[Entrevue] RyanDan
Publié le: 18 juin 2008 à 18:56 (Dernière mise à jour: 19 juin 2008 - 13:14)
RyanDan, le duo formé des jumeaux identiques Ryan and Dan Kowarsky, sera en spectacle au Club Soda, à Montréal, demain soir (19 juin), dans la foulée du lancement de leur premier album éponyme. Benoit Bisson les a interviewé, tentant tant bien que mal de différencier Ryan de Dan, et vice versa…
Benoit Bisson: Pour un premier album, vous comptez non seulement sur une liste impressionnante de collaborateurs - notamment Terry Britten et Steve Anderson -, mais aussi sur des équipements qui ont toute une histoire: une console qui a servi aux Beatles, le micro de Frank Sinatra….
Ryan: Oui, c’était extraordinaire!
Dan: Nous avons enregistré l’album à Londres, dans le studio de Terry Britten. C’est lui qui a écrit, entre autres, What’s Love Got To Do With It pour Tina Turner. C’est un très très beau studio. Vous savez, il y a quelque chose avec un vieil équipement que l’on ne retrouve pas avec un équipement moderne. L’équipement analogue a un son chaleureux.
Ryan: Exactement! L’équipement plus vieux est analogue alors que l’équipement moderne est entièrement numérique. Et, comme le disait Dan, il y a un son beaucoup plus chaleureux avec l’équipement analogue.
Dan: Alors, comme vous le mentionniez, nous avons eu la chance d’enregistrer tout l’album en utilisant le microphone qu’utilisait Frank Sinatra, alors ce fut une expérience très surréaliste pour nous.
B.B.: Est-ce que c’est vous qui avez choisi le studio ou est-ce que ce fut le choix de Universal?
Dan: Universal nous a amené à ce studio et nous sommes tombés en amour avec, mais qui ne tomberait pas en amour avec le microphone de Frank Sinatra et la console utilisée par les Beatles et les Rolling Stones!
Ryan: Nous nous sommes assis avec les gens de Universal et ils ont été merveilleux avec nous. Nous ne voulions pas être coincés dans la machine d’une compagnie de disques, comme ça peut arriver, alors qu’ils vous disent comment vous habiller, quoi faire, quoi chanter. Ils ne sont pas du tout comme ça. Nous nous sommes assis avec eux, nous leur avons présenté notre vision, nous leur avons dit quel genre de son nous voulions pour notre album - un son très chaleureux, un peu vieillot, pas aussi numérique que ce qui se fait maintenant - et ils nous ont amené à ce studio. Le résultat a été extraordinaire!
Dan: Et ils nous ont présenté Steve Anderson, qui a travaillé avec Kylie Minogue et Paul McCartney, un gars très très talentueux. Ce qui est époustouflant avec lui, c’est qu’après l’avoir rencontré, nous avons commencé à faire des démos avec lui, et il a travaillé gratuitement, pour rien, tout simplement parce qu’il croyait en notre projet.
Ryan: C’est rare. Tout est en fonction de l’argent de nos jours. Lorsque nous sommes retrouvés ensemble, ce n’était pas une question d’argent. C’était seulement une question de créer de la musique dont nous pouvions être fiers et dont on était satisfaits.
Dan: Et 50 chansons plus tard… (rires) Nous avons vraiment enregistré 50 chansons! Je pense qu’il y a tellement de gens qui montent un album, et vous en aimez peut-être une, deux ou trois chansons. Nous voulions vraiment que les gens apprécient tout cet album, du début à la fin, et nous étions très concentrés sur cet objectif. Nous avons enregistré 50 chansons pour l’album et nous avons passé beaucoup de temps aussi à choisir l’ordre des pièces.
Ryan: Pour nous assurer de la fluidité et tout ça.
B.B.: De nos jours, les gens prennent rarement la peine d’acheter un album. Ils optent plutôt pour le téléchargement des pièces, que ce soit légalement ou autrement. Croyez-vous toujours au concept de l’album, par opposition aux singles?
Ryan: Oui. C’est désolant les téléchargements (illégaux) et tout ça. Les gens ne réalisent pas vraiment que cela affecte les artistes.
Dan: Si vous voulez entendre plus de matériel des artistes, vous allez devoir les soutenir.
Ryan: Mais en même temps, c’est bon pour l’artiste parce que votre musique peut rejoindre tellement de gens différents, partout à travers le monde, ce qui est une bonne chose.
Dan: Mais pour nous, vous savez, nous sommes tellement fiers de cet album. D’avoir quelque chose dont vous êtes tellement fier pour le reste de votre vie, que vous pouvez montrer à vos enfants et vos petits-enfants, simplement quelque chose à avoir pour la famille, c’est quelque chose de fantastique à avoir.
Ryan: C’est une chose bizarre, vous savez, quand nous avons complété cet album, parce que même si personne ne l’entendait jusqu’à la fin de nos jours, et que rien ne fonctionnait pour nous, nous avons toujours cet album jusqu’à la fin de nos jours, notre famille a cela, et nous en sommes tellement fiers. Il était vraiment important pour nous d’en arriver à ce point.
B.B.: Est-ce que le fait de choisir Universal comme compagnie de disques vous laisse la possibilité de mener votre carrière comme vous le voulez?
Ryan: Tout à fait!
Dan: Absolutement!
B.B.: J’imagine que ça fait partie de l’expérience acquise au sein de votre groupe précédent, B4-4?
Ryan et Dan à l’unisson: Exactement!
