’action) et Morgan Freeman est égal à lui-même: voix de velours, calme glacial, humour de tueur.

Les scènes d’action sont enlevantes, les poursuites de voitures orchestrées comme un ballet, et la manière de filmer (plans de caméras, éclairage, etc.) comporte la signature typique de Timur Bekmambetov. L’humour est savamment dosé, le scénario se tient, même si on décèle des points communs avec The Matrix - ce dont les auteurs de la BD ne se sont jamais cachés -.

Le film se gâte, à mon avis, quand Sloan esplique à Wesley la manière dont leurs cibles sont déterminées. Si je peux comprendre - j’ai vu le film en v.o., je ne connais pas donc les termes francophones - la beauté d’un dessin de BD et la poésie d’un oracle qui tisse des fils codés, j’ai trouvé qu’à l’écran, ça ne passait pas du tout.

Ça passe encore moins quand les protagonistes principaux (Wesley, Fox et Cross) survivent à l’écrasement d’un train qui plonge (cinématographiquement parlant, la scène est superbe, même si le blue screen se voit comme le nez au milieu de la figure) dans une gorge digne de la Terre du milieu du Seigneur des Anneaux.

Mais je serais encore prête à y croire.

Le scénario

[Primeur] La critique de WantedPhoto: © 2007-2008 Universal Studios. Tous droits réservés.
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Le problème, c’est que la deuxième moitié du film n’est qu’une succession de ce que j’appelerai de fausses fins: on croit le long-métrage terminé, mais non, un petit twist et ça repart.

C’est à ce moment là que le scénario montre toutes ses faiblesses et que l’action devient caricaturale: après six semaines d’entraînement, Wesley devient capable d’affronter les meilleurs combattants; il apprend que l’homme qu’il pensait être son père ne l’était pas et que son vrai père est en fait un assassin résistant, déterminé à empêcher Sloan de nuire; notre héros utilise une benne à ordure pour attraper des milliers de rats auxquels il fixe des explosifs pour détruire le repaire des assassins; Wesley parvient, en prononçant trois phrases, à convaincre Fox que Sloan n’est en fait qu’un méchant menteur, qui ne respecte plus le code éthique de la Fraternité, etc

Je sais, nous sommes dans un univers fantastique, où les repères humains n’ont plus de prise. Mais je n’ai pas embarqué. Et pourtant, ce n’est pas faute d’être bon public… mais là, non, ça ne passe tout simplement pas.

Est-ce parce qu’on a l’impression que le film a été réalisé - et écrit - avec un chronomètre à la main: tant de minutes d’action, tant de temps d’émotion et d’explication du passé des personnages (avec l’inévitable petite minute sur l’enfance de Fox), tant de secondes de nu (et oui, réjouissez-vous, on voit Angelina Jolie en costume d’Eve… de dos), x minutes d’effets spéciaux pour montrer les pouvoirs des assassins, tant de minutes de combat et de sang…

Tout cela est fait au détriment de la profondeur des personnages. Attention, je ne demande nullement un film prise de tête, je ne m’attends qu’à un peu de substance: comme Peter Parker en a une, comme Bruce Banner en possède. Je m’attends aussi à un scénario cohérent, pas à des morceaux de films collés bout à bout.

Quand on sait que la sortie de Wanted était originellement prévue pour mars, mais que certaines scènes ont du être tournées à nouveau pour satisfaire les patrons d’Universal, on trouve peut-être, dans cette information, l’explication des manques du film.

Le verdict: attendez donc le DVD pour le louer ou l’acheter.

Wanted - Recherché (au Québec) et Wanted: Choisis ton destin (en France) - sort sur les écrans le 27 juin au Québec et en Amérique du Nord et le 16 juillet en France.

Pour en savoir plus:

- la nouvelle du 20 juin
- notre texte
- notre article
- le dossier complet sur le film



 

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