Ryan: Et nous avons appris de ça. Nous avons commencé à faire de la musique pop quand on avait 15, 16 ans, et a) comme je le disais, vous vous retrouvez coincé dans la machine de la compagnie de disques et b)…
Dan (qui interrompt Ryan): Évidemment, à ce moment-là, nous étions jeunes…
Ryan: les fans pour lesquels on jouait et le public qui écoutait notre musique étaient très jeunes, alors leur attention se portait surtout sur l’image et le style. Nous venons d’un milieu très musical: notre père est un chanteur d’opéra, tout comme notre frère aîné.
Dan: Nous avons grandi en écoutant Mario Lanza, Pavarotti, les Bee Gees, les Beach Boys et les Beatles…
Ryan: Alors, lorsque l’on faisait ce genre de musique, quand nous étions plus jeunes, quand on montait sur scène et que l’on chantait quelque chose pour lequel on avait une passion et dont nous étions fiers, lorsque l’on descendait de scène, on nous disait des choses du genre ‘J’aime tes cheveux!’ ou ‘J’aime ta veste!’, et ça comomençait à devenir frustrant pour nous, que ce soit comme ça partout.
B.B.: En même temps, si l’on regarde votre album, on ne peut pas dire que ce n’est pas aussi une question d’image qui est véhiculée…
(rires)
Dan: Ici, nous allons dire la même chose!
Ryan: Malheureusement, ce qui joue contre nous - d’une certaine façon - est le fait que nous sommes jumeaux. D’un côté, on pourrait penser que dans un sens, c’est unique et c’est différent de ce qu’il y a sur le marché, mais de l’autre côté, ce qu’on ne voulait pas, c’est…
Dan: Universal a trouvé les prochains jumeaux identiques!
Ryan: Lorsque vous êtes des jumeaux identiques, vous ne pouvez pas échapper à ça. Il y a une image qui est là, et il n’y a rien qu’on puisse y faire. Mais ce que l’on voulait, c’est que les gens écoutent et portent attention à la musique, aux textes, à l’orchestration. C’est vraiment ça qui compte pour nous.
Dan: Pour ce qui est de l’image, ce que l’on voit, c’est nous, c’est vrai, c’est comme ça que l’on s’habille quotidiennement. Ce n’est pas quelqu’un qui nous dit ‘Faites ceci’ ou ‘Portez cela’. Cet album est bien réel, il est au naturel et nous représente.
Ryan: Je pense qu’après un certain temps, lorsque les gens auront plus entendu notre musique et qu’ils nous auront vu live, qu’ils nous auront vu chanter, ils verront que c’est naturel, avec un orchestre ou avec des choeurs…
Dan: Parce que, de nos jours, les gens peuvent faire n’importe quoi en studio…
Ryan: C’est dommage que ce soit devenu si facile de faire que quelque chose sonne bien en studio, parce que ce que nous essayons vraiment de faire, c’est de ramener la musique et la voix à ce qu’ils étaient. Vous ne pouviez pas faire ça dans le vieux temps, dans les années ‘60 ou à peu près.
B.B.: Vous ne pouviez pas faire semblant…
Ryan: Exactement. Et l’autre chose, je pense, c’est que les gens sont tellement axés sur la perfection ces jours-ci, et il y a de la beauté dans les imperfections et dans le fait que certaines choses ne sont pas parfaites. Nous perdons un peu de ça dans l’industrie musicale aujourd’hui et nous voulons essayer de le ramener.
Dan: C’est une chose d’essayer de chanter de façon techniquement correcte, et c’est très bien pour beaucoup de gens, mais si vous écoutez l’album, nous essayons de mettre tellement d’émotion dans chaque pièce de l’album…
Ryan: Sans mettre toute l’attention sur le fait que la voix soit parfaitement placée ou tout ça. Simplement sur le fait d’y aller et de chanter avec un magnifique orchestre…
Dan: Sentir la chanson…
Ryan: Sentir l’orchestre. Même lorsque nous chantons live, certaines fois, vous savez, ce sera bien, et quelquefois, il y aura une fausse note quelque part, mais ce qui importe, c’est que les gens apprécient.
RyanDan, pareils ou pas pareils?
Ils sont jumeaux identiques, soit, mais sont-ils similaires en tout?
Couleur préférée
Ryan: le rouge
Dan: le vert
Repas préféré
Ryan: steak et pommes de terre en purée
Dan: pâté chinois
Livre préféré
Ryan: Hmm, je dirais que nous lisons plus des journaux. Le livre préféré que j’ai lu… Je n’ai pas lu de livre depuis quelques années.
Dan: En fait, nous ne sommes pas amateurs de livres…
Ryan: Non. Nous lisons plutôt des journaux.
Meilleure qualité
Ryan: Pour ma part, je dirais que nous sommes motivés.
Dan: Oui, même réponse pour les deux: nous avons un but et nous visons à l’atteindre, nous n’abandonnons jamais.
Ryan: Nous ressentons beaucoup d’empathie pour les gens. Je pense que c’est quelque chose de difficile à trouver de nos jours.
Pire défaut
Ryan: Probablement un peu de trouble obsessionnel compulsif.
Dan: Tous les deux!
Ryan: Je pense que parfois, on exagère un peu les chose…
Dan: On essaie de rendre les choses trop parfaites, même quand tout est net et organisé. Même pour l’album. Par exemple, la conception artistique de l’album, nous voulions nous assurer que tous les points étaient à la bonne place… Nous sommes très méticuleux pour des choses comme ça.
Ryan: Nous devons nous assurer que nous sommes contents de tout.
Rêve le plus fou
Ryan: De pouvoir parcourir le monde avec cette musique a été notre rêve le plus fou depuis que nouos sommes enfants, et nous avons maintenant la chance de le faire.
Dan: Pareil pour moi, absolument.
